Vanina PAOLI-GAGIN : Débat - Impact de la politique du gouvernement sur l'énergie / pouvoir d'achat

02 février 2022


Débat d’actualité sur le thème : "Énergie et pouvoir d'achat : quel impact de la politique du Gouvernement ?"

Monsieur le Président,

Monsieur le Ministre,

Mes chers Collègues,


En 2020, le monde s’est arrêté. Le trafic aérien a chuté de 66 %. Le prix du pétrole s’est tant réduit qu’il est devenu négatif : le baril de Brent – je vous le rappelle – s’est échangé à cette période à - 38 dollars. La lutte contre la pandémie a gelé l’activité humaine.


Comment croire que moins de deux ans plus tard, nous soyons confrontés à une flambée des prix de l’énergie ? Il s’agit en vérité du revers d’une même médaille. Une médaille très positive.


Parce que des vaccins efficaces ont été mis au point et que le virus a muté à priori moins dangereusement. Ces derniers temps, nous avons pu vivre à nouveau à peu près normalement, nous avons reprendre le chemin du travail. La reprise économique, entrainant une forte demande, a renchéri le prix de nombreuses matières premières, et notamment ceux de l’énergie.


Tout au long de cette crise sanitaire qui se poursuit, le Gouvernement et le Parlement ont travaillé à protéger au mieux la santé de nos concitoyens. Nous avons également veillé à préserver le tissu économique de notre pays, pour amortir le choc de la pandémie dans nos territoires.


Ces mesures de soutien indispensables pour bon nombre d’acteurs présentent toutefois de sérieux biais. Elles favorisent l’inflation et augmentent la dette de notre État. Deux épées de Damoclès L’inflation et la dette sont deux épées de Damoclès qui menacent l’ensemble de nos concitoyens.


Le chemin de crête est étroit car l’énergie est l’un des postes de dépenses – ça a été rappelé – les plus importants de nos concitoyens. Nous avons tous en mémoire – je pense – les conséquences teintées de jaune fluo de la hausse de la fiscalité sur les hydrocarbures en 2018.


Parce qu’ils en ont besoin pour se chauffer, pour se déplacer, pour travailler, nos concitoyens sont à la merci des variations du prix de l’énergie. Ne rien faire, c’est prendre le risque de ralentir la reprise et de laisser nombre de nos concitoyens en difficulté. Compenser les hausses, c’est quand même, tirer davantage sur l’élastique déjà bien tendu de nos finances publiques.


Depuis décembre et jusqu’en février, les moins aisés reçoivent un chèque inflation de 100 euros. Il y a quelques jours, le Gouvernement a annoncé une revalorisation du barème de l’indemnité kilométrique de 10 %, au bénéfice de quelques 2,5 millions de foyers français.


Ces mesures visent à contrer les effets d’une inflation que nous espérons tous provisoire, et s’adressent à ceux qui en ont le plus besoin.


Turgot, dont la statue nous surplombe, nous regarde depuis quelques temps, je pense avec un peu plus de sévérité. La santé de nos finances publiques le préoccupe. L’État ne peut pas tout, il ne faut donc pas tout attendre de lui. Turgot disait qu’« Un des plus grands obstacles à l'économie [des finances publiques] est la multitude des demandes dont [Louis XVI était] continuellement assailli, et que la trop grande facilité de ses prédécesseurs à les accueillir a malheureusement autorisées ».

S’il nous faut agir face à l’urgence actuelle, nous devons également regarder avec lucidité ce que le futur nous réserve. La fin du recours aux énergies fossiles et le dérèglement climatique vont probablement encore renchérir les prix de l’énergie.


Cette perspective doit nous inciter à travailler et à investir davantage dans la recherche et le développement de solutions alternatives. Le champ des possibles est vaste.


Nous devons œuvrer à produire plus efficacement une énergie plus durable. Nous devons étudier attentivement les moyens de renforcer l’efficacité énergétique de nos bâtiments, notamment via la rénovation thermique mais aussi grâce à l’autoconsommation collective, au stockage et nous devons faire de même avec nos véhicules.


La transition écologique est une nécessité au regard du dérèglement climatique. Il est aussi essentiel que notre pays cultive et renforce sa souveraineté dans ce domaine.


« Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l'opportunité dans chaque difficulté » nous disait Sir Winston Churchill. Nous pouvons faire le choix de voir dans le défi climatique d’immenses opportunités de développement pour notre économie.


Le Gouvernement a annoncé des investissements considérables dans le cadre du plan 2030. Certains concernent des filières d’avenir comme l’hydrogène vert, la décarbonation de notre industrie ou encore la production du premier avion bas-carbone. Je vais, dans l’Aube, continuer à soutenir les projets en ce sens.


Le Groupe Les Indépendants est attaché à la bonne gestion des finances publiques. Si les mesures conjoncturelles sont incontournables, il faut veiller à ne pas les multiplier. Nous pensons en effet que les fonds publics sont bien mieux employés lorsqu’ils sont investis dans des secteurs novateurs, susceptibles de contribuer à la souveraineté de notre pays et au développement de son économie.


Si la France conçoit les technologies durables de demain, nos finances publiques et le pouvoir d’achat de nos compatriotes s’en ressentiront favorablement.

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