Alain MARC : QAG - Les délocalisations comme celle de l'entreprise "SAM" en Aveyron

01 décembre 2021


Question d'actualité au Gouvernement

Madame la Ministre,


La SAM, entreprise du bassin de Decazeville Viviez, fabrique des moteurs pour Renault. Or le tribunal de commerce de Toulouse vient de prononcer la liquidation de l’entreprise, jetant ainsi 333 employés au chômage.


Ce bassin industriel, qui avait 38.000 habitants il y a 50 ans, n’en a plus que 18.000 aujourd’hui.


Cette perte d’emplois est considérable pour ce petit bassin économique.


Mais au-delà des drames humains qui seront la conséquence de cette décision, comment peut-on comprendre la décision de Renault de permettre la délocalisation d’une entreprise dans un pays étranger, probablement la Roumanie, dans un moment où tout le monde comprend qu’il faut réindustrialiser notre pays ?


Pouvez-vous, Madame la Ministre, nous indiquer ce que compte faire le Gouvernement dans les prochaines semaines ?


Réponse de Mme Agnès PANNIER-RUNACHER, Ministre déléguée chargée de l’industrie


Merci Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Sénateurs, Monsieur le Sénateur MARC,


J’aimerais pour commencer, Monsieur le Sénateur, avoir un mot personnel pour les salariés de la SAM dont j’ai rencontré à de nombreuses reprises les représentants.


Le choc est terrible, vous avez l’impression que votre monde s’effondre. Vous n’êtes pas responsable de la situation. Ce n’est ni la qualité de votre travail ni votre engagement qui sont en cause et vous nous trouverez, vous me trouverez toujours à vos côtés.


Depuis maintenant deux ans, avec Bruno LE MAIRE, avec Carole DELGA la Présidente de région, avec Arnaud VIALA, le Président de département, avec les parlementaires, avec les élus du territoire nous avons cherché un repreneur.


Depuis deux ans, l’Etat a mobilisé tous les outils pour éviter la liquidation judiciaire de l’entreprise et rendre possible cette recherche de repreneur.


Notre responsabilité collective est maintenant de donner un avenir aux salariés et au site de Decazeville.


C’est ce que nous faisons en demandant à RENAULT de proposer un accompagnement financier et social exemplaire.


C’est ce que nous faisons avec Elisabeth BORNE en mobilisant le fonds de fonderie. Vous savez que ce fonds de fonderie, spécifiquement sur les aspects sociaux de la transformation de l’automobile et de la filière fonderie accompagne les salariés dans leur rebond professionnel en proposant des financements de formation, de mobilité, de création d’entreprise, renforcé pour leur donner cet avenir professionnel.


C’est ce que nous faisons en mobilisant le dispositif choc industriel pour créer de l’emploi industriel sur le territoire de Decazeville. Nous avons lancé ce dispositif il y a quelques semaines et nous sommes aujourd’hui en contact avec plusieurs entreprises susceptibles de créer de l’emploi.


C’est ce que nous faisons, enfin, en accompagnant deux projets d’implantation qui je l’espère, mais je ne fais pas de promesse à ce stade, pourraient arriver à Decazeville et permettre justement de renverser la vapeur et de créer l’emploi sur ce site industriel très important.


Je vous remercie.


Réplique de M. Alain MARC

Vous comprendrez qu’il y a quand même un paradoxe.


D’abord, la procureure de Toulouse peut infirmer le jugement du Président du Tribunal de commerce et exiger la prolongation de l’activité.


Ensuite, l’Etat va donner des milliards pour le secteur automobile. D’autre part, RENAULT, comme vous le savez, vous possédez une minorité de blocage, vous avez encore du pouvoir pour que RENAULT continue à donner du travail à la SAM.


Enfin, on professe et vous professez et tout le monde est d’accord ici sur ces bancs, pour réindustrialiser la France et la réarmer économiquement.


Donc, on ne comprend pas cette décision et on ne comprend pas votre inactivité.


1) vous avez ce pouvoir-là donc vous prenez acte de votre impuissance aujourd’hui ;


2) et j’espère que ça n’est pas le cas, j’espère que ce n’est pas de la duplicité. C’est extrêmement grave ce que vous nous dites. Et, de la duplicité, il faudra quand même un jour mettre en cohérence ces paroles et ces actes si on veut réindustrialiser la France.


Alors, OUI, il faut vraiment sauver la SAM.

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