Corinne Bourcier - QAG - Déremboursement du médicament Zoladex
14 octobre 2026
Question de Corinne Bourcier :
Madame la ministre,
À compter du 15 décembre 2026, le Zoladex utilisé notamment dans le traitement de certains cancers du sein hormonodépendants et de la prostate ne sera plus remboursé par l'assurance maladie.
Cette décision suscite une profonde inquiétude chez les patients concernés, déjà fragilisés par la maladie et par les traitements souvent longs et éprouvants. Au-delà de la question financière, c'est l'incertitude qui pèse aujourd'hui sur ces patients.
Devront-ils changer de traitement ? Pourront-ils bénéficier d'une alternative adaptée ? Et surtout, qui prendra en charge le coût de leur traitement ?
Pour ces femmes et ces hommes, il ne s'agit pas simplement d'un médicament, mais d'un élément essentiel de leur parcours de soins. Ils ont besoin d'être rassurés, informés et accompagnés pour ne pas vivre avec une inquiétude supplémentaire face à leur maladie.
Il a certes été rappelé que des alternatives remboursées existent, mais changer de traitement, ce n'est pas un simple changement administratif. Cela pose de vraies questions en matière de tolérance et d'effets secondaires. Pour les patients, devoir s'adapter à un nouveau médicament après un parcours de soins compliqué, c'est une nouvelle épreuve.
Or, beaucoup de patients se sont sentis complètement livrés à eux-mêmes, apprenant ce déremboursement sur les réseaux sociaux ou via les associations. En pleine campagne Octobre Rose, promouvant une meilleure information sur le cancer du sein, cela pose question.
Madame la ministre, face à cette situation, quelles garanties concrètes le gouvernement entend-il apporter aux patients pour préserver la continuité de leurs soins, leur assurer l'accès à un traitement adapté et éviter que cette décision ne devienne une charge financière supplémentaire pour eux et pour leur famille ?
Je vous remercie.
Réponse de la ministre de la Santé, des Familles, de l'Autonomie et des Personnes handicapées, Stéphanie Rist :
Merci Monsieur le Président,
Madame la Sénatrice Bourcier,
Permettez-moi d'avoir une pensée pour toutes ces femmes qui luttent ou qui ont lutté contre ce cancer du sein en ce mois d'Octobre Rose.
Vous m'interrogez sur l'engagement du gouvernement sur la lutte contre le cancer et sur le retrait du médicament Zoladex au remboursement. Merci pour cette question qui permet de confirmer l'engagement du gouvernement sur ces sujets et de pouvoir passer cette information aux personnes qui nous écoutent.
Concernant le traitement, il s'agit d'une décision du laboratoire de cesser la vente remboursée pour ce produit. Nous avons immédiatement saisi la Haute Autorité de Santé pour s'assurer qu'il y ait bien des alternatives aux traitements qui soient remboursés, ce qui est le cas.
Il y a, vous le savez, quand les laboratoires prennent ces décisions, un délai de 6 mois. Donc à ce délai, les pharmaciens, les professionnels sont informés pour pouvoir prendre en charge leurs patientes correctement.
Voyant les remontées, comme vous le faites, peut-être pas suffisamment d'informations des femmes concernées, j'ai proposé qu'un courrier soit renvoyé aux établissements de santé, aux professionnels de santé, pour que chacune de ces patientes puisse être accompagnée dans cet éventuel changement de traitement.
Mais je voudrais redire ici deux choses, que l'engagement du gouvernement sur cette lutte contre le cancer du sein, il est aussi dans le fait de mieux dépister. Nous aurons une mesure au PLFSS d'ailleurs, dont j'espère le soutien de cette assemblée.
Et je sais que beaucoup de femmes qui nous écoutent se demandent quand enfin les derniers décrets de la loi de février 2025 vont sortir. Ils sortiront avant la fin de l'année.
Nous travaillons encore à savoir quelles crèmes peuvent être remboursées, quels professionnels qui ne sont pas des professionnels de santé pourront faire les tatouages aréolaires. On a encore quelques travaux techniques mais je prends l'engagement qu'ils sortent d'ici la fin de l'année.
Je vous remercie.
Réplique de Corinne Bourcier :
Merci madame la ministre.
Effectivement le 15 décembre c'est demain donc les patientes et les patients attendent réellement un accompagnement des professionnels de santé.
Merci.




