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Claude MALHURET : Question à Monsieur Cédric O, sur le retrait des contenus haineux sur internet

Mis à jour : 31 déc. 2019


Monsieur le Ministre,

Il y a quelques mois un rappeur en mal de notoriété a commis un clip intitulé : « Pendez les blancs ». Quelques phrases de ce chef d’œuvre : « Je rentre dans des crèches, je tue des bébés blancs. Attrapez-les vite et pendez leurs parents. Ecartelez les pour passer le temps ».

Sur plainte du Ministre de l’Intérieur ce grand artiste a été condamné… à une amende avec sursis.

Dans ces conditions, pourquoi se priver ? Nick Conrad, c’est son nom, a donc récidivé ces jours-ci avec un nouvel opus d’aussi haut niveau : « Je baise la France jusqu’à l’agonie. Je brûle la France. J’vais poser une bombe sous son Panthéon ». A la fin du clip il étrangle en gros plan une femme blanche.

Le Ministre de l’Intérieur a porté plainte immédiatement. Il a eu raison. Mais avec la loi actuelle, l’auteur sera condamné dans deux ans à une peine légère. Entretemps le clip aura été vu quelques millions de fois.

Le racisme n’est qu’une des plaies béantes des réseaux dits sociaux et le racisme antiblanc n’est pas plus tolérable qu’un autre. Les autres plaies s’appellent sexisme, intimidations, usurpation d’identité, harcèlement, injures et menaces de mort.

Les GAFA font le service minimum pour conserver leur business juteux. Mais Mark Zuckerberg a dû convenir lui-même qu’il n’avait pas les moyens de réguler efficacement ses plates-formes et n’a rien trouvé de mieux que d’appeler les gouvernements à légiférer.

Il est urgent de le prendre au mot. Les allemands n’ont pas hésité à faire une loi ordonnant le retrait de contenus haineux sous 24h. Qu’attendons-nous pour les imiter ?

Une proposition de loi est en préparation nous dit-on à l’Assemblée Nationale. Je voudrais être sûr, Monsieur le Ministre, que le gouvernement ne l’accueillera pas d’une main tremblante. Il ne s’agit pas de liberté d’opinion et de censure, il s’agit de lutter contre des délits graves, le plus souvent commis anonymement. Il me semble même que le sujet est tellement grave qu’il justifierait un débat national et une unité européenne aujourd’hui balbutiante.

La haine ou le racisme n’ont pas leur place chez nous. Nous ne sommes pas au Far West et même dans la jungle il y a une loi. Il est urgent de faire respecter les nôtres.

M. Cédric O, secrétaire d'État auprès du ministre de l'économie et des finances et du ministre de l'action et des comptes publics, chargé du numérique. – Oui, il y a là une obligation de résultat de la part de l’État. Audelà du cas particulier que vous citez, (Exclamations à droite) l’on constate que l’on peut impunément injurier, menacer, et même aller plus loin, sur internet. (Même mouvement) Cela appelle une mobilisation générale : c’est pourquoi le président de la République et la Première ministre néo-zélandaise ont réuni autour d’une table tous les réseaux sociaux. La députée Laetitia Avia a, comme vous l’avez dit, déposé une proposition de loi, sur laquelle nous avons beaucoup travaillé et que nous avons accueillie avec beaucoup de bienveillance. Monsieur le député, (Sifflets et protestations à droite) monsieur le sénateur, je vous prie de m’excuser, vous avez raison : le sujet est européen. L’Europe a déjà agi pour protéger et respecter la vie privée, avec le RGPD. Nous devrons aller plus loin pour limiter la diffusion des contenus haineux. Nous devons unir nos actions avec celles de nos voisins : tel est aussi l’enjeu des choix politiques du scrutin de dimanche prochain. (Applaudissements sur les bancs des groupes Les Indépendants et LaREM ; sifflets et protestations à droite)


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