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Joël GUERRIAU : PLF 2021 - Mission "Aide publique au développement"

Mis à jour : 22 déc. 2020

27 novembre 2020


Projet de loi de finances pour 2021 - Mission "Aide publique au développement"

Monsieur le président,

Monsieur le Ministre,

Monsieur le Président de la Commission des Affaires étrangères et de la défense,

Messieurs les Rapporteurs,


L’incroyable bouleversement qu’a connu le monde en 2020, rend plus central encore le sujet de l’aide publique au développement. Mais comme beaucoup d’autres pays, la France est, elle aussi, sinistrée. Avec la pandémie, son économie, notre économie a été durement touchée.


Le chômage repart à la hausse, des entreprises ont mis la clef sous la porte, et la pauvreté augmente sur notre territoire. Cependant, nous examinons aujourd’hui les crédits destinés à aider d’autres pays à se développer, en leur faisant moins de prêts et plus de dons.



Alors que la situation économique de notre pays est historiquement mauvaise, certains pourraient avoir du mal à comprendre que la France poursuive cette année encore l’atteinte de ses objectifs en matière d’aide au développement. La formule des années 60 : « la Corrèze avant le Zambèze » pourrait ainsi revenir au goût du jour…


Le Groupe Les Indépendants considère cependant que la poursuite de l’action de la France en la matière est primordiale. A deux principaux égards, l’aide publique au développement est un outil précieux dans les relations internationales.


Tout d’abord parce que l’interdépendance des économies nationales n’est plus à démontrer. Un pays qui se développe grâce à la France est un partenaire économique. En renforçant ses infrastructures et en améliorant le niveau de vie de sa population, ce pays développe des conditions d’échanges propices au renforcement des liens institutionnels et aux opportunités entrepreneuriales avec la France.


Dans une économie mondialisée, aider au développement des autres, c’est aussi indirectement favoriser le sien.


L’autre aspect majeur et probablement encore plus important, c’est que l’aide au développement constitue également un moyen efficace de lutter contre l’insécurité mondiale. Les zones les plus instables sont souvent celles où le développement est le plus faible, en particulier lorsque l’État n’a pas les moyens de mettre en place une instruction publique.


En Afrique d’ailleurs, ça n’est pas un hasard si au Burkina Faso, près de 2300 établissements ont été effacés, fermés, à cause du terrorisme.


C’est dans un tel contexte que l’aide au développement est primordiale afin lutter contre le risque d’embrigadement des enfants dans des écoles du terrorisme.


Pour éviter la création de zones de non-droit dans des États qui connaissent une certaine instabilité, il est essentiel de les accompagner dans un développement homogène de leur territoire. Le développement contribue ainsi à la résolution politique de conflits qui nous concernent. C’est notamment le cas des pays de la bande sahélo-saharienne.


Pour avoir le meilleur effet, l’aide doit être concentrée sur les pays qui en ont le plus besoin. A cet égard, nous comprenons et nous soutenons le changement de logique consistant à privilégier les subventions et les dons plutôt que les prêts. L’aide est souvent plus cruellement nécessaire aux pays qui n’ont pas la capacité de rembourser des prêts.

La France avait jusqu’à présent préféré accorder une aide sous forme de prêts pour des raisons évidentes d’allégement des coûts.


Cela a néanmoins conduit à diriger des aides vers des pays qui ne semblent pas les plus prioritaires. Si le remboursement des prêts que la France accorde à la Chine paie le salaire du directeur de l’Agence Française de Développement ; il n’en est pas moins difficile de justifier que Pékin, capitale de la deuxième puissance mondiale, puisse avoir besoin de notre. Nous devons nous assurer que l’argent consacré à l’aide publique parvienne effectivement aux projets choisis par la France.


Dirigée vers les pays qui en ont le plus besoin, majoritairement sous forme de subventions, l’aide publique au développement devra en outre faire l’objet de contrôles d’autant plus étroits.


Mais l’aide au développement, c’est avant tout un défi, un défi que l’humanité doit relever. Elle implique des frais, des frais de siège, des frais de structure, des frais d’encadrement, nécessaires au contrôle et à la conduite de ces projets.


Mais dans un climat national, ou la pauvreté va être de plus en plus apparente, nous devons être très vigilant, sur toutes les dépenses ostentatoires. Il convient que ces charges de fonctionnement soient les plus faibles possibles, afin que chaque euro dépensé contribue avant tout à lutter contre la pauvreté et les inégalités dans le monde.


Nous attendons donc avec impatience le projet de loi destiné à définir le cadre de l’aide publique française. La France, 5e pourvoyeur mondial d’aide publique, doit poursuivre son action en la matière, en s’assurant que les fonds versés concourent bien à la réalisation des objectifs qu’elle se fixe.


Sous ces conditions, le Groupe Les Indépendants approuve les crédits.

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