Cyril Pellevat - Débat - Enjeux et perspectives de l'aide publique au développement
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26 mai 2026
SEUL LE PRONONCÉ FAIT FOI
Madame la Présidente,
Monsieur le ministre,
Mes chers collègues,
L’aide publique au développement n’est évidemment pas une obligation légale des pays qui la mettent en œuvre.
Elle résulte d’un souhait volontaire et profondément humain des pays les plus riches d’aider les pays les plus pauvres à se développer pour qu’ils les rattrapent autant que possible.
L’existence de ces transferts financiers comme de compétences est nécessaire aux pays du Nord comme aux pays du Sud.
Un déséquilibre trop important entre ces pays peut entraîner des situations de prédations économiques d’un côté ou provoquer des situations de grande pauvreté qui engendrent des migrations de l’autre.
Depuis près de dix ans, la France a fait le choix d’augmenter considérablement son aide publique au développement, plaçant notre pays parmi les plus gros contributeurs du monde.
Rappelons-nous, mes chers collègues, que les crédits de la mission « aide publique au développement » ne représentaient que 2 à 3 milliards d’euros sous les quinquennats des Présidents Sarkozy et Hollande.
Pourtant, cette mission a vu ses crédits augmenter de 92 % entre 2018 et 2024, pour atteindre 6 milliards d’euros.
Comme à l’époque de la crise des subprimes, la crise budgétaire que nous connaissons depuis 2024 a poussé les crédits de cette mission à être diminués pour atteindre environ 4,5 milliards d’euros.
C’est un montant qui est toujours considérable si l’on se compare à ce que nous faisions il y a quelques années et à ce que font nos partenaires occidentaux.
Dans le contexte budgétaire extrêmement défavorable que nous avons connu à partir de 2024, il était évident que des ajustements étaient nécessaires.
Fidèles à leurs positions, les Sénateurs de mon Groupe avaient appelé à faire porter aussi peu que possible l’effort budgétaire sur une augmentation de la fiscalité et à privilégier une baisse des dépenses publiques non régaliennes de l’État.
En responsabilité, cette chambre avait adopté une baisse de certaines dépenses publiques, dont une baisse de l’aide publique au développement.
Cependant, nous souhaitons insister sur la nécessité de maintenir cette enveloppe sans la faire diminuer à nouveau.
Déjà parce qu’il existe de très nombreuses autres sources d’économies à solliciter.
Des réformes structurelles doivent désormais être menées, ainsi que des économies dans les autres ministères non régaliens.
Ensuite, parce qu’il ne faut pas renier les engagements budgétaires que nous avons pris envers nos partenaires internationaux.
La responsabilité de la France est de permettre par son action que les pays les plus pauvres puissent sortir leur population de la pauvreté.
Pour aider les pays en voie de développement, la priorité me semble être d’encourager l’éducation et le développement économique. Ainsi, le chômage structurel de ces pays, et en priorité celui de sa jeunesse, baissera.
Ce développement économique permettra, outre l’emploi et des salaires pour leur population, de créer un cercle vertueux.
L’économie développée, les États disposeront d’une base taxable qui leur donnera des moyens budgétaires.
Avec eux, les pays en voie de développement pourront financer, entre autres, des infrastructures énergétiques et routières et des hôpitaux.
Il convient de saluer la signature le 9 avril dernier du « consensus d’Abidjan » par de nombreux pays africains, sous l’égide de la Banque africaine de développement.
Ces pays ont pris acte du désengagement de nombreux États dans l’aide publique au développement qu’ils leur fournissaient, en premier lieu desquels les États-Unis.
Collectivement, ils ont fait le choix de réorganiser la manière dont le capital et le risque sont mobilisés, structurés et déployés au service du développement africain.
Concrètement, ces pays décident de mettre à disposition l’épargne domestique conséquente du continent, estimée à 4000 milliards de dollars, pour son propre développement.
Ainsi, les efforts conjugués des pays africains, avec l’aide des pays, comme la France, qui sont toujours engagés dans l’aide publique au développement devraient permettre un développement vertueux de ces pays.
C’est le rôle de la France d’accompagner cet essor des pays en voie de développement.
Si des augmentations du budget dévolu à l’aide publique au développement ne sont pour l’heure pas possibles, il convient de ne plus les baisser.
La France, contrairement à d’autres pays occidentaux, prend sa pleine part de responsabilité dans le développement des pays qui en ont besoin et cela doit rester le cas.




