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Jérôme BIGNON : Question sur la gestion des autres maladies et prévention hors Covid-19


Monsieur le Ministre, Alors que le confinement semble produire ses premiers effets et autorise un optimisme prudent, les professionnels de santé s’alarment de la désertification de leurs cabinets. Le directeur de la CNAM, a observé un recul de 40 à 50% de la consommation des soins, aussi bien en médecine générale que dans différentes spécialités. Vous l’avez-vous-même souligné récemment. La filière cancérologie est particulièrement touchée. Dans la Somme, aucun dépistage de cancer du sein n’a été effectué depuis le début du confinement. De nombreux patients renoncent à se rendre aux urgences par peur de la contagion. Le Président des chirurgiens de l’AP-HP a observé une chute de 74% des appendicectomies dans les établissements parisiens. Les victimes d’AVC, d’infarctus, les malades du diabète mais également les personnes atteintes de troubles psychiatriques voient leur état s’aggraver. De nombreux praticiens appellent à une réévaluation de l’urgence des soins déprogrammés. La rupture dans la continuité des soins est particulièrement dommageable pour les personnes âgées et ou handicapées. Faute d’équipements de protection suffisants, les aides à domiciles n’assurent plus les soins courants pour ces personnes. Dans les maternités, le dépistage néo-natal, réalisé au troisième jour après la naissance et permettant une prise en charge précoce de cinq maladies graves, est désorganisé faute de portage postal efficace. Des retards de vaccination sont aussi observés chez les nourrissons et les jeunes enfants. Monsieur le Ministre, une nouvelle vague de mortalité différente cette fois pourrait également se dessiner. Pourriez-vous dresser un bilan de l’impact sanitaire du renoncement aux soins mais aussi nous dire ce que vous pensez de cet extraordinaire paradoxe ; nos compatriotes ne se soignent plus assez pour beaucoup de maux qui sont fondamentaux et se précipitent de façon déraisonnable me semble-t-il sur la nicotine à la moindre rumeur, alors que diabète, hypertension, vaccins devraient se soigner ; ils préfèrent discuter de la nicotine. Y a-t-il un bénéfice à choisir ce nouveau sujet de conversation ?

Olivier VERAN - Ministre des solidarités et de la santé

Oui, nous sommes inquiets : certains malades ne se soignent plus, certains ne se dépistent pas. C'est pourquoi nous multiplions les messages : aller voir son médecin est un motif dérogatoire bien légitime de sortie ; nous développons la télémédecine, déjà plus d'un million de téléconsultations. Nous invitons les médecins à contacter leurs patients quand ceux-ci ne se manifestent pas. Une équipe française de chercheurs a publié un article pour rendre compte d'une étude observationnelle. Le nombre de fumeurs parmi les malades du Covid-19 semble faible. Mais attention ! Le tabac tue 70 000 personnes par an, soit plus que le virus. Il pourrait néanmoins être intéressant de savoir comment la nicotine peut être un marqueur de résistance à la maladie. Une personne qui met un patch sans être fumeur va le sentir tout de suite : vomissements, malaise, étourdissements... Ce n'est pas un traitement ! Je mets en garde contre ce type d'automédication, avec un produit addictif qui plus est. Cela n'implique pas qu'il faille fermer la porte à une étude de ce type.

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