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Emmanuel Capus : Programme de stabilité et l'orientation des finances publiques

30 avril 2024

Débat sur le programme de stabilité et l'orientation des finances publiques



Monsieur le Président,

Monsieur le Ministre,

Monsieur le Président de la Commission des Finances,

Monsieur le Rapporteur général,

Mes Chers Collègues,

 

En matière d’économie, il y a deux excès à éviter.

Le premier, c’est l’excès d’optimisme.

Le second, c’est l’excès de pessimisme.

 

L’excès d’optimisme, c’est considérer que tout va toujours pour le mieux, que l’avenir est radieux et le sera toujours.

 

On y cède lorsqu’on se focalise sur les bonnes nouvelles et qu’on néglige les mauvaises. Il s’agit d’une forme d’irénisme qui peut s’avérer coupable. On s’y complaît lorsqu’on manque de lucidité, lorsqu’on refuse de regarder un danger en face, ou lorsqu’on ferme les yeux sur les causes de ce danger.

L’excès de pessimisme, c’est tout l’inverse. Il s’agit de tout voir sous un angle négatif, de tout critiquer par principe.

 

C’est faire du mauvais temps une ligne de conduite. Ceux qui le pratiquent régulièrement ne savent même plus comment réagir face à une bonne nouvelle : ils n’y voient même pas une éclaircie passagère, mais l’annonce d’une prochaine tempête.

 

L’excès d’optimisme trahit une confiance aveugle en l’avenir, l’excès de pessimisme une forme de défiance. Ces deux excès nuisent à la confiance, qui est à la base de l’économie. Pas de commerce, pas d’investissements, pas de recrutement sans confiance en l’avenir. C’est la base.

 

Or l’excès d’optimisme comme l’excès de pessimisme n’inspirent pas confiance. Au contraire.

Les responsables politiques qui s’y adonnent risquent le discrédit. Parce qu’ils font la part belle à l’idéologie plutôt qu’au pragmatisme, ils manquent en fait de lucidité. Difficile de gagner la confiance lorsqu’on perd prise avec le réel.

 

Vendredi dernier, les agences de notation Moody’s et Fitch ont finalement maintenu la note de la France. C’est une mauvaise nouvelle pour toutes les oppositions qui se réjouissaient par avance de fustiger de nouveau la politique du Gouvernement.

 

Pour notre Groupe, c’est une bonne nouvelle. Une dégradation aurait pu alourdir la charge de la dette, qui est toujours la pire des dépenses publiques. C’est, je crois, le sentiment qui devrait prédominer au Sénat. Je vous rassure : il ne s’agit pas de considérer pas les agences de notation comme les juges ultimes de nos politiques économiques.

En revanche, on peut raisonnablement considérer qu’elles ne cèdent ni à l’excès d’optimisme, ni à l’excès de pessimisme.

 

Ces agences ne notent pas l’état de nos finances publiques, qui résulte de décennies de laxisme budgétaire. Elles ne se prononcent pas sur le passé, mais sur l’avenir. Vendredi, elles ont estimé que la France pourra rembourser sa dette. Soit.

 

Le programme de stabilité trace un chemin dans cette direction. Comme notre Rapporteur général, je trouve que le rythme de réduction du déficit n’est pas assez rapide. En la matière, on va rarement plus vite que ce qu’on a annonce, et souvent plus lentement. Alors autant faire preuve d’ambition.

 

Mais je crois tout de même que ce programme de stabilité ne pèche ni par excès d’optimisme, ni par excès de pessimisme.

Certes, la prévision de croissance est supérieure à ce que nous avons connu lors des dernières années. Mais je note qu’elle est inférieure au rythme de croissance que nous avons connu entre 2017 et 2019, sous le Gouvernement d’Édouard Philippe.

 

Cette hypothèse de croissance, qui sous-tend l’ensemble du programme, est donc réaliste. Bien sûr, elle dépend largement des événements géopolitiques, en Ukraine et au Proche-Orient notamment. Mais le Gouvernement aurait sans doute versé dans l’excès de pessimisme s’il avait retenu l’hypothèse d’un embrasement généralisé menant à une 3e Guerre mondiale…

 

L’important, à mon sens, c’est de garder un cap clair : baisser les dépenses publiques, pour réduire le déficit et amorcer le désendettement de la France. Notre Groupe a fait plusieurs propositions dans ce sens. Nous continuerons de les porter.


SEUL LE PRONONCÉ FAIT FOI.

 

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