Joël GUERRIAU : QAG - Fin de l'opération Barkhane

16 juin 2021


Question d'actualité au Gouvernement

Merci Monsieur le Président.


Madame la Ministre,


Le Président de la République a annoncé jeudi dernier la fin de l'opération Barkhane. Depuis huit ans, 55 de nos soldats sont morts au Sahel. Nous rendons hommage à leur mémoire ainsi qu'à l'engagement et au courage de ceux qui poursuivent le combat.


À l'instant où je vous parle, nous déplorons la mort d'un soldat nigérien et de deux blessés soldats français.


Avec le soutien de nos partenaires, la France se bat pour faire reculer le terrorisme au Sahel. La situation de la région se dégrade néanmoins. Nous constatons que le nombre de victimes d'attaques terroristes reste élevé au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Des pays sont en train de s'enfoncer dans l'instabilité politique et les djihadistes poursuivent leurs méfaits.


La présence française est capitale pour la sécurité du Sahel. Le week-end dernier, un raid a permis de neutraliser et capturer des cadres de l'État islamique. Notre armée continue de faire un travail remarquable.


En 2023, après une sortie progressive, vous annoncez une présence réduite avec deux objectifs : la formation des armées locales et la conduite d'opérations anti-terroristes.


Les parlementaires que nous sommes, qui ont toujours soutenu l'action française au Sahel, auraient souhaité être consultés sur le changement majeur de stratégie que constitue cette décision.


Le retrait d'une partie de nos forces s'inscrit-il dans un programme stratégique concerté avec nos partenaires africains, européens ou américains ?

Sur quelles forces pourrons-nous compter pour lutter contre le terrorisme dans une région qui est cinq fois plus grande que ne l’est l'Afghanistan ?

Merci.


Réponse de Mme Florence PARLY – Ministre des Armées


Merci Monsieur le Président.


Mesdames et Messieurs les Sénateurs,


Monsieur le Sénateur,


Le 10 juin, vous l'avez rappelé, le Président de la République a annoncé la fin prochaine de l'opération Barkhane et une transformation profonde de notre engagement au Sahel.


Alors je voudrais être très claire, tout d'abord en rappelant que nous sommes présents au Sahel à la demande des États du G5 Sahel ; deuxièmement, que nous ne quitterons pas la région, et aux côtés de nos partenaires sahéliens, mais aussi européens et internationaux, nous poursuivrons notre engagement contre le terrorisme parce que cela reste notre priorité absolue.


Ce que nous voulons, c'est changer de logique et nous voulons aller vers davantage de coopération avec les Sahéliens et leur transférer progressivement la responsabilité des opérations.


Et avec nos partenaires européens, nous voulons aussi coopérer de façon encore plus étroite pour les soutenir par des formations et puis de l'accompagnement opérationnel. Et enfin, nous souhaitons travailler avec les pays du Golfe de Guinée qui sont exposés eux aussi aux risques d'extension de la menace terroriste.


Alors cette évolution va donc nous conduire à réorganiser notre dispositif de façon significative sur le plan militaire, en nous appuyant notamment sur la force Takuba, qui rassemble des détachements de forces spéciales européennes en soutien aux forces locales.


Les modalités et le calendrier de cette transformation de notre engagement seront précisées ultérieurement. Et je réponds directement à votre question, Monsieur le Sénateur. Nous allons d'abord consulter nos partenaires puisque nous considérons que ce sont eux qui sont sur le terrain avec nous ; et je voudrais souligner devant vous que tous nos interlocuteurs nous ont confirmé leur souhait de poursuivre la lutte contre le terrorisme.


Alors, nous aurons certainement l'occasion d'y revenir avec vous, mais je voulais pour terminer vous dire que cette coopération avec nos partenaires, c'est la clé du renforcement de notre engagement collectif au Sahel contre le terrorisme.

Merci.


Réplique de M. Joël GUERRIAU


Madame le Ministre,


J'entends et je comprends vos propos et vous précisez vos souhaits.


Mais ces souhaits, nous aurions aimé pouvoir en discuter avec l'ensemble des parlementaires. Je vous ai posé quelques questions, mais en réalité, il y a beaucoup plus de questions qui me viendraient, qui sont plus techniques sur notre capacité de soutenir la MINUSMA dans le Nord, etc.


Mais ces questions, mes collègues aussi ont des tas de questions à poser donc je crois qu'il est essentiel, et vous connaissez le sérieux de la commission des Affaires étrangères et de la défense du Sénat, que nous puissions en débattre au sein d'une commission avant de lire dans la presse les intentions du Gouvernement.

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