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Jean-Pierre Grand - Conclusions de la CMP - Protection et souveraineté agricoles

  • 22 juil.
  • 3 min de lecture

21 juillet 2026


Projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles - Dossier législatif




Merci Monsieur le Président,

Madame, Messieurs les Ministres,

Messieurs les Rapporteurs,

Mes chers collègues,


Nous examinons des dizaines de textes agricoles pour répondre à des crises. Mais le même constat demeure : nous ne parvenons pas à élaborer un cap clair et fort pour relancer l'agriculture française, en nous dotant d'outils souples permettant d'appréhender les enjeux de demain. Le changement climatique et le contexte international déstabilisent nos productions et leur commercialisation. Nous savons que de prochaines crises surviendront. Nous en ignorons l'ampleur. C'est pourquoi il nous faut des règles simples et pérennes permettant à nos agriculteurs de s'adapter, non du cas par cas.


Nous devons réfléchir sur le temps long. Le changement climatique intervient à courte échéance, mais adapter un verger ou un vignoble prend du temps. La transition exige tolérance et accompagnement aussi bien financier que dans la recherche et le transfert. Cependant, nous ne pouvons nier la réalité. S'il faut limiter notre impact sur l'environnement pour ralentir le changement climatique, nous devons nous adapter à ses conséquences immédiates. Notre action est peut-être limitée face aux menaces internationales, aux augmentations de droits de douane ou aux guerres, mais nous pouvons choisir d'élaborer un cadre concernant notre production nationale.


Pour cela, nous devons sortir des oppositions dogmatiques. L'agriculture et l'environnement ne sont pas deux forces opposées, mais interdépendantes. L'impact sur la disponibilité de la ressource en eau, l'apparition de nouveaux ravageurs et maladies, la modification des calendriers de culture, les inondations puis la sécheresse, voilà les situations auxquelles doivent faire face nos agriculteurs.


Dans mon département de l'Hérault, nous avons connu une période de sécheresse, puis des inondations ravageuses et désormais les incendies. Actuellement, nous sommes à nouveau en crise avec des mesures de restriction d'usage de l'eau et une sécheresse des sols qui s'aggrave. Les vignerons en souffrent alors que la viticulture est au cœur de l'économie héraultaise. Nous devons leur apporter les moyens de faire face à ces situations qui ne peuvent que s'amplifier.


Mais arrêtons de parler d'agriculture productiviste ou de modèles ultra-intensifs dès que nous leur apportons une solution. Soyons honnêtes et regardons la réalité de ce qui se passe chez nos voisins européens. Nos exploitations françaises sont de taille humaine et nos agriculteurs respectent l'environnement. Toutefois, ils souffrent d'un manque de compétitivité. Si nous voulons préserver notre modèle agricole, nous devons d'abord le rendre économiquement viable. L'agriculture en général et la viticulture en particulier pâtissent déjà des changements climatiques et du contexte international. N'ajoutons pas des boulets supplémentaires à la productivité de nos agriculteurs.


Deux sujets ont cristallisé les débats ces dernières semaines : les néonicotinoïdes, et l'eau. Concernant le premier, ne déformons pas la réalité. La mesure introduite prévoit la possibilité d'autoriser une dérogation sous contrôle scientifique et pour certains cas très précis. Il ne s'agit pas d'une réautorisation simple.


L'acétamipride est autorisé dans 26 pays européens sur 27. Seule la France l'interdit. Concernant le second, arrêtons de diaboliser le stockage de l'eau et d'en travestir la réalité. L'Espagne, proche de mon département, l'Espagne dispose d'une capacité de stockage 5 fois supérieure à la nôtre avec 2 fois moins de pluie. 80% de nos ouvrages sont des mares ou des retenues collinaires qui font entre 5 000 et 150 000 mètres cubes, tandis que les balsas espagnols font entre 15 000 et 1 million de mètres cubes. Sécuriser l'accès à l'eau pour nos agriculteurs, c'est tout simplement sécuriser notre souveraineté alimentaire.


Dans l'ensemble, notre groupe soutiendra, Madame la Ministre, ce projet de loi. Bien qu'il ne s'agisse encore que d'un texte de réaction et non de stratégie à long terme, il comporte des mesures attendues par les agriculteurs : l'eau, la prédation, le foncier agricole, les projets agricoles d'avenir ou la prise en compte des produits durables et la qualité pour atteindre les objectifs d'Egalim. Ce texte d'urgence ne dispense pas le gouvernement d'une ambition plus vaste permettant de définir un cadre d'action.


La prédation en est un exemple. La situation des éleveurs face à la prédation lupine est intenable. Mais que dire des ours, des vautours, et des prédateurs de demain ? L'agriculture est un secteur stratégique pour la souveraineté nationale. Donnons-nous les moyens de défendre l'agriculture française.


Merci.

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