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Alain MARC : Question sur les heures supplémentaires non récupérées dans la police

Mis à jour : janv. 10


Ma question s’adresse à M. le ministre d’État, ministre de l’intérieur.

La semaine dernière, le Sénat a rendu publiques les conclusions de la commission d’enquête relative à l’état des forces de sécurité intérieure – excellent rapport, faut-il le préciser. Les policiers et les gendarmes sont mis à très rude épreuve pour contrer la menace terroriste qui plane sur notre pays : locaux indignes, équipements insuffisants, parc automobile vieillissant et dégradé, parc immobilier dans une situation critique, etc.

Aux rythmes de travail pénibles et déstructurants s’ajoutent des millions d’heures supplémentaires effectuées mais non payées ni récupérées. Les membres des personnels de la police nationale totalisent ainsi 21 millions d’heures supplémentaires à la fin de l’année 2017, soit un niveau jamais atteint à ce jour.

La situation est donc urgente.

Bien entendu, les difficultés et le malaise rencontrés dans la police ne remontent pas à une année, mais, monsieur le secrétaire d’État, vous êtes aux responsabilités. La réponse que nous attendons ici, ce n’est pas ce que la droite ou la gauche a fait ou n’a pas fait avant vous. Non, ce que nous voulons entendre aujourd’hui, c’est ce que vous envisagez de faire très précisément en matière d’indemnisation de ce stock d’heures supplémentaires.

Nos personnels de police attendent une juste contrepartie. Ils donnent beaucoup. Nous leur devons beaucoup !

M. Christophe Castaner, secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargé des relations avec le Parlement.Monsieur le sénateur, vous avez raison : 21 820 000 heures supplémentaires en retard. Elles sont en progression de 3,1 % par rapport à 2016.

Chacune et chacun le sait ici, c’est d’abord le signe de l’engagement total, de la disponibilité, de la conscience professionnelle des effectifs de la police : jamais, jamais, ils ne rechignent à accomplir leur mission au service des Français.

Évidemment, le Gouvernement, en particulier le ministre de l’intérieur, a parfaitement conscience de cette problématique qui représente un enjeu majeur en termes de disponibilité des personnels, de préservation des capacités opérationnelles des services, de santé pour celles et ceux qui s’engagent, mais aussi de finances publiques.

Il est vrai que la transposition des règles européennes sur la santé et la sécurité du travail, en imposant ces durées maximales du travail et des périodes de repos obligatoire, a engendré aussi ces flux, au-delà des sollicitations particulières que nous avons connues, par rapport aux habitudes existantes.

Aujourd’hui, seules les compagnies républicaines de sécurité bénéficient d’une indemnisation des heures supplémentaires, ce qui représente un coût annuel d’à peu près 23 millions d’euros. Pour les autres fonctionnaires de la police nationale, cela représente une dette d’environ 250 millions d’euros ou d’indemnisation du flux d’heures supplémentaires. Aujourd’hui, à l’instant présent, cela n’est pas compatible avec le contexte budgétaire que connaît notre pays.


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