Pierre MÉDEVIELLE : Lutter contre la pollution plastique

11 mars 2021


Proposition de loi visant à lutter contre la pollution plastique (Ordre du jour réservé au Groupe SER)


Monsieur le Président,

Madame la Ministre,

Madame la Rapporteure,

Monsieur le Président de la Commission,

Mes chers Collègues,


La lutte contre la pollution plastique sera l’un des grands enjeux de notre siècle. Alors qu’il a grandement facilité notre vie et reste parfois incontournable, particulièrement pour les dispositifs médicaux comme les poches de sang. Certains plastiques sont aujourd’hui, synonyme de menace pour la santé humaine, les écosystèmes et notre environnement.


Membre de l’OPECST, je salue la proposition de loi que nous étudions, qui émane d’un rapport de l’Office et qui vient combler certaines lacunes identifiées. Je salue aussi bien sûr, la modification du titre, comme la plupart de mes collègues, de la proposition que nous avons votée en commission ; la formule « lutte contre la pollution plastique » me paraît beaucoup plus appropriée.


Il est important de travailler avec les industriels, les producteurs et les secteurs consommateurs de plastique afin de les aider à une transition vers des matériaux toujours plus recyclables. Il faut poursuivre la recherche pour trouver des matériaux alternatifs et propres.


Ainsi, j’accueille très positivement l’interdiction à l’horizon 2026 de l’utilisation de granulés plastiques dans les installations de terrains de sport synthétiques. Grâce à des alternatives nous allons pouvoir avoir un impact significatif. Je salue également l’interdiction de microbilles plastiques dans les détergents. Cela est d’autant plus important qu’elles sont très souvent directement évacuées dans nos canalisations avec les conséquences que l’on connait. Il n’est plus possible de les retrouver sur nos plages et dans nos eaux.

En parallèle, il faut continuer à développer les filières qui s’occupent du recyclage du plastique encore insuffisant chez nous.


Créer un cercle vertueux autour d’un plastique moins polluant et utilisé seulement dans les cas nécessaires. Cela paraît être cohérent avec la réalité actuelle et les enjeux environnementaux.


Nos citoyens se sentent concernés. Notre prise de conscience se poursuit. Je vais vous livrer une anecdote personnelle. Pharmacien de profession, lors de l’interdiction en France des sacs en plastique, je pensais au départ que les contraintes seraient difficilement surmontables et le coût très important. Mais, le recours à des sacs réutilisables en papier ou en tissu s’est très bien déroulé et est désormais ancré. C’est une belle victoire que n’ont pas atteinte d’autres pays.


Nos habitudes changent et sont plus vertueuses, nous devons continuer sur cette voie. C’est pourquoi, je trouve cruciale la discussion ouverte en Commission par notre rapporteure sur les contenants réutilisables et consignés dans le domaine de la livraison des repas.

Là encore l’industrie et les industriels se montrent ouverts, comme c’est souvent le cas. Ils sont conscients des enjeux et des transformations à venir. Notre rôle de législateur est de les accompagner et les encadrer dans cette transition nécessaire.


Je souhaite m’impliquer dans ces réflexions, en prévision du projet de loi luttant contre le dérèglement climatique.

Comme je l’avais fait lors des discussions de la loi Egalim, en tant que rapporteur, sur l’interdiction des pailles en plastique et le recours trop systématique aux bouteilles en plastique dans la restauration collective. La qualité de l’eau est excellente dans beaucoup de nos départements, ressortons les cafares de verre !

Nos océans, nos mers, nos forêts, nos villes et notre biodiversité meurent de la pollution des bouteilles plastiques.


Cette proposition complèterait des dispositifs mis en place. Cependant, un travail plus important doit être mené à différentes échelles et avec des acteurs impliqués. Nous devons faire plus que de l’affichage.

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