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Dany WATTEBLED : Débat après la déclaration du Gouvernement relative aux innovations numériques

Mis à jour : mai 29


Monsieur le Président,

Madame la Ministre,

Monsieur le Ministre,

Concernant l’application de traçage des cas contacts, la France a fait le choix d’une architecture centralisée. Les informations issues des téléphones remonteront à un serveur qui sera chargé de les traiter. Afin, de notifier aux personnes concernées qu’elles ont été en contact avec une personne qui s’est signalée malade.

Cette solution, également choisie par le Royaume-Uni, a cependant fait l’objet d’une opposition de la part de Google et Apple. Ces derniers, qui détiennent ensemble le monopole des systèmes d’exploitation de smartphones, ont fait pression pour que les applications de traçage utilisent une architecture décentralisée : c’est-à-dire que les informations restent sur les téléphones et ne soient pas stockées sur un serveur central.

L’Allemagne, suivie en cela notamment par la Suisse et l’Italie, a accepté de recourir à la solution préconisée par les géants du numérique.

Tous les pays européens n’auront donc pas la même structure d’application, au premier rang desquels, la France et l’Allemagne. Cette division au sein du couple franco-allemand nous interpelle. Car ces applications ont vocation à être utilisées à travers l’Europe, dès que les frontières auront rouvert, au sein de l’espace Schengen.

Monsieur le Ministre, ma question est double et porte sur ces différences d’architecture : ne seront-elles pas un obstacle à l’interopérabilité des différentes applications nationales ?

Par ailleurs, Monsieur le Ministre, pouvez-vous nous dire également quelles sont les différences en matière de cyber-sécurité ? Y a-t-il une architecture plus vulnérable que l’autre ?


M. Cédric O, secrétaire d'État chargé du numérique


Je partage votre regret. Il est vrai que les chemins européens ont divergé, non pas pour des raisons techniques, mais pour des raisons politiques.


Il y a peu de chance que les solutions nationales centralisées et décentralisées soient interopérables. Il faudra alors télécharger l'application du pays où l'on arrive. C'est dommage pour l'Europe numérique. Mais l'histoire n'est pas finie : je viens de publier, avec mes homologues allemands, italiens, espagnols et portugais, une tribune très fine vis-à-vis d'Apple et de Google.


Nous travaillons, monsieur le président Retailleau, sur une troisième voie pour trouver une solution européenne. Pour l'Anssi et l'Inria, ainsi que des chercheurs opposés au tracing, la solution décentralisée est plus facile à attaquer.



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