Jean-Louis LAGOURGUE : QAG - Les aides pour le monde agricole à La Réunion

23 février 2022


Question d'actualité au Gouvernement

Merci Monsieur le Président.

Monsieur le Ministre,


En l'espace d'un mois, La Réunion aura connu deux épisodes cycloniques particulièrement intenses, avec pour conséquences principales de sérieux dommages pour les infrastructures agricoles du territoire.


Alors que l'île se trouve dans un contexte économique très contraint en raison notamment de la persistance de la crise sanitaire, le passage des cyclone Batsirai, il y a quelques semaines, puis Emnati ce week-end, a plongé le monde agricole de La Réunion dans une nouvelle situation inquiétante.

Les pertes se chiffrent aujourd'hui à plus de 47 millions d'euros. À l'échelle de l'île, ce sont près de 1 000 hectares qui ont été ravagés par la violence de ces cyclones. Derrière ces chiffres se cachent évidemment des pertes de revenus et de trésorerie pour des exploitants, des exploitants dont les finances sont déjà très tendues.

Face à la situation, l'État a répondu présent – ceci mérite d'être souligné - par l'intermédiaire du Ministre des Outre-Mer, qui a déclenché rapidement la procédure de reconnaissance de catastrophe naturelle. Je salue cette réactivité du Gouvernement en espérant que l'ensemble du territoire, soit les 24 communes, bénéficient de cette reconnaissance de calamité agricole.

Cependant, il est à mon sens indispensable que l'État aille plus loin dans la démarche en mettant en place des mesures d'aides complémentaires, qui permettent au monde agricole de panser ses plaies et de relever rapidement la tête.

Je souhaitais donc savoir, Monsieur le Ministre, si une suite favorable sera accordée à la demande des agriculteurs réunionnais, de pouvoir bénéficier, par exemple, d'une prolongation des mesures liées à la COVID comme le PGE, ou de la mise en place d'un fonds d'aide exceptionnel d'urgence.

Je vous remercie.

Réponse de Sébastien Lecornu – ministre des Outre-Mer


Merci Monsieur le Président du Sénat,

Mesdames, Messieurs les Sénateurs,

Monsieur le Sénateur Lagourgue,

J'étais effectivement il y a quelques jours à La Réunion faisant suite au cyclone Batsirai, et malheureusement un deuxième cyclone a frappé l'Île de la Réunion et cette partie de l'Océan Indien.

Et fort heureusement, il faut démarrer par-là, il n'y a pas eu de victimes parmi nos concitoyens, il n'y a pas eu de victimes et les dégâts matériels sont importants, et vous l'avez souligné, ce sont les agriculteurs qui payent le tribut le plus important à ces catastrophes climatiques.

Votre question était donc directe. Je répondrai de manière très directe.

Sur les agriculteurs, nous allons faire quatre choses. La première des choses, Monsieur le Sénateur, c'est de réduire tous les délais d'instruction. On le sait classiquement, il faut un an. Nous allons ramener ce délai à cinq mois, ce qui sera le maximum de ce que les services de l'État savent faire en lien avec la Chambre d'agriculture de votre territoire pour instruire les différents dossiers.

La deuxième des choses, c'est que je viens de valider le déclenchement du FSOM, le fonds de secours Outre-Mer, pour 20 communes à La Réunion. Les autres communes vont être étudiées prochainement.


Ce qui va nous permettre de déclencher, c'est la troisième chose, l'ensemble des procédures de calamités agricoles, dès le mois de mars, dans un délai donc particulièrement réduit.


Et enfin, par rapport à votre question sur les problèmes de trésorerie, avec Julien Denormandie et Olivier Dussopt, nous allons passer des instructions aux différents organismes collecteurs de faire preuve de bienveillance sur les différentes échéances pour les cotisations sociales ou un certain nombre de rendez-vous fiscaux pour permettre à ces exploitations de passer ce cap.


Et enfin, oui, nous allons maintenir les prêts garantis par l'État pour les agriculteurs de La Réunion pour leur permettre de passer ce cap de trésorerie qui va être difficile.

La solidarité nationale est là, nous le devons à l'ensemble des Réunionnaises et des Réunionnais, et à leurs agriculteurs, en particulier.


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