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Claude MALHURET : Question au Premier Ministre Edouard PHILIPPE sur la situation au Venezuela

Mis à jour : 31 déc. 2019


Monsieur le Premier Ministre,

Le Vénézuela possède les plus grandes réserves mondiales de pétrole et son peuple crève de faim. Le dictateur de Caracas emprisonne et assassine. 100 morts ces jours derniers, 600 prisonniers politiques régulièrement torturés. 3 millions de réfugiés. Plus de médicaments. En revanche pour la drogue pas de problème : le plus grand cartel de narcotrafic du monde est supervisé par les militaires vénézuéliens eux-mêmes.

Deux hommes se prétendent aujourd’hui Présidents de la République. Le castro- chaviste Maduro, à l’issue d’une élection truquée dénoncée dans le monde entier, et Juan Guaido, élu, lui, démocratiquement Président de l’Assemblée Nationale.

Maduro, ça n’étonnera personne, est soutenu par les pays ultra- démocratiques que sont la Russie, la Chine, la Turquie, Cuba, l’Iran et la Corée du Nord.

Il est aussi soutenu à fond, en France, par le leader minimo de la France soumise à Cuba, qui repère les dictateurs avec un flair infaillible. Le tyranophile Mélenchon qui dénonce les violences policières à Paris mais supporte sans trop de douleur les centaines de morts à Caracas.

Guaido est reconnu par la quasi-totalité des pays d’Amérique latine, et au total par une vingtaine de pays du monde.

L’Union européenne, qui penche pour Guaido, s’est contentée d’appeler, par ce qu’elle appelle un ultimatum, à de nouvelles élections. Hélas, Maduro a rejeté immédiatement cet « ultimatum » ce qui n’a pour le moment entraîné aucune réaction de l’Europe. Un ultimatum sans conséquences, vous me l’accorderez, Monsieur le Premier Ministre, c’est évidemment un peu fâcheux.

Trois journalistes espagnols et deux journalistes français ont été arrêtés hier à Caracas. On est sans nouvelles d’eux. L’Espagne a exigé publiquement la libération immédiate de ses journalistes.

Alors je voudrais vous poser deux questions, Monsieur le Premier Ministre : premièrement la France et l’Union Européenne vont-elles reconnaître le Président Guaido avant qu’il ne soit trop tard et que la guerre civile n’éclate au Vénézuela ? Deuxièmement le gouvernement compte-t-il, exiger publiquement la libération immédiate des journalistes français et avez-vous de leurs nouvelles ?

M. Édouard Philippe, Premier ministre . - De quoi parlons-nous dans cette terrible crise que traverse le Venezuela depuis trois ans ? Ce pays potentiellement riche connaît la famine, son économie est totalement exsangue, sa population est privée de médicaments et de l'ensemble des biens de première nécessité.

Nous parlons d'un pays qui a mis en place une répression sanglante de ses oppositions.

Nous parlons d'un pays qui emprisonne les journalistes et, récemment, trois journalistes espagnols et deux journalistes français. Notre ministre des affaires étrangères a exigé leur libération immédiate.

Nous parlons d'un président qui revendique un deuxième mandat, après des élections en mai 2018 qui ne répondaient à aucune des exigences démocratiques.

Nous parlons d'un pays à la croisée des chemins depuis les manifestations massives du 23 janvier, date à laquelle Juan Guaido a prêté serment pour devenir président par intérim en vue d'organiser de nouvelles élections qui soient véritablement démocratiques.

Notre responsabilité, celle de la France, celle de l'Union européenne, est de veiller au respect de la volonté du peuple vénézuélien. C'est pourquoi, le 26 janvier, le président de la République a demandé l'organisation d'élections dans les huit jours ; à défaut, la France reconnaîtra Guaido président par intérim. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM, Les Indépendants, RDSE, UC et Les Républicains)

L'Union européenne a proposé la création d'un groupe de contact international car la seule solution est politique, négociée, pacifique. Jean-Yves Le Drian est à Bucarest avec ses homologues européens pour consolider cette position commune face à la crise.

Plus de 3 millions de Vénézuéliens ont quitté leur pays et ce chiffre pourrait atteindre 5,5 millions à la fin de l'année selon l'ONU. L'Union européenne a débloqué 55 millions d'euros d'aide humanitaire depuis 2018.

En outre, la France s'assure de la sécurité de ses 4 000 ressortissants sur place. Toutes les options sont étudiées, y compris un rapatriement si nécessaire. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM, Les Indépendants, RDSE, UC et Les Républicains)


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