Alain MARC : Débat sur l'opération Barkhane - bilan et perspectives ? 2/2

09 février 2021


Débat sur l'opération Barkhane : bilan et perspectives ? (demande de la Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées)


Alain Marc a interrogé la ministre des Armées, Florence Parly.

Madame la Ministre,

Monsieur le Ministre,

Mes Chers Collègues,


Nous avons assisté en 2020 à de grands bouleversements. La pandémie a causé de nombreux morts. Elle a aussi entraîné de graves conséquences économiques. La France a vu son PIB reculer de 8 % l’année dernière. Les conséquences de la crise continueront de se faire sentir dans les prochaines années.


Parallèlement, la situation internationale connaît toujours un climat de tension, dans lequel les menaces se multiplient et changent de formes. Plusieurs États se sont montrés agressifs à l’égard de l’Europe et de la France et nous avons aussi constaté le développement d’organisations non-étatiques hostiles.


Le monde de demain ne sera pas moins dangereux que celui d’hier. Face à cela, de nombreux pays, dont la France, ont choisi d’augmenter significativement leur budget militaire. Boris JOHNSON a également annoncé que son pays allait investir 2,2 % de son PIB dans sa défense pour les quatre années à venir.


Le Parlement a soutenu l’adoption de la loi de programmation militaire portée par le Gouvernement afin de redonner à nos militaires les moyens d’assurer la sécurité de la France dans de bonnes conditions. Cette loi doit cependant faire l’objet d’actualisations, dont l’une doit être mise en œuvre avant la fin de l’année 2021, comme le précise l’article 7.


L’opération Barkhane nécessite un budget de plusieurs centaines de millions d’euros qu’il faudra maintenir malgré la dégradation de la situation économique de la France.


La France ne peut cependant pas assumer seule la défense de l’Europe hors de nos frontières. Les pays membres de l’Union européenne semblent encore bien loin d’avoir pris conscience de la nécessité de parvenir à une autonomie stratégique commune, même si comme l’a dit Madame la Ministre, certains participent. L’unanimité sur le sujet paraît inatteignable. Sur Barkhane comme sur les autres aspects de la défense commune, encore plus à l’heure du départ des britanniques, comment le Gouvernement et le Président de la République comptent-t-ils faire progresser la défense de l’Europe dans l’avenir ?


Réponse : Mme Florence PARLY – Ministre des Armées

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Sénateurs, Monsieur le Sénateur,

C’est vrai que lorsque nous avons engagé les travaux de préparation de la loi de programmation militaire il y a bientôt 3 ans, nous avons mené une analyse des menaces auxquelles nous étions confrontés, que ces menaces n’ont pas faibli et d’ailleurs, j’aurai l’occasion, si votre Président de Commission m’y invite, de venir présenter à votre commission, les travaux d’actualisation que nous avons conduits récemment et qui viennent d’être publiés.


La réponse à cette menace, elle est bien sûr dans la préparation de nos armées qui est sous-tendue par cette loi de programmation militaire mais elle est aussi dans la construction de partenariats et, à la veille de la Présidence française de l’Union européenne, il est certain que nous devons continuer à encourager les européens, à prendre conscience de leur environnement et du fait que leur environnement n’est pas nécessairement pacifique et qu’il existe des menaces auxquelles il faut pouvoir répondre.


Alors, bien sûr, nous sommes dans un contexte où il y a encore un certain nombre de points d’interrogation. Le Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères a mentionné tout à l’heure le fait que, il y a une nouvelle administration américaine et que ceci, peut avoir une influence sur la manière dont nos partenaires européens vont répondre à ce besoin d’une Europe de la défense plus structurée, plus puissante.


Nous comptons bien pendant les quelques mois qui nous restent avant le début de cette Présidence française, continuer à promouvoir ces notions d’autonomie stratégique, de souveraineté européenne, car l’expérience récente nous a appris que même si notre partenaire américain se réengage dans un cadre multi-latéral, il est important que nous apportions, en tant qu’européens, la démonstration que nous sommes engagés pour défendre notre sécurité et celle de nos concitoyens.

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