Vanina PAOLI-GAGIN : Débat - Conclusions du rapport "Mieux protéger notre patrimoine scientifique"

01 février 2022


Débat sur les conclusions du rapport "Mieux protéger notre patrimoine scientifique et nos libertés académiques"

Madame la Présidente,

Madame la Ministre,

Mes Chers Collègues,


Certaines vérités sont si évidentes, qu’on a tendance à les oublier. Je veux aujourd’hui en rappeler une : il n’y a pas de grande nation, qui ne soit de nation scientifique.


C’est une conviction que nous sommes ici nombreux à partager : la souveraineté d’une nation se fonde significativement sur ses performances scientifiques, c’est-à-dire sa capacité à découvrir, à créer des savoirs, à les transmettre, et à les convertir en opportunités économiques et en innovations industrielles.


La mission d’information sur les influences étatiques extra-européennes dans le monde universitaire et académique, à laquelle j’ai eu l’honneur de participer, l’a rappelé.


Je remercie notre Rapporteur, notre collègue André GATTOLIN, de placer ce sujet stratégique au cœur de nos débats. Parmi tous les volets abordés, l’un me tient particulièrement à cœur.

Mieux protéger notre patrimoine scientifique et nos libertés académiques, c’est avant tout mieux valoriser la recherche et les chercheurs. La recherche doit redevenir la filière d’excellence qu’elle était, sans quoi nous financerons, sur deniers publics, les futures innovations industrielles des États-Unis et de la Chine.


Mais elle ne doit surtout pas devenir une autoroute, avec son sens unique et ses rares sorties. Au carrefour des universités, des laboratoires, des industries, la recherche se protège aussi en devenant un tremplin vers l’entrepreneuriat et le marché.


À cet égard, la loi de programmation de la recherche a posé un cadre ambitieux. Elle renforce l’attractivité de la recherche, en rehaussant les rémunérations et en donnant aux chercheurs des moyens plus importants pour conduire leurs travaux.


Madame la Ministre, le chemin tracé me paraît bon. Il faut désormais nous y engager à vive allure, et encore plus massivement, pour rester dans la course. Au-delà des crédits votés, quels indicateurs avez-vous mis en place pour évaluer l’attractivité des métiers de la recherche, à court comme à moyen terme ?


Réponse de Frédérique VIDAL – Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation


Madame la Sénatrice Paoli-Gagin,


Vous avez raison, il nous faut réinvestir dans notre recherche pour avoir une recherche d'excellence, pour porter les résultats de cette recherche d'excellence ensuite en termes d'innovation pour la société, puisque c'est l'un des objectifs de la connaissance, et de permettre le progrès et d'améliorer la condition de vie de tout un chacun.


Vous avez rappelé les crédits qui ont été prévus pour cela dans la loi pour la recherche.


Mais au-delà de cela, nous avons aussi les crédits de France Relance. Et cet après-midi encore, j'étais avec le Premier Ministre pour la mise en place du comité de suivi de France 2030, qui associe toutes les parties prenantes : des parlementaires, bien évidemment, mais aussi tous les responsables des entreprises, l'ensemble des collectivités.


Parce que je crois que c'est ensemble que nous devons reconstruire cette souveraineté économique et cette souveraineté industrielle fondée sur la recherche. Travailler aussi beaucoup plus la question des compétences. Évidemment, la question de l'évaluation a été a été abordée pendant cette réunion.


Je crois que ce qui est essentiel, c'est quand on parle d'innovation, de considérer que l'échec n'est pas quelque chose de négatif forcément. Mais il faut le considérer comme une expérience, que l'esprit d'entreprendre que nous développons chez les jeunes étudiants avec les plans "Esprit d'entreprendre", et bien, c'est quelque chose qu'il nous faut évidemment continuer à soutenir.


Mais plus notre nation apparaîtra comme une nation forte scientifiquement, et elle l'est déjà – puisque c'est quand même la France qui a la troisième place mondiale en termes de recherche et d'universités - plus nous serons forts, plus nous risquons aussi d'être atteints d'ingérences. C'est pour cela qu'il faut bien sûr nous en prémunir.


Réplique de Vanina PAOLI-GAGIN


Je voulais juste vous dire que notre Groupe a lancé récemment une mission d’information sur un sujet connexe, pour mieux documenter ce paradoxe si français, qui fait que nous avons effectivement une excellente recherche, comme vous le rappeliez, Madame la Ministre, mais trop peu de nouveaux champions économiques internationaux ou européens.

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