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Colette MELOT : PPR pour soutenir la lutte contre le mariage des enfants, les grossesses précoces...

Mis à jour : 31 déc. 2019


Monsieur le Président,

Madame la Ministre,

Mes chers collègues,

« Tant que les femmes et les filles, qui forment la moitié de la population de la planète, ne vivront pas à l’abri de la peur, de la violence et de l’insécurité quotidienne, il nous sera impossible de prétendre vivre dans un monde juste et égal. » Dans cette phrase prononcée par António Guterres, Secrétaire général de l'ONU tout est dit.

Mais il y a les paroles et il y a les actes. Les paroles se sont les dénonciations, c’est ce que nous faisons aujourd’hui avec cette résolution que, bien sûr, le groupe Les Indépendants soutient.

Dénoncer que plus d'une femme ou une fille sur trois est victime de violence au cours de sa vie, que 750 millions de femmes ont été mariées avant l'âge de 18 ans, et que plus de 250 millions ont subi des mutilations génitales.

Aujourd’hui, la violence à l’égard des femmes et des filles constitue l’une des violations des droits de l’homme les plus répandues, les plus persistantes et les plus dévastatrices dans le monde.

Et malheureusement, la lutte contre les mutilations n'est pas sur le point de s'achever : les chiffres sont en hausse et les prévisions sont mauvaises.

Pourtant, rien ne saurait justifier cette pratique barbare même si certains s'y risquent et avancent des motifs d'hygiène, évidemment absurdes, quand on sait les conditions sanitaires dans lesquelles cette mutilation est effectuée. Et je ne parle pas des conséquences médicales qui vont de l'hémorragie au risque accru de décès lors de l'accouchement en passant par de fréquentes et insupportables douleurs.

Dénoncer nous le faisons, encore et encore, et nous devons continuer. Mais ce n’est pas suffisant. Il faut agir.

Agir c’est ce qu’a fait Waris DIRIE, jeune somalienne qui a pu échapper à l’âge de 13ans au mariage arrangé par son père.

Devenue mannequin international, elle a été nommée ambassadrice de bonne volonté pour l’ONU après avoir raconté dans les médias le drame de son excision à 5ans. Le destin hors du commun d’une femme qui a profité de sa célébrité pour défendre les droits des femmes. « Fleur du désert », un film poignant d’après son œuvre originale a été programmé par Arte la semaine dernière à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes.

Agir c’est le combat mené par Aissa DOUMARA NGATANSNOU depuis plus de vingt ans au sein de ALVF contre les violences faites aux femmes après avoir dit non à 15 ans au mariage forcé au Cameroun. Elle vient de recevoir le premier prix Simone Veil de la République française favorisant des actions en faveur du droit des femmes.

Mais nous savons que des centaines de milliers de Waris et de Aissa bravent chaque jour les préjugés sexistes et certaines traditions bien ancrées pour prendre le chemin de la liberté, de la connaissance et d'un avenir meilleur, au péril de leur vie.

Agir c’est le combat mené par Denis MUKWEGE Le gynécologue congolais, surnommé « l’homme qui répare les femmes », et qui a remporté le prix Nobel de la paix.

Agir c’est l’initiative « Spotlight » partenariat entre l’Europe et l’ONU qui déploiera des investissements ciblés à grande échelle en Asie, en Afrique, en Amérique latine, dans le Pacifique et dans les Caraïbes, dans le but d’obtenir des améliorations importantes dans la vie des femmes et des filles.

Agir c’est une décision prise la semaine dernière par le Royaume-Uni qui vient de condamner à 11 ans de prison une femme Ougandaise pour l’excision de sa fille de trois ans. Au moment des faits, elle avait invoqué une simple chute dans la cuisine pour expliquer la blessure de son enfant.

Mes chers collègues, ces pratiques que nous dénonçons aujourd’hui, nous concernent aussi, nous Français. D’abord parce que 60.000 femmes et filles mutilées à l’étranger vivent en France. Notre premier devoir est de convaincre nos concitoyens que ces mutilations sont inacceptables. Il nous faut ensuite les combattre afin que plus aucune de nos filles ne risque de les subir.

Et je veux saluer l’engagement de Marlène SCHIAPPA pour la lutte qu’elle mène contre le mariage forcé et l’excision parce que, ne l’oublions pas, la loi française interdit l’excision et protège toutes les filles qui vivent en France, quelle que soit leur nationalité et quel que soit le territoire où elle est pratiquée. Comme la loi condamne le fait de contraindre une personne à se rendre à l’étranger pour l’y marier de force, notamment en lui cachant le vrai motif de son voyage.

Au-delà du combat pour la justice et contre les discriminations, la scolarisation des filles est également, à mon sens, une réponse. La privation d'instruction enferme les filles puis l'adolescente et la femme qu'elles seront dans la vulnérabilité la plus extrême, face à la maladie, au sida, aux violences sexuelles, aux mariages forcés, aux grossesses précoces et à la pauvreté.

Aujourd’hui encore, 64 millions de filles âgées de 6 à 14 ans n’ont pas accès à l’éducation. Et comme l’a dit Kofi Annan « Il n’existe aucun instrument de développement plus efficace que l’éducation des filles. ». Une fille éduquée peut plus facilement faire entendre sa voix, a plus de facilités à accéder et suivre les recommandations et conseils de prévention et de soins pour elle-même et ses enfants, comprend l'intérêt de donner à ses enfants une éducation de qualité, ose résister à un projet de mariage précoce et connaît l'existence de moyens de contraception.

Alors parce que ces actes, dirigés contre les femmes, portent atteinte à la dignité humaine, la France doit se montrer à la hauteur de son Histoire et se doit de faire entendre sa voix.

Un discours antiféministe jusque-là en sommeil refait surface en Europe. L’égalité entre les femmes et les hommes est remise en cause en Hongrie, le droit à l’avortement est menacé en Pologne. Il nous faut garder une vigilance de tous les instants face à ces menaces comme il nous faut faire de ce combat contre les violences faites aux femmes le combat du XXIe siècle.

C’est l’honneur de la France et des Français que de mener ce combat aussi longtemps qu’il le faudra.

Je félicite et remercie la délégation aux droits des femmes, sa Présidente Annick BILLON et les co-auteures de cette résolution, Marta de CIDRAC et Maryvonne BLONDIN, pour l’avoir proposée. Soyez assurées, Chères Collègues, de ma totale adhésion ainsi que de celle de mon groupe, les Indépendants.


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