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Jean-Louis LAGOURGUE : PJL de Finances pour 2020 - Action extérieure de l'Etat


Monsieur le Président,

Monsieur le Ministre,

Mes chers collègues,


La voix de la France est écoutée dans le monde et elle doit continuer de l’être. La situation internationale n’est pas sur le chemin de la stabilisation. C’est peut-être encore moins le cas depuis que les alliances sont devenues changeantes et que les accords sont susceptibles d’être remis en cause à tout moment.


La diplomatie est cependant un outil essentiel dans la politique internationale. Son action est souvent une action de l’ombre. Ses échecs sont davantage remarqués, puisqu’ils se traduisent trop souvent par des guerres. La diplomatie évite parfois les conflits mais elle participe surtout à bâtir ou rebâtir la paix.


A cet égard, la France doit maintenir des capacités diplomatiques de haut niveau pour continuer de faire rayonner ses idées et ses valeurs. Ces capacités nous permettent également de connaître en détail nos interlocuteurs, ainsi que les situations et les enjeux auxquels il nous faut faire face.


L’année dernière, le réseau diplomatique français a reculé de la deuxième à la troisième place, derrière celui des États-Unis et celui de la Chine. Il nous faut impérativement maintenir notre rang si nous souhaitons que la France reste une grande puissance de diplomatie et de paix.


Notre pays poursuit son effort et nous nous félicitons que les budgets du ministère de l’Europe et des affaires étrangères soient en hausse. Les crédits de la mission action extérieure de l’État sont quant à eux maintenus.


Afin de procéder aux économies nécessaires, l’État s’est lancé dans une réforme visant à rationaliser les moyens dont il dispose à l’étranger.


Le ministère de l’Europe et des affaires étrangères s’est engagé avec rigueur et sincérité dans la mutualisation des moyens de l’État à l’étranger. C’est à saluer.


La logique de cette réforme nous semble être la bonne, nous souhaitons la voir aboutir.


Plus généralement, nous nous interrogeons sur les moyens de parvenir aux objectifs que souhaite atteindre le gouvernement. Il nous semble que des pistes d’amélioration subsistent.


Le nombre d’équivalent temps plein baisse en dix ans de presque 10 %, et sur la même période, les dépenses de personnel ont augmenté de 34,5 % ... même si l’inflation explique en partie ce phénomène, cette tendance nous semble problématique.


Nous sommes plusieurs à regretter la baisse des effectifs, mais nous sommes encore plus nombreux, me semble-t-il, à regretter que cela se traduise tout de même par l’augmentation des dépenses de personnel.


De même, le produit des ventes immobilières est en forte baisse. C’est inquiétant parce que cela signifie qu’il n’y a plus beaucoup de bijoux de famille à vendre. Vous nous avez dit, Monsieur le Ministre, être conscient que « nous ne pouvons pas vendre indéfiniment nos emprises majeures à l'étranger ». Il s’agit à présent de s’orienter vers la recherche de sources d’économies durables.


Vous nous avez rassuré sur le devenir de la diplomatie culturelle et d’influence qui est, comme vous avez eu l’occasion de le rappeler, une diplomatie stratégique. Nous nous réjouissons que vous ayez stoppé la diminution des crédits qui y sont affectés et entamé leur augmentation.


Cette diplomatie est essentielle car elle donne du poids aux prises de position de la France. Elle promeut nos valeurs et notre modèle. Le pays des droits de l’Homme doit avoir une voix qui porte. Plus la France enseignera aux étrangers, plus la France sera écoutée.


Il faut donc saluer l’objectif de doublement des effectifs des écoles françaises à l’étranger à l’horizon 2030. Nous entendons les inquiétudes sur l’existence des financements permettant d’atteindre cet objectif. Nous souhaitons vous voir réussir, il faudra que les moyens soient mis pour y parvenir.


Nous savons que l’enseignement aux étrangers est crucial et nous sommes conforté dans cette idée lorsque nous regardons nos voisins.


Plusieurs pays se sont effectivement engagés dans une démarche d’influence via l’enseignement à l’étranger ou aux étrangers. C’est ainsi que le nombre d’étudiants étrangers en Turquie a augmenté de 180 % sur les 5 dernières années.


Nous ne devons pas relâcher nos efforts. Il a été fait état de difficultés dans l’obtention de visas français par les étudiants étrangers. Il nous semble qu’une clarification des procédures et une accélération du traitement des dossiers est nécessaire.


La stratégie diplomatique française ne doit pas être mise à mal par des problèmes d’organisation des services : les visas doivent être délivrés en temps utile.


Sur tous les sujets qui ont trait à son action extérieure, la France doit maintenir son effort. Nous sommes moteurs en Europe et nous sommes force de propositions sur la scène internationale. Cette dynamique doit être conservée et amplifiée.


Les années à venir s’annoncent porteuses de tensions et de dissensions. L’échange et la négociation sont les alternatives à l’emploi de la force. Nous, qui n’oublions pas le prix du sang, savons qu’il faut donner les meilleures chances à la diplomatie si nous voulons maintenir la paix.


Je vous remercie.


Seul le prononcé fait foi

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