Claude MALHURET : QAG - Référendum de la Nouvelle-Calédonie

15 décembre 2021


Question d'actualité au Gouvernement

Monsieur le Premier Ministre,


« Les Calédoniennes et les Calédoniens ont choisi de rester français. Ils l’ont décidé librement ». C’est ce que le Président de la République a déclaré dimanche dernier.


Mais le référendum de Nouvelle Calédonie ne marque pas la fin du chemin de pacification tracé en 1988 par Jean-Marie Tjibaou et Jacques Lafleur lors des accords de Matignon. Et les Calédoniens restent divisés malgré le passage des années.


« La période de transition qui s’ouvre » a encore déclaré le Président, « doit nous conduire à bâtir un projet commun, en respectant la dignité de chacun. Fin de citation ».

Cette nouvelle étape ne sera pas, loin de là, plus facile que les précédentes pour au moins trois raisons.


La première est l’impératif de maintenir le dialogue avec toutes les composantes de la population, alors que les indépendantistes contestent le scrutin et refusent pour l’heure de reprendre langue avec le Gouvernement. Le calme impressionnant dans lequel s’est déroulée la consultation, respecté par ceux-là même qui la contestaient, laisse néanmoins espérer que le fil du dialogue n’est pas rompu.


Le deuxième défi est l’extraordinaire difficulté, dans la période de transition prévue jusqu’à juin 2023, de construire un projet qui ne soit pas seulement institutionnel et juridique, mais de vie en commun, qui prenne en compte des sujets aussi cruciaux que la stratégie nickel, l’autonomie alimentaire et énergétique, le foncier, la fiscalité et une croissance plus juste et plus soucieuse de la nature.


Le troisième défi est qu’il va aussi falloir répondre aux urgences des prochaines semaines qui nécessitent un échange immédiat avec les élus calédoniens : la situation sanitaire, la situation économique, l’inquiétant déséquilibre des finances publiques.


Ces défis nous sont posés dans une zone indo-pacifique devenue un enjeu géostratégique majeur, sous le regard direct d’une Chine militairement agressive, culturellement expansionniste et économiquement conquérante.


Monsieur le Premier Ministre, pouvez-vous nous dire comment le Gouvernement compte faire face à ces enjeux majeurs ?



Réponse de M. Jean CASTEX, Premier ministre


Merci beaucoup Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Sénateurs,


Monsieur le Président Claude MALHURET, vous avez raison, la consultation référendaire de dimanche dernier ne marque pas la fin de l’histoire.


Elle marque toutefois la fin d’une étape importante de cette histoire et qui a été fixée par les accords de Nouméa en 1998 qui vous le savez toutes et tous, prévoyaient l’organisation de trois référendums qui se trouvent, je le rappelle, tous s’être tenus sous le présent quinquennat, deux sous mon Gouvernement. Et qui, je n’ai pas besoin de vous le dire, se sont tous soldés par le même résultat, c’est-à-dire, la volonté des électrices et des électeurs, de rester dans la République Française. Et, permettez-moi de rappeler, ainsi que je l’avais dit ici même d’ailleurs et dans d’autres instances, je m’en réjouis.


De même que je me réjouis, Monsieur le Président, vous l’avez dit vous-même, des conditions d’organisation de ces consultations électorales, les trois, y compris la dernière, alors même, comme vous l’avez rappelé, que des formations politiques, des formations politiques importantes avaient appelé leurs électeurs à ne pas participer au vote. En revanche, vous aurez toutes et tous notés, que l’ensemble des maires, quelle que soit leur tendance y compris, ceux appartenant aux dites formations ont organisé le scrutin ; aucun bureau de vote n’a été fermé.


Il y a donc eu un climat de sérénité qui a d’ailleurs, fait l’objet d’observations extrêmement positives de la commission de contrôle indépendante du scrutin qui a été, comme à chaque fois, constituée. Et ça, je le dis, sur un sujet dont vous savez tous et votre question le montre, sur un sujet extrêmement sensible et délicat. C’est à mettre à l’honneur de la République et à l’honneur de la Nouvelle-Calédonie.


Je reviendrai, Monsieur le Président, si vous le voulez bien, sur l’avenir dans la réponse que je vais apporter maintenant, à la question du Président BUFFET sur le même sujet.


Interventions au Sénat