Pierre MÉDEVIELLE : Garantir l'effectivité de l'Accord de Paris avec un accord ambitieux à la COP 26

02 novembre 2021


Proposition de résolution en application de l'article 31-1 de la Constitution visant à affirmer la nécessité d’un accord ambitieux lors de la COP 26 de Glascow permettant de garantir l’application effective de l’Accord de Paris sur le climat

Madame la Présidente,

Madame la Ministre,

Mes chers Collègues,


Depuis la COP 21 à Paris, nous pouvons être fiers de la prise de conscience majeure qui s’est développée autour des enjeux climatiques.

Passé le temps de l’euphorie, nous devons nous tourner vers des propositions peut-être moins ambitieuses, mais bien plus réalistes.

La communication c’est bien, mais l’engagement concret c’est mieux !


Notre jeunesse, à la pointe, fait entendre sa voix partout dans le monde. Nous devons l’épauler, et nous montrer à la hauteur de ses espérances et des enjeux.


Le Sénat et sa Commission du Développement durable travaillent régulièrement sur la problématique climatique et nous essayons d’y apporter des solutions pragmatiques et efficientes.


Cette Proposition de résolution transpartisane en est encore un bel exemple. L’écologie ne devrait pas avoir de couleur politique, mais devrait se contenter d’être intelligente et de s’insérer dans les politiques publiques notamment.


Le Groupe Les Indépendants défend une écologie libérale. Une écologie de progrès et d’efficacité qui s’attache à ce que le remède ne soit pas pire que le mal. Nous pensons que la solution réside dans la recherche et l’innovation, dans l’investissement et dans les technologies d’avenir.


Pour cela nous devons déployer des moyens importants et choisir notre ligne de conduite comme l’évoque au sujet de l’énergie l’étude récente de RTE.


Notre consommation électrique, due à de nouveaux usages, est amenée à augmenter fortement. Un mix équilibré est nécessaire, entre énergie renouvelable et nucléaire.


Il semblerait qu’au niveau des énergies renouvelables, si la recherche continue à progresser, l’hydrogène et le solaire semblent tenir la corde.


A ce titre, je renouvelle l’appel fait sur l’inclusion de la filière nucléaire dans la taxonomie verte européenne. Les investissements sont nécessaires dans ce domaine et la finance verte, elle aussi, doit être ancrée dans la réalité.


Nous devons faire de la crise que nous traversons une relance efficace qui serait un outil au service des transitions. Nous sommes tous responsables à notre niveau de faire vivre ces transitions.


Les collectivités ont un rôle primordial à jouer, ce que rappelle cette résolution.


Cette COP 26, tant attendue, symbole d’un multilatéralisme indispensable est aussi porteuse d’inquiétude.


En Écosse, comme l’a salué cette PPR, nous verrons le retour des États-Unis, pays fortement émetteur et donc partenaire indispensable dans le processus de décarbonation du monde.


Mais la coopération oblige à ce que tout le monde soit présent autour de la table et nous ne pouvons que déplorer l’absence des dirigeants de certains pays émergents.


Plus grave encore, l’absence de la Russie et de la Chine, respectivement 1er et 4e plus gros émetteurs mondiaux de CO2.

Ces absences ne sont pas seulement dues à la pandémie mondiale que nous vivons, mais nous connaissons tous depuis longtemps leur grand sens de la solidarité internationale !


Les enjeux climatiques se retrouvent ainsi prisonniers des tensions géopolitiques, et parfois aussi internes. C’est un peu le serpent qui se mord la queue, quand on entrevoit les tensions internationales que provoqueront, et provoquent déjà, les crises climatiques.

Les nuages noirs s’amoncellent dans le ciel de Glasgow.


En lien, et pour terminer, il nous paraît essentiel de permettre aux pays en développement d’accéder à l’énergie et à la neutralité carbone et de les aider dans cette transition. C’est un combat mondial et commun qui doit être mené. Nous serons tous touchés par les conséquences du dérèglement climatique si nous n’agissons pas intelligemment et avec pragmatisme.


Notre situation géopolitique, politique et économique pourrait être bouleversée de manière irréversible.

Je pense notamment aux forts mouvements de populations qui se produiront très certainement ; ainsi qu’aux potentiels problèmes d’approvisionnement alimentaire.

Certaines résolutions, qui partent de bonnes intentions, comme le programme européen « Farm to Fork » peuvent avoir des conséquences catastrophiques sur les échanges mondiaux et sur les cours des céréales.


15 à 20% de production en moins, et dans le même temps un continent africain qui doublera sa population à horizon 2050, entrainerait des mouvements migratoires que nous ne pourrions plus ni endiguer, ni absorber. On n’arrête pas un peuple qui a faim.


La France et l’Union européenne doivent rester chefs de file, comme le conclue cette PPR. Mais, je rappelle que, malgré nos objectifs ouvertement exprimés avec le pacte vert européen, nous ne représentons que 10 % des émissions mondiales. Nous ne pouvons et nous ne pourrons rien seuls !


Le Groupe Les Indépendants partage la majorité des points de cette PPR et votera donc à l’unanimité en sa faveur.

Interventions au Sénat