Joël GUERRIAU : Partenariat relatif à la sécurité de la Coupe du Monde de football de 2022

15 février 2022


Projet de loi autorisant l’approbation de l’accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de l’État du Qatar établissant un partenariat relatif à la sécurité de la Coupe du Monde de football de 2022

Madame la Présidente,

Madame la Ministre,

Mes chers Collègues,


La Coupe du monde de football est un évènement majeur qui, tous les quatre ans, fait vibrer des millions de personnes. Depuis 2002, le pays organisateur est choisi par un vote de 211 nations, membres de la Fédération Internationale de foot et le pays organisateur est mis sur le devant de la scène et bénéficie de nombreuses retombées.


En 2010, le Qatar a été chargé de l’organisation de la coupe 2022. A l’approche de cet évènement, la France a conclu un accord visant à garantir, par son assistance technique et opérationnelle, un haut niveau de sécurité lors de la Coupe du monde – vous nous l’avez rappelé Madame la Ministre.


Les Jeux Olympiques ou la course du Dakar nous ont rappelé que les évènements sportifs pouvaient être la cible d’attaques. Le Qatar n’a pas été épargné, ces dernières années, par le terrorisme.

La France dispose d’une expertise particulière en matière de sécurisation de grands évènements. Elle a d’ailleurs et notamment prouvé lors de la coupe du Monde de 1998, ses capacités et aussi lors de l’Euro 2016 dans un contexte sécuritaire difficile. Et Paris se prépare à accueillir prochainement la Coupe du monde de rugby et les prochains Jeux Olympiques.


Il est tout à fait judicieux donc que la France propose son assistance au Qatar. Cela contribuera à assurer les meilleures conditions de sécurité lors de l’évènement, mais également, à maintenir et perfectionner l’expertise de nos services compétents.


Nos collègues communistes ont souhaité que nous ayons un débat sur ce texte. Je comprends ce souhait. N’oublions pas que la désignation de la Russie et du Qatar, comme pays organisateurs des coupes du monde pour 2018 et 2022 s’est déroulé dans un contexte de suspicion, de corruption. Le choix du Qatar, en raison des conditions climatiques particulières pose évidemment d’autres questions. Il est inédit qu’un pays arabe puisse organiser un tel événement dans une région qui souffre de conflits armés.


Nos collègues communistes rappellent que diverses sources font état de la mort de plusieurs milliers de travailleurs immigrés au Qatar. Certains étaient employés sur les chantiers des installations destinées à la Coupe du monde. Nous souhaitons que toute la lumière soit faite sur ces décès.


Les conditions climatiques du Qatar sont particulièrement dures pour l’organisme. Le calendrier de la compétition a d’ailleurs été adapté pour cette raison. A l’heure actuelle, beaucoup de ces décès sont identifiés comme résultant de causes naturelles. Il est difficile de l’accepter quand il s’agit d’hommes dans la fleur de l’âge. Ce n’est pas la première fois que ces faits se produisent ; rappelons les scandales de la coupe du monde de 2014 au Brésil qui ont été de même nature. C’est notamment la responsabilité de la FIFA de s’assurer que ces situations dramatiques cessent de se répéter et c’est là un appel que nous pouvons leur faire.


Aucun jeu ne peut valoir la vie d’un homme. La préservation de la vie humaine doit rester la première des priorités.


Certains ont pu appeler au boycott de la compétition. Historiquement, rappelons aussi que le football a renforcé les liens de paix entre les nations en respectant l’identité de chaque pays.


Dans ce contexte le Gouvernement a maintenu une diplomatie d’ouverture sans pour autant transiger sur nos valeurs, ce que nous souhaitons et ce que nous soutenons – et vous l’avez rappelé, Monsieur le Rapporteur. D’ailleurs, il n’a pas été question de boycotter les Jeux de Pékin.


Ces évènements ne sont pas seulement des rencontres sportives. Mais sont des moments d’échanges, des moments où nous pouvons faire rayonner nos valeurs et tenter d’influencer pour le mieux nos homologues. C’est tout à fait l’esprit de l’accord en question : coopérer en faveur de l’intérêt commun.


La participation à un évènement sportif ne signifie pas apporter son soutien à la politique d’un État. La sécurité des travailleurs et la liberté des individus doivent être mieux protégées. Il nous semble en la matière, que les échanges réguliers sont plus à même de faire évoluer les choses dans un sens qui nous paraît favorable.


« Le secret pour gagner : une action après l'autre, une balle après l'autre, un match après l'autre, une saison après l'autre. » disait Luis Fernandez. Nous sommes convaincus que cela vaut également en matière de diplomatie, allons-y pas par pas.


Le Groupe Les Indépendants souhaite que le Qatar protège davantage ces travailleurs immigrés. Mais l’esprit de la coopération porté par cet accord nous conduit à voter en faveur de ce texte.

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