Cyril Pellevat - Clarifier le déploiement de la production d'énergie solaire sur le territoire
- 30 avr.
- 3 min de lecture
29 avril 2026
Proposition de loi visant à clarifier le déploiement de la production d'énergie solaire sur le territoire - Dossier législatif
SEUL LE PRONONCÉ FAIT FOI
Monsieur le Président,
Monsieur le Ministre,
Monsieur le rapporteur,
Mes chers collègues,
La filière photovoltaïque française semble avoir de beaux jours devant elle.
La puissance cumulée progresse chaque année et atteignait près de 27 GW fin 2025, répartie sur plus de 1,2 million d’installations. Sur les trois premiers trimestres de 2025, près de 4,5 GW ont été raccordés, soit plus que sur l’ensemble de l’année 2023 ! Le dynamisme est indéniable. La capacité du photovoltaïque dépasse désormais celle de l’hydroélectricité.
Pourtant, derrière cette réussite apparente, se cachent des difficultés bien réelles. Car face à un tel engouement, les raccordements peinent à suivre. Particuliers, agriculteurs… ils sont de plus en plus nombreux sur liste d’attente.
Tandis que les remboursements bancaires, eux, ne peuvent être différés. C’est alors la rentabilité des projets qui est directement menacée.
D’après la SDES, la statistique publique, la puissance des projets photovoltaïques en file d’attente de raccordement s’établissait à 36,9 GW au quatrième trimestre 2025.
Autrement dit, si tous les projets en attente étaient raccordés, les objectifs de la PPE 3 seraient déjà atteints.
La situation est paradoxale.
D’un côté, un dynamisme qui témoigne d’un réel engouement pour la décarbonation, et un encouragement à s’y inscrire.
D’un autre, des difficultés de raccordement pour les porteurs de projets, mais aussi des allers-retours sur un éventuel moratoire et une publication tardive de la PPE 3 qui ont bloqué certains projets, notamment pour certains bâtiments et parkings qui doivent, pourtant, se conformer à leurs obligations légales d’installations solaires.
Le système sature.
Plusieurs questions se posent. Les besoins ont-ils été mal dimensionnés ? Y a-t-il une surconcentration des demandes dans certaines régions ? Les règles de priorisation sont-elles adaptées ?
Par ailleurs, la consommation électrique demeure encore assez faible, les solutions de stockage ne sont pas encore suffisamment développées, et le raccordement prend du temps. Serons-nous capables d’absorber cette production pour ne pas faire imploser le système ? Comment insérer correctement ces nouvelles capacités dans le réseau ?
Aujourd’hui, les capacités des postes sources sont insuffisantes dans certains territoires, le nombre de dossiers à traiter s’accroît et de nombreux projets fantômes, qui ne verront jamais le jour, embouteillent de surcroit le traitement des demandes. Les règles de raccordement et les conditions d’avancement semblent disparates, et les refus et la priorisation des demandes opaques.
Nous ne pouvons laisser tant d’opérateurs et de particuliers dans une situation que nous avons nous-mêmes créée. L’incompréhension est totale.
Face à ce constat partagé, des solutions émergent. Notamment, comme le soulignait le rapporteur en Commission, le passage d’un principe de « premier arrivé, premier servi », à celui de « premier prêt, premier servi ». Cette évolution, étudiée par RTE, permettrait de mieux refléter la maturité réelle des projets.
Cette démarche, complétée par des outils plus efficaces d’aide à la décision en amont, donnerait plus de visibilité aux porteurs de projets. Nous avons également besoin de critères objectifs permettant une priorisation efficace.
Autant de solutions à identifier et à déployer directement par les opérateurs de réseau et les préfets.
Il est en effet essentiel d’apporter des réponses concrètes. Autrement c’est la crédibilité de notre stratégie énergétique qui serait remise en cause, et ce, au détriment de l’ensemble des acteurs de la chaîne.
Nous aurons l’occasion d’en rediscuter prochainement lors du débat sur l’électrification des usages.
Ne laissons pas sans réponse celles et ceux qui ont investi et qui attendent. Ce sujet est majeur dans nos territoires.
Nous resterons bien évidemment attentifs aux débats.
Je vous remercie.




