Franck MENONVILLE : Débat - Bilan de la politique éducative française

22 février 2022


Débat visant à dresser un bilan de la politique éducative française

Merci Madame la Présidente.

Monsieur le Ministre,

Mes Chers Collègues,


L'Éducation nationale est le premier poste budgétaire de l'État et la nation mobilise 110 milliards d'euros. Cependant, nos classements PISA et OCDE ne reflètent pas nos efforts financiers. Ils mettent en exergue un déclin général du niveau des études.


En effet, nous sommes classés 23ème en lecture et en compréhension de texte. Ne parlons pas de l'effondrement du niveau de français, en orthographe, en histoire, en géographie ou en langues vivantes. Pire, la France est en-dessous de la moyenne de l'Union européenne et des pays de l'OCDE, notamment en mathématiques.


Les réformes se sont succédées à un rythme soutenu depuis plusieurs décennies. Mais leur avons-nous laisser le temps de déployer tous leurs effets avant de réformer à nouveau ?


Il faut parfois des années pour en dresser le bilan.


Cette frénésie législative complique le quotidien de nos enseignants.


Force est de constater qu'aujourd'hui, le métier d'enseignant est de moins en moins attractif. Le mauvais rendement des concours avec le manque de candidats dans les disciplines majeures et les vagues de démissions de ces dernières années en sont les éléments révélateurs.


Octroyer davantage d'autonomie pédagogique à nos enseignants et de flexibilité pour leur permettre de s'adapter aux besoins des élèves permettrait de renforcer à la fois l'attractivité des métiers et la qualité de l'enseignement en libérant les énergies.


Le système éducatif des pays nordiques repose en grande partie sur cette autonomie des professeurs, notamment pour organiser leur travail. Les classes y sont moins nombreuses et permettent ainsi une meilleure adaptation des méthodes.


Ce système éducatif semble faire ses preuves puisqu'il est en tête des classements PISA.


Monsieur le Ministre, l'inquiétude est à la mesure des enjeux. Quelles sont vos marges de manœuvre sur le sujet ? Et pourquoi ne pas s'inspirer de ce système nordique qui fonctionne !


Réponse de Jean-Michel Blanquer – ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports


Merci Madame la Présidente.

Monsieur le Sénateur Menonville,


Votre question est l'occasion peut-être de donner un vent d'optimisme sur nos débats. Je sais bien que le débat peut consister aussi à mettre en question le bilan du Gouvernement, mais à la fin, ce dont il s'agit, c'est de l'école de France et bien entendu qu'elle a des faiblesses et encore des limites. Je suis le premier à le dire. Mais ce que l'on doit dire et regarder en premier, c'est les progrès qui existent bel et bien. Et ne décrivons pas de façon, je dirais, routinière ce qui se passe.


Ce que je prétends sur la question des évolutions de l'école primaire, c'est que précisément, le fait d'avoir eu 5 ans pour avancer permet d'éviter les zigzags dont vous avez parlé à juste titre. Il n'y a pas eu de zigzag depuis 5 ans. Il y a une politique très claire en français, en mathématiques. Il y a un plan : ce plan il s'accompagne de références pédagogiques élaborées par un conseil scientifique de l'Éducation nationale. Il y a eu le dédoublement des classes, qui est une mesure phare ; les évaluations de début d'année qui nous permettent d'être le seul pays au monde à avoir une telle vision précise du niveau de nos élèves et donc de pouvoir savoir quand il y a des régressions et des progrès. C'est comme ça qu'on sait que sur 32 items en français et en mathématiques, on a progressé sur 26 items au cours de ce quinquennat.


Et donc, on a une politique cohérente, dont j'espère bien que le sillon sera creusé et qu'on aura donc pas de nouveaux zigzags parce que c'est sur plusieurs années que tout ceci se passe. On a eu une politique de formation ambitieuse, ce qu'on appelle le plan français et le plan mathématiques, et maintenant, le plan sciences. Ça consiste à avoir des formations qui correspondent à ce que vous souhaitez.


Et on s'est inspiré du Québec en particulier ou de pays scandinaves parce que ce ne sont pas des formations verticales. C'est des formations où les professeurs disent de quoi ils ont besoin. Et on essaye de répondre à ces besoins précisément pour être dans quelque chose qui laisse pleine force et liberté aux acteurs.


Alors oui, les évolutions du système doivent correspondre à un équilibre entre les éléments d'unité qui sont souhaitables dans notre système, mais aussi les éléments de liberté des acteurs. C'est ce que nous nous sommes efforcés de faire, et je le dis, et je le répète, avec de premiers résultats à l'école primaire.


Monsieur le sénateur Brisson, je sais que vous avez envie de peindre les choses en gris. C'est sans doute parce que vous avez une envie politique de dire des choses comme ça. Mais si vous aimez la France, et son école, essayez de regarder aussi les leviers de progrès.


Merci.

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