Cyril Pellevat - Débat - Secours en montagne
- 27 mai
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26 mai 2026
SEUL LE PRONONCÉ FAIT FOI
Le sujet qui nous rassemble aujourd'hui porte sur une question essentielle pour nos massifs : comment garantir la sécurité en montagne sans empiéter sur l’attractivité et la vie de ces territoires.
La montagne est, et doit rester, un lieu de vie, que ce soit en hiver ou en été. Mais c'est aussi un environnement rude, qui évolue sans cesse et qu'il est crucial de bien comprendre avant de le pratiquer.
En France, le secours en montagne repose sur une coordination exemplaire entre trois forces que je tiens à saluer ici : la gendarmerie nationale (à travers, notamment les pelotons de gendarmerie de haute-montagne), la police nationale et les sapeurs-pompiers. Grâce à leur engagement et leur capacité d’intervention, notre pays sait répondre avec rapidité et efficacité lorsque des vies sont menacées. À leurs côtés, d’autres acteurs jouent un rôle tout aussi essentiel comme les SAMU, la sécurité civile ainsi que l’Association nationale des médecins et sauveteurs en montagne.
Selon le Système national d’observation de la sécurité en montagne, en 2025, environ 9000 personnes ont été secourues et près de 8000 ont été héliportées.
Malgré les interventions menées avec bravoure par nos forces de secours en montagne, près de 245 personnes sont décédées en 2025.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce ne sont pas les sports jugés les plus risqués, comme l'alpinisme ou le VTT, qui appellent le plus souvent à une intervention. En réalité, ce sont plutôt les activités pédestres, la randonnée en tête, qui les sollicitent le plus.
Cette évolution des pratiques doit nous conduire collectivement à réfléchir à la manière de mieux sensibiliser les usagers de la montagne.
L'idée, ce n'est évidemment pas de limiter l'accès à la montagne, qui doit avant tout rester un espace de liberté. Non, il s'agit plutôt d’encourager une vraie culture de la responsabilité et de la préparation.
Car derrière chaque intervention, il y a avant tout des femmes et des hommes qui s'engagent, parfois dans des conditions difficiles : le mauvais temps, les interventions de nuit, les risques d'avalanche ou des terrains instables.
Nos secouristes en montagne accomplissent des missions d’une technicité exceptionnelle et mettent souvent leur propre vie en danger pour sauver celle des autres.
Or, l’augmentation constante du nombre d’interventions interroge également les moyens dont disposent ces services.
Le 11 février dernier, la Cour des comptes a présenté, après avoir été saisi par la commission des finances de notre chambre, un rapport sur les secours en montagne et sur les coûts que représentent ces interventions. Selon ce rapport, en 2024, ces opérations ont coûté 110 millions d’euros pour 9 912 interventions.
Ce coût résulte en grande majorité de la sollicitation des hélicoptères qui sont devenus indispensables dans les régions montagnardes.
Malgré ce constat, les secours en montagne ont toujours d'importants besoins en formation, en matériel neuf, nécessaires pour mieux coordonner tous ceux qui interviennent.
Nous devons donc accompagner cette mutation de la montagne « quatre saisons » par une politique publique adaptée.
Tout commence par la prévention. Il faut mieux renseigner les touristes, organiser des campagnes pour les sensibiliser au matériel nécessaire et bien communiquer sur les prévisions météorologiques et les dangers possibles.
Cela passe également par un soutien renforcé à nos forces de secours.
Je pense aux gendarmes des PGHM, aux CRS montagne, aux sapeurs-pompiers spécialisés, aux médecins et à tous les bénévoles qui, chaque jour, font fonctionner cette chaîne de secours. Leur engagement mérite bien sûr notre reconnaissance mais il faut aussi leur donner des moyens qui soient à la hauteur de leur devoir.
Enfin, il nous faut rappeler un principe simple : la montagne n’est pas un parc d’attraction.
Elle reste un espace naturel magnifique, bien sûr, mais aussi parfois dangereux.
On doit s'efforcer de garder la montagne accessible, tout en assurant la sécurité de celles et ceux qui la parcourent. Dans un contexte de changement climatique et face à l’augmentation du flux touristique et du développement des activités de loisirs en montagne, comment entendez-vous, Monsieur le ministre, doter suffisamment les services de sécurités et de secours en montagne ?
C’est à cette condition que la montagne française pourra continuer à être un territoire vivant et sûr, en toutes saisons.




