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Claude MALHURET : Question au Premier Ministre, sur la grève des professeurs lors du bac

Mis à jour : janv. 3


« Nous désapprouvons la politique du Ministre, vengeons-nous sur les élèves ». Voilà comment on pourrait résumer la farce sinistre qui vient de se jouer dans nos lycées transformés en ZAD : zones à délirer, par moins de 1% de grévistes condamnés par une grande majorité de français et par une grande majorité de leurs collègues.

Le témoignage d’Angéline, bachelière parmi beaucoup d’autres cités par Ouest-France : « On a fait notre travail. Respectez-le et redonnez nos notes, ce n’est pas à nous de payer. » Aujourd’hui ce sont les élèves qui sont forcés d’enseigner la morale à certains de leurs professeurs.

Le premier devoir des enseignants est celui de l’exemplarité devant leurs élèves. Est-ce que l’exemple que l’on veut donner aux enfants c’est de ne pas remettre ses copies ? Il ne viendrait jamais à l’idée des médecins, d’arrêter de soigner les malades quand nous faisons grève ou même de ne pas remettre l’ordonnance. Les ZADistes des salles d’examen en folie n’ont pas ces scrupules. Manque de respect envers les élèves dont cette grève a tellement à cœur les intérêts qu’elle en fait ses premières victimes, manque de respect envers les familles qui leur confient leurs enfants, manque de respect envers leurs collègues dont ils abîment l’image.

Maintenant qu’ils ont perdu face à un Ministre déterminé, ce qui n’était pas arrivé depuis des années, ils dénoncent les inégalités. Mais qui a créé les inégalités entre les candidats si ce n’est les escamoteurs de copies. Les mêmes annoncent déjà des préavis de grève en septembre. Est-ce qu’ils ne pourraient pas un jour déposer un préavis de travail ?

On ne peut se permettre la réforme Blanquer disent-ils, mais peut-être l’éducation nationale ne peut-elle se permettre ces offusqués professionnels et leurs drôles de méthodes qui auraient fait rougir de honte leurs ancêtres les hussards noirs.

Monsieur le Premier Ministre, je voudrais que vous nous assuriez de votre fermeté face aux révolutionnaires à statut protégé et de votre détermination à appliquer une réforme qui n’est pas seulement la réforme Blanquer mais aussi celle de l’Assemblée et du Sénat.

M. Édouard Philippe, Premier ministre

Le bac, ce n’est pas simplement un examen, c’est un moment important : il marque l’entrée dans l’enseignement supérieur ; l’entrée dans la majorité non légale mais intellectuelle. C’est une étape symbolique mais pas seulement. Le moment du bac est en moment d’angoisse et de fierté pour les élèves, mais aussi pour les familles. Nous connaissons tous des gens qui sont les premiers de leur famille à avoir eu le bac. Les conditions de déroulement du bac 2019 sont à bien des égards insatisfaisantes. Formuler des revendications n’est pas illégitime. Mais une infime minorité a décidé de perturber les épreuves, puis la correction des copies, puis la remise des notes. On a installé du désordre et de l’angoisse. Ces agissements ne sont pas à la hauteur de l’enseignement de notre pays. Le ministre de l’Éducation nationale a adopté, à juste titre, une position ferme pour que le bras de fer ne puisse pas être gagné par les perturbateurs. Il a bien fait et je lui apporte tout mon soutien. Le choix d’une petite minorité ne doit pas masquer le travail d’une immense majorité qui peut, le cas échéant, partager les interrogations de cette petite minorité, être opposée à tel ou tel aspect de la politique menée par le Gouvernement, mais qui considère qu’être enseignant c’est transmettre un savoir et donner l’exemple. Je salue tous ceux qui, en conscience, ont appliqué ces principes. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM, Les Indépendants, UC et Les Républicains)


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