Franck MENONVILLE : Pour un élevage éthique, justice socialement et soucieux du bien-être animal

26 mai 2021


Proposition de loi pour un élevage éthique, justice socialement et soucieux du bien-être animal

Madame la Présidente,

Monsieur le Ministre,

Madame la Rapporteure,

Madame la Présidente de la Commission,

Mes Chers Collègues,


Je tiens tout d’abord à saluer le travail mené par notre collègue Esther BENBASSA, en lien avec Madame la Rapporteure de la Commission des Affaires économiques, Marie-Christine CHAUVIN. Elles ont mené un travail complet, en consultant les acteurs des filières.


Cette proposition de loi nous permet d'ouvrir un débat important, en discutant d’options concrètes, et pas seulement d’idées abstraites et je le dis au nom de mon Groupe Les Indépendants : nous partageons les préoccupations de notre collègue pour valoriser le travail des éleveurs et améliorer le bien-être animal. Mais, vous vous en doutez, je ne partage pas et nous ne partageons pas pour autant les mesures proposées.


Avant d’exposer les raisons de notre désaccord sur ce texte, je tiens à saluer les efforts continus qui ont été fournis par nos agriculteurs, pour adapter leurs méthodes de travail aux nouvelles préoccupations et attentes sociétales et environnementales. Toutes ces évolutions vont dans le bon sens.


D’ailleurs, la France s’inscrit dans une dynamique européenne. Partout sur le continent, nos agriculteurs s’adaptent pour mieux prendre en compte les attentes des consommateurs, en matière de sécurité alimentaire et de protection de l’environnement et du bien-être animal.


L’agriculture française, il faut le dire et le marteler, est l’une des plus durable au monde. Sur bien des aspects, nous sommes en avance, et nous pouvons en être fiers. Mais nous aurions tort de réfléchir dans un cadre franco-français.


Car notre agriculture doit aussi veiller à rester compétitive, en évitant de faire émerger des distorsions de concurrence entre pays européens notamment. C’est en conquérant des marchés à l’international et en réalisant des investissements productifs, que notre agriculture pourra conserver son excellence, sa robustesse et contribuer pleinement à la souveraineté et la sécurité alimentaires de la France.


Si nous décidons de faire peser de nouvelles contraintes sur nos agriculteurs, de façon franco-française, cela atterrera irrémédiablement la compétitivité de notre agriculture et risquera de laisser davantage encore la place à des produits importés qui ne respectent pas toujours nos valeurs.


Alors, soyons cohérents : n’importons pas ce que nous ne nous autorisons pas à produire. Il faut donc travailler au niveau européen pour avancer de façon collective et concertée, mais aussi au sein des accords internationaux.


Le Sénat travaille depuis longtemps à soutenir les évolutions de notre agriculture, en lien avec les préoccupations de nos concitoyens, ce fut le cas durant l’examen de la loi EGALIM. Lors du dernier budget également, nous étions nombreux à soutenir la modernisation des abattoirs et des élevages dans le cadre du Plan de relance. Cela donc nous montre que nous pouvons améliorer nos performances économiques en y intégrant le bien-être animal.


En conclusion, je rappellerai que nous devons aussi nous préoccuper du bien-être des éleveurs qui aiment leurs animaux. Leur métier est difficile et exigeant. Il leur faut beaucoup de passion pour l’exercer. Qu’ils soient donc aujourd’hui remerciés et honorés dans cet hémicycle.

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