Alain FOUCHE : PPR Renforcement des sanctions adoptées par le Conseil européen / droits humains

Mis à jour : janv 3


Madame la Présidente,

Madame la Ministre,

Mes chers Collègues,

Nombreux sont les rêves communistes qui ont tourné et tournent encore au cauchemar. L’un d’entre eux s’annonce particulièrement long et douloureux. Près de 15 % de la population a fui le pays, et, au sein de ceux qui restent, 94 % vivent sous le seuil de pauvreté. Bienvenue à Caracas.

Le pays ne parvient pas à sortir de la crise qui a dégénéré lorsque Nicolas Maduro a proclamé sa réélection, à l’issue d’un suffrage truqué.

Suite à cette fraude électorale dénoncée dans le monde entier, le président de l’Assemblée Juan Guaido, a été reconnu président par intérim par 55 pays, et ce, jusqu’à ce que de nouvelles élections présidentielles soient organisées.

Personne ne devait s’attendre à ce que Maduro quitte le pouvoir de son plein gré. Il a néanmoins surpris par le degré de violence employé pour se maintenir en place.

L’ONU dénonce l’usage systématique d’une force excessive à l’encontre des manifestants. Un euphémisme bien pudique quand depuis 2018 plusieurs milliers de personnes ont été arrêtées, torturées ou assassinées.

Il est insensé que, jeudi dernier, un siège au conseil des droits de l’homme des Nations Unies ait été attribué au Venezuela de Maduro.

Pour tenter de sortir de la crise, la communauté internationale avait deux choix : ne rien faire ou intervenir.

Plusieurs pays soutiennent le régime en place, dont la Corée du Nord, la Turquie, la Russie, la Chine, et la Bolivie d’Evo Morales qui a effectivement une certaine expertise en matière électorale. Dormez tranquilles braves gens, l’équipe de choc de la démocratie est au chevet du Venezuela.

Incarnation autoproclamée et sacrée de la République Française, Monsieur Mélenchon s’en était donné à cœur joie et n’avait pas raté l’occasion de soutenir ces régimes autoritaires.

Oubliant, dans un délire romantique de révolutionnaire de salon, que si lui-même avait été un opposant politique au Venezuela, il aurait peut-être été défenestré du dixième étage par les forces de sécurité, comme le fut Fernando ALBAN.

En janvier puis en août, les États-Unis ont imposé de lourdes sanctions au régime. Ils imaginent, comme dans le dossier iranien, que cela poussera la population ou l’armée à renverser le pouvoir en place. Mais pour l’heure : beaucoup de tweets, pas de résultat.

Le Conseil Européen a lui-aussi infligé des sanctions au régime. Certains dénoncent l’emploi de telles sanctions qui aggravent la crise humanitaire.

Mais quelle est l’alternative ? Ne rien faire et laisser ce peuple sombrer chaque jour un peu plus ?

Nous sommes convaincus que les Vénézuéliens doivent pouvoir choisir librement leur dirigeant. Il nous semble que l’emploi de la force n’est pas ce dont le pays a besoin. La sortie de la crise ne pourra être que politique.

Nous croyons que les sanctions économiques contre le régime vont l’inciter à négocier.

En parallèle, il nous faut agir pour protéger la population, pour protéger le règne de la loi. Les atteintes aux droits de l’Homme doivent cesser.

Le procureur de la Cour pénale internationale a ouvert une enquête préliminaire en 2018 pour violations des droits humains et crimes contre l’humanité. Sans justice, la paix ne pourra pas revenir au Venezuela.

L’action de la Cour pénale internationale prendra hélas du temps mais on ne peut que la soutenir.

Nous avons été nombreux à signer cette proposition de résolution. Mais ne pouvons-nous rien faire de mieux que des sanctions économiques ?

Les européens doivent s’interroger sur la stratégie à mettre en œuvre face aux régimes autoritaires.

Je vous remercie.

Seul le prononcé fait foi


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