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Daniel CHASSEING : Débat sur la crise du système de santé

11 janvier 2023


Débat sur la crise du système de santé


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Monsieur le Président,

Madame la Ministre,

Mes chers Collègues,


Je voudrais tout d’abord saluer le travail des soignants, que ce soit en ville, en médico-social ou à l’hôpital. Ils font un travail remarquable dans des conditions difficiles.

Depuis de nombreuses années maintenant, le monde de la santé fait face à de graves difficultés. La pandémie en a révélé et aggravé les contraintes qui pèsent sur notre système, ceci malgré une augmentation importante de l’ONDAM 4 % cette année et 57 milliards depuis 2017.


Nous sommes maintenant à un tournant. Nous ne pouvons plus laisser notre système de santé se dégrader davantage. Et avec vous, Madame la Ministre, nous devons trouver des solutions pour remédier à la situation.


A la croisée des nombreuses difficultés que connaît notre système se trouvent les services d’urgence. Leur état d’engorgement est alarmant et mon propos ira dans ce sens.


Alors que l’État doit pouvoir apporter des soins sur l’ensemble du territoire, les urgences sont aujourd’hui devenues le dernier rempart médical pour un nombre important de nos concitoyens.


Il est cependant essentiel que ces services restent focalisés sur les cas graves, et ne pas être embolisées par simplement des soins non programmés qui n’ont pas trouvé de médecins


Pour qu’ils puissent accomplir au mieux leur mission, les services d’urgence doivent être tout d’abord, préservés en amont par une régulation efficace. (En Corrèze, 10% de plus de personnes sont allés aux urgences en 2022, après un doublement depuis 20 ans). La régulation doit permettre de distinguer ce qui relève de l’urgence et ce qui n’en relève pas.


Une bonne régulation doit aussi réorienter. A cet égard, il me semble indispensable que les médecins de ville, qui auront à leur disposition des IPA, qui auront des assistants médicaux, cela pour libérer le temps de travail, acceptent de réaliser davantage de soins non programmés, notamment ceux qui auront été réorientés depuis les services d’accès aux soins (SAS) qui sont à côté du médecin régulateur.


Ces soins pourraient être assurés, effectivement, dans le cadre d’une CPTS (Communauté Professionnelle Territoriale de Santé) avec des maisons de santé pouvant être à tour de rôle de garde pour prendre en charge les soins non programmés.


Il convient également de soulager les services d’urgence en aval. Une fois la situation médicale du patient stabilisée, il faut le transférer hors des urgences – alors là, le problème arrive ! –. Il est très fréquent que les autres services hospitaliers, devenus hyperspécialisés, refusent d’accueillir un patient qui ne relève pas de leur spécialité.


Les services d’urgence n’ont pourtant pas d’autres moyens de conserver ces patients sans mettre en péril l’exercice de leur mission. Il faudrait mettre en place des services de soins polyvalents en aval, destinés à accueillir des patients qui doivent être hospitalisés.


Pour cela Madame la Ministre, il faut trouver les moyens de rouvrir des lits. Beaucoup de lits ont été fermés pour cause de manque de personnel ces dernières années. Pour les médecins la suppression du numerus clausus – bon j’en parle pas – ça sera seulement après 2030.


Mais actuellement, on peut faire les choses pour avoir davantage d’infirmières et d’aides-soignantes. D’ailleurs, ce besoin ne fera que croître avec le temps, au fur et à mesure que la population deviendra plus dépendante notamment en augmentant entre 2020 et 2030.


La prévention sera nécessaire mais aussi la prise en charge de nos aînés et actuellement, la prise en charge est minutée dans les EHPADs et ça décourage les soignants. Le plan Grand Âge doit se mettre en place rapidement avec les 50 000 emplois annoncés par le Ministre Monsieur Combe.


Il faut aussi un plan massif de formation. La Validation des Acquis de l’Expérience semble être une bonne piste.


D’autre part, depuis le PLFSS, les étudiants devront effectuer une quatrième année d’internat auprès d’un maître de stage. Il n’y en a pas partout et je suggère que les 6 derniers mois puissent se réaliser auprès d’un médecin référent pour irriguer tous les territoires. Le médecin référent connaît bien la patientèle et est tout à fait apte à conseiller et orienter. D’autre part, un médecin en dixième année, qui est thèsé, médecin sénior, doit être payé comme un remplaçant, c’est-à-dire 10 consultations par jour maximum.


Donc les défis que nous devons relever sont nombreux. Madame la Ministre, nous devons ensemble, le plus rapidement possible, résoudre les problèmes en amont et en aval des urgences et embaucher massivement des infirmières et des aides-soignantes ; cela pour effectivement, prendre en charge les personnes qui arrivent aux urgences.


Un aménagement de la quatrième année est obligatoire pour irriguer tout le territoire mais aussi bien sûr, comme ça a été dit, aider les collectivités à embaucher des médecins salariés et aussi la téléconsultation peut apporter quelques services.

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