Jean-Pierre DECOOL : QAG - Stratégie vaccinale

27 janvier 2021


Question d'actualité au Gouvernement



S’agissant d’une crise à l’évolution imprévisible, je me garderai bien de donner des leçons, encore moins de jouer au procureur, dans un pays où ils seraient si nombreux !


Chaque jour, le Gouvernement nous abreuve de prévisions et de chiffres, tandis que les scientifiques et les autorités sanitaires alternent propos rassurants et déclarations alarmistes. Quant aux journalistes, ils rapportent, avec un recul de quelques minutes, l’ensemble de ces informations, amplifiant la cacophonie générale.


On ouvre puis on ferme des centres de vaccination… faute de doses. En audition, vous dites « 15 millions de personnes seront vaccinées avant l’été », la semaine d’après, « 70 millions d’ici fin août ». Etant à peine 67 millions d’habitants, 3 millions de français se feraient donc vacciner deux fois.


Récemment, les autorités envisageaient de repousser la seconde injection de trois semaines. Hypothèse désormais écartée !


En vérité, davantage que le réel retard ou non de notre pays dans la mise en œuvre de la vaccination, c’est l’absence de clarté de votre communication qui déconcerte et navre nos concitoyens.


Rapporteur, fin 2018, d’une mission sénatoriale sur la pénurie de médicaments et de vaccins, je me sens moralement investi !


Monsieur le Ministre, oui ou non, disposons-nous d’un stock suffisant de doses pour poursuivre, lentement mais résolument, la vaccination déclenchée mi-janvier ?


S’agit-il d’une pénurie de nature à interrompre cette première vague de vaccination ? Si oui, dans quel délai prévoyez-vous la relance, pour la première injection comme pour la seconde ?


Enfin, la livraison de vaccins serait bloquée à cause de problèmes de logistique. Qu’en est-il réellement ?


Ces questions, marquées d’angoisse, sont légitimes, et un effort de transparence à propos de vos difficultés permettrait, en toute humilité, d’apaiser ce climat anxiogène dont je me fais, ici, l’écho.


Réponse de M. Olivier VERAN – Ministre des Solidarités et de la Santé


Monsieur le Sénateur DECOOL, vous avez parfaitement raison, plus que jamais dans notre pays, nous avons besoin de sérénité, nous avons besoin de précision et nous avons besoin de transparence.


Monsieur le Sénateur, je vais vous donner quelques exemples :

1) J’ai donné au public, la liste précise des arrivages, mois après mois de vaccins, nous permettant de vacciner mois après mois un certain nombre de millions de Français ; tout en précisant bien que ces chiffres correspondent aux commandes qui ont été passées par l’Union européenne et donc par la France et qu’ils correspondent également à l’ensemble des vaccins que nous avons achetés et donc relevaient aussi des décisions préalables des autorités sanitaires et j’ai donc, effectivement, expliqué que nous avions jusqu’à de quoi potentiellement vacciner 70 millions de personnes d’ici à la fin du mois d’Août ; parce que nous avons plus de 130 millions de doses qui sont arrivées sur le territoire national à la fin du mois d’Août, si tous les vaccins sont homologués et si effectivement les laboratoires respectent leurs engagements et vous voyez comme moi et vous l’avez souligné vous-même c’est pas un problème logistique c’est qu’il y a déjà des problèmes d’approvisionnement de la part de certains laboratoires. Nous faisons tout pour faire en sorte que les laboratoires respectent leur engagement sinon effectivement, ça posera problème.


2) Ensuite, Monsieur le Sénateur, j’ai répondu par exemple, la semaine dernière j’ai participé effectivement à la Commission des lois et j’ai été interrogé sur la nécessité de poursuivre l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 1er Juin et la question qui m’était posée : est-ce que vous êtes sûr que d’ici au 1er Juin nous aurons vacciné tous les publics fragiles. J’ai pris le soin de répondre – vous pouvez regarder – que les publics fragiles potentiellement ça peut porter jusqu’à 23 à 30 millions de Français et que d’ici début Juin, je ne sais pas si nous aurons terminer de vacciner, c’est-à-dire fait deux injections, certaines sont distantes de plusieurs semaines à 23 à 30 millions de Français. Ce qui n’empêche pas du tout, par ailleurs, de compter sur les livraisons de vaccin nous permettant de vacciner toute la population d’ici la fin du mois d’Août.


Donc encore une fois, ce sont des sujets qui sont complexes, qui font appel à des chiffres, à des vaccins, à des données scientifiques. Je sais que vous le savez et je sais que vous comprenez parfois la nécessité, au-delà de la transparence, d’expliquer les choses et pour ça il faut un peu plus de temps et par exemple, je vois que les 2 minutes se sont écoulées et je n’aurai donc pas répondu à la totalité de votre question.


Simplement vous dire, Monsieur le Sénateur, que je connais, parce que j’avais lu, le rapport que vous aviez fait sur la pénurie de médicaments qui était un rapport de grande qualité, sur lequel nous nous appuyons, encore aujourd’hui, pour prendre certaines décisions.

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