Franck MENONVILLE : PPL visant à prévenir le suicide des agriculteurs



Monsieur le Président,

Monsieur le Ministre,

Madame la Rapporteure,

Mes chers Collègues,


On compte depuis 2015, plus d’un suicide chez les agriculteurs par jour. Les chiffres sont alarmants et la réalité est encore plus sinistre.


Je tiens à saluer et remercier le groupe RDSE et particulièrement Henri CABANEL, qui a mis ce sujet essentiel, pourtant trop peu médiatisé, au cœur de l’agenda de la chambre des territoires.


Il révèle comme l’a si bien rappelé Madame la Rapporteure en commission la semaine dernière « la manifestation la plus flagrante de la détresse du monde agricole »


Force est de constater que ce fléau qui touche nos territoires ruraux est malheureusement plus présent dans le monde agricole que dans d’autres secteurs d’activités.


Les causes de ce phénomène dramatique sont d’origines multiples :

- Difficultés financières

- Drames personnels

- Maladie

- Isolement social

- Surcharge de travail

- Agri-bashing

- Aléas climatiques

- Manque de visibilité sur l’avenir


Ces situations irrémédiables sont le plus souvent le fruit d’une accumulation de difficultés et de la concordance de drames personnels de toute nature, même si le contexte économique est sans doute déterminant.


Ce phénomène touche toutes les tranches d’âge, les jeunes et les moins jeunes, et tous les métiers du secteur, des employés aux exploitants.


Les chiffres sont clairs et parlent d’eux-mêmes !


La MSA relève 605 décès par suicide par un an dans le milieu agricole exploitants et salariés confondus, parmi lesquels 274 avaient plus de 65 ans et 4 sur 5 étaient des hommes.


Ce chiffre explose chez les agriculteurs les plus modestes. On atteint 57% chez les bénéficiaires de la CMU.


De plus, deux activités sont particulièrement touchées les éleveurs bovins et les producteurs laitiers.


En France, les agriculteurs ont un risque de suicide plus élevé de 12% comparé au reste de la population.


Pour agir efficacement contre ce fléau, il faut préalablement objectiver ces chiffres, les analyser et identifier précisément les causes. Malheureusement, une loi ne permettra sans doute pas à elle seule de résoudre ces situations tellement diverses.


De multiples leviers sont à actionner afin de proposer une solution concrète et complète aux agriculteurs de notre pays.


Je pense d’ailleurs que les actions les plus efficaces à mettre en place relèvent du terrain. Il est néanmoins impératif, que ces initiatives fassent l’objet de davantage de visibilité.


Car force est de constater qu’aujourd’hui les dispositifs locaux sont encore trop mal connus ce qui est dommageable à leur efficacité !


Dans mon département de la Meuse, la Chambre d’agriculture a mis en place un numéro vert départemental.


Ce dispositif permet une orientation vers des personnes formées et des entités compétentes en fonction des besoins qu’ils soient économiques, de santé ou autre. Le travail d’accompagnement se fait ensuite en coopération avec les acteurs en présence -la chambre d’agriculture, la MSA, l’État notamment avec la DDT, les banques et tout autre acteur nécessaire. Il a d’ailleurs été constaté que la formation et l’écoute sont primordiales dans l’identification des situations problématiques.


Dans le département de la Corrèze de mon collègue Daniel Chasseing, la MSA et l’ARS ont aussi instauré des processus similaires dès les années 2000.


Un guichet unique a aussi été créé en 2018. Il est accompagné d’initiatives qui ont prouvé leur efficacité, telles qu’une aide financière au soutien psychologique, une aide sur la comptabilité ou encore une aide au répit.


Mais force est de constater que les signaux d’alerte se déclenchent souvent trop tard. La détection est certes complexe et des pistes d’amélioration du dispositif d’accompagnement sont à trouver. Aussi, il est nécessaire d’identifier d’une part les initiatives locales efficaces et d’autre part les secteurs en besoin.


Je crois en la coordination et en la formation des acteurs indispensable pour anticiper et identifier les signes précurseurs. Une adaptation territoriale est un axe de réflexion à approfondir à mon sens.


L’aide doit être plus globale et inclure les volets financier, économique, social et technique ainsi qu’un accompagnement plus individualisé.


En résumé il est nécessaire d’anticiper les risques et coordonner les acteurs !


Le groupe les Indépendants tient à saluer les réflexions engagées sur ce sujet et s’associera à la recherche de solutions adaptées et efficaces.


Je vous remercie.


Seul le prononcé fait foi

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