Colette MÉLOT : QAG - Alerter sur la pénurie d'infirmières scolaires

22 septembre 2021


Question d'actualité au Gouvernement

Merci Monsieur le Président,

Monsieur le Ministre,

Mes chers Collègues,


Si la question n’est pas nouvelle, la crise sanitaire a aggravé la pénurie d’infirmiers scolaires dans les établissements.


La profession souffrait déjà avant la crise d’un manque d’attractivité et de mauvaises conditions de travail. En 2018, on dénombrait un infirmier pour 1300 élèves. Désormais, avec un infirmier pour 1800 élèves en Seine-Saint-Denis, il est impossible de travailler correctement. D’autant plus que leur charge de travail s’est considérablement accrue, avec la mise en place des mesures sanitaires et l’augmentation importante des besoins d’accompagnement des élèves largement affectés par la crise.


Autre facteur aggravant : leur rémunération largement inférieure à celle proposée par les établissements de santé. La situation est telle que 66% des infirmiers scolaires envisagent de changer de métier et nous savons que nombre d’entre eux ont déjà franchis le pas, accentuant la charge de ceux qui restent, faute de remplaçant.


Monsieur le Ministre, la situation n’est plus tenable. Vous connaissez le rôle fondamental des infirmiers de l’éducation Nationale. Outre leur rôle de soignant, ils sont le dernier rempart contre le décrochage scolaire, la dépression, la maltraitance familiale ou le harcèlement, leurs missions de prévention de ces risques, d’écoute, de détection des situations d’urgence et d’accompagnement sont indispensables au bon fonctionnement de l’enseignement. Nous ne pouvons faire l’économie d’une juste revalorisation de la profession, au-delà de celle annoncée dans le cadre du Grenelle de l’Éducation, qui va dans le bon sens. Cela passe, bien entendu, par une hausse des salaires, mais aussi par une formation adaptée, et éventuellement, une territorialisation de leur recrutement dans le cadre d’une réorganisation globale de la santé scolaire. L’égalité d’accès à la santé des élèves est une composante essentielle de l’égalité des chances.


Pourriez-vous préciser, Monsieur le Ministre, les actions que le Gouvernement souhaite mettre en place pour lutter contre la pénurie d’infirmiers de l’éducation nationale ?


Réponse de M. Jean-Michel BLANQUER, Ministre de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports

Merci Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Sénateurs,

Madame la Sénatrice Colette MELOT,


Je vous remercie pour cette question qui permet de mettre l’accent sur les infirmiers et les infirmières scolaires qui, comme vous l’avez très bien dit, représentent un corps essentiel pour l’éducation nationale.


Leur rôle au quotidien, vous l’avez rappelé, est extrêmement important et a été encore plus important dans la période que nous vivons depuis dix-huit mois. Parce que ces infirmières – je le disais au féminin parce que la plupart du temps, ce sont des femmes – les infirmières eh bien, au quotidien non seulement pour des opérations de santé mais en réalité ont un rôle beaucoup plus large que l’on peut qualifier d’éducatif.


C’est pourquoi, lorsqu’on parle des infirmières scolaires, on doit parler d’ailleurs de manière systémique dans leurs relations avec l’ensemble des acteurs de l’établissement, y compris auprès du chef d’établissement, car souvent, contre le harcèlement, contre les difficultés de tous ordres que rencontrent les enfants et les adolescents, elles sont là.


Nous en avons donc besoin et nous avons besoin du travail d’équipe qui va avec cela. Alors oui, il faut qu’elles soient revalorisées. Faisons un tableau juste, il y a une stabilité en réalité du nombre d’infirmières scolaires en France depuis 2018, le nombre de lauréats au concours est resté à peu près le même. Elles sont 8024 au moment où je vous parle. Il serait bon qu’elles soient un peu plus nombreuses et c’est pourquoi nous ouvrons des postes au concours l’année prochaine en grand nombre.


Notre objectif c’est aussi de les revaloriser. Là aussi, je suis évidemment en complet accord avec vous. D’abord dans le cadre du Grenelle de l’éducation – et je vous remercie de l’avoir rappelé – puisque c’est une revalorisation de 400 € annuel qui a déjà commencé pour l’année 2021 et bien entendu, nous continuerons à aller de l’avant dans le cadre du Grenelle de l’éducation et des revalorisations dans l’éducation nationale et puis, il y a l’adéquation avec les autres mesures prises pour les autres personnels de santé dans le reste de la société et vous avez raison, il y a un risque de distorsion si le Ségur de la santé se traduit par des revalorisations pour les autres infirmières et pas pour l’éducation nationale avec un risque de fuite d’un endroit vers l’autre.


C’est pourquoi, avec Amélie de MONTCHALIN nous avons travaillé à ce que cette revalorisation ait lieu dans ce cadre aussi et donc, je peux vous le dire avec Amélie de MONTCHALIN que, en effet, nous préparons pour 2022, le fait qu’elles soient revalorisées dans le contexte du Ségur de la santé.

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