Joël GUERRIAU : Faire évoluer la gouvernance de l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger

27 janvier 2022


Proposition de loi visant à faire évoluer la gouvernance de l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger et à créer les instituts régionaux de formation

Monsieur le Président,

Monsieur le Ministre,

Monsieur le Président de la Commission des Affaires étrangères et de la défense,

Mes Chers Collègues,


Je me réjouis que le prix Goncourt 2021 ait été attribué au Sénégalais Mohamed Mbougar Sarr. Cela met en valeur la langue française en démontrant qu’elle rayonne au-delà de nos frontières. La majorité de ses locuteurs vivent en effet en dehors du territoire national. En l’enrichissant avec toute une variété d’accents et d’expressions, 220 millions de personnes parlent notre langue. Et là c’est bien sûr un atout dans le cadre de nos échanges avec de nombreux pays aux quatre coins du monde.


Et d’ailleurs Monsieur le Ministre, vous auriez pu citer, parmi tous les auteurs que vous avez cités en préambule bien d’autres, mais des étrangers cette fois-ci qui figurent parmi les grands auteurs de notre littérature, y compris même parmi les Immortels de l’Académie française.



Notre réseau d’enseignement à l’étranger est un avantage que nous devons préserver et renforcer. Il permet à nos concitoyens expatriés de bénéficier d’un enseignement dans leur langue maternelle, immergés dans leur culture. Cet enseignement contribue à partager le Français et la culture française avec les étrangers qui le souhaitent. Aussi nous devons assurer une évaluation permanente de l’efficacité de nos dispositifs.


Il y a 32 ans, l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger était créée et 160 000 élèves en bénéficiaient. En 2021, il y avait 543 établissements sur 138 pays, ce qui représente 375 000 élèves, c’est important. Le président de la République entend faire doubler les effectifs et cette évolution nécessite bien sûr des adaptations et je salue le travail de notre collègue Samantha Cazebonne qui nous propose d’en adopter certaines.


Afin d’assurer une meilleure représentation les fédérations de parents d’élèves, la proposition de loi leur offre deux sièges supplémentaires ; c’est une proposition qui a bien sûr beaucoup de bon sens et elle est complétée par la Commission des Affaires étrangères par l’attribution d’un siège à l’Association Nationale des Écoles Françaises à l'Étranger, sans voix délibérative cependant. Il aurait été fort dommage en effet de se priver de la compétence et de l’expérience de cet organisme, présidé par notre excellent collègue Olivier Cadic.


L’Agence aura une gouvernance plus équilibrée – cela a été dit. Ce qui devrait lui permettre de mieux assurer ses missions actuelles, tout en se chargeant de nouvelles tâches.


Il est impératif de renforcer l’enseignement du français à l’étranger, afin d’accroître et parfois de renouer l’influence française dans le monde, d’où l’importance de cette délibération pour soutenir les filières d’enseignement.


Les défis sont immenses en effet, force est de constater que la francophonie est aujourd’hui menacée.


En Afrique, les campagnes de propagande et de désinformation contre la France sont orchestrées par des puissances étrangères. En Amérique du Nord, le wokisme pousse des instituts d’enseignement français à organiser des campagnes d’épuration littéraire comme ce qui s’est produit à Ontario – je le rappelle – au Canada avec la destruction de près de 5 000 livres en Français à destination de la jeunesse dont notre fameux Tintin et Astérix. Sans oublier le Moyen Orient, région stratégique pour la France, où plusieurs instituts d’enseignement français sont menacés de fermer à cause de conflits armés et de situations instables en Iran, en Syrie et aussi, malheureusement, au Liban.


La Commission des Affaires étrangères, éclairée par le travail de notre excellent rapporteur, a eu l’occasion de rappeler sa vigilance quant aux moyens financiers alloués à l’enseignement français à l’étranger. Alors que l’objectif fixé pour 2030 est très clair, l’évolution des financements l’est beaucoup moins. Un doublement des effectifs devrait nécessairement, évidemment, s’accompagner d’une augmentation significative du budget du personnel.


Nous nous réjouissons des ambitions qui sont nourries par la France pour que notre réseau à l’enseignement à l’étranger continue à rayonner et toujours plus. Nous devons veiller à fortifier les piliers de notre action à l’étranger.


La proposition de loi que nous examinons prépare sa montée en puissance. Et bien sûr, le Groupe Les Indépendants votera avec enthousiasme cette proposition.

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