Daniel Chasseing - Création d'un centre hospitalier universitaire en Corse
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12 février 2026
Proposition de loi visant à la création d'un centre hospitalier universitaire en Corse - Dossier Législatif
SEUL LE PRONONCÉ FAIT FOI
Monsieur le Président,
Madame la ministre,
Monsieur le Président de la Commission,
Madame la Rapporteure,
Mes chers Collègues,
Empêché une première fois d’examen en séance publique par la dissolution et finalement adopté en décembre 2024 à l’Assemblée nationale, c’est donc en 2026 que notre Chambre est saisie de ce texte. Il était temps que cette PPL débute sa navette parlementaire.
Cette proposition de loi vise à doter la Corse d’un CHRU (centre hospitalier régional universitaire). Cela a été très bien expliqué par la Rapporteur, l’implantation d’un CHRU dans un territoire ne nécessite pas de loi, mais relève d’une décision réglementaire.
En instaurant la nécessité d’un centre hospitalier universitaire dans chaque région, ce texte impulse, de fait, la création d’un tel établissement en Corse, puisqu’elle est actuellement la seule région de France qui n’en est pas dotée.
« La seule région », ou presque, car n’oublions pas Mayotte, collectivité unique à la fois département et région. Même si la situation du territoire est tout à fait particulière et que l’archipel a besoin de se reconstruire très lourdement avant d’envisager de pouvoir disposer d’un CHRU.
Pour ce qui est de la Corse, désert médical avec une densité médicale de 258,8 médecins pour 100 000 habitants et où la population double en été, le bénéfice d’un CHRU ne serait pas un luxe, mais une nécessité. Une nécessité qui répond à une logique plus large : celle de mieux soigner les gens et d’attirer et fidéliser le personnel médical, notamment des praticiens hospitaliers universitaires et création de postes d’internes dédiés à la Corse. Disposer d’un CHRU, c’est créer un cercle vertueux en faveur de l’accès aux soins dans le territoire.
Cette PPL nous semble répondre à une inégalité de fait qui, en matière d’accès aux soins, apparait totalement injustifiée. Nous soutiendrons donc son adoption.
Au-delà de la question du centre hospitalier universitaire, cette PPL met en avant celle de la difficulté de l’accès aux soins en général, et plus particulièrement dans les territoires insulaires, comme en Guadeloupe à Terre-de-Bas ou à la Désirade.
Patients sans médecin traitant, délais impossibles pour obtenir un rendez-vous avec un spécialiste ou pour bénéficier de certains examens médicaux. La Corse ne dispose même pas d’un pet-scan et est, là aussi, l’une des rares régions dans ce cas, et offre d’une prise en charge des patients atteints de cancer insuffisante.
Ces difficultés d’accès aux soins, beaucoup de nos territoires, hexagonaux comme insulaires, les connaissent.
Mais la différence est que l’insularité crée une dépendance aux transports spécifique, car il est plus difficile de devoir prendre un avion, ou un bateau puis un avion, pour aller se faire soigner. Ou même pour aller rendre visite à un proche hospitalisé (C’est 35 000 déplacements sur le continent chaque année pour la Corse, pour 13 500 patients soit 18%).
Cela me fait d’ailleurs penser au texte que notre Commission examinera bientôt : Comment faire quand il s’agit d’un enfant hospitalisé sur le continent ? C’est une réalité particulière avec des délais et des coûts bien plus conséquents que lorsque l’on vit sur « le continent ». Il y a les frais d’hébergement et de transport, mais il y a aussi l’impact sur la vie professionnelle.
Dans beaucoup de territoires insulaires, ces difficultés d’accès aux soins se conjuguent avec celle de l’accélération du vieillissement de la population.
En Corse, 25% de la population a plus de 65 ans, soit 3 points de plus que la proportion nationale.
Au vieillissement démographique, il faut ajouter l’explosion des maladies chroniques et des pathologies lourdes, qui rendent la question de l’accès aux soins toujours plus prégnante dans les territoires insulaires.
Bien sûr la création d’un CHRU ne règlera pas tout, mais elle constitue un levier indispensable au renforcement de l’attractivité médicale et de l’attractivité démographique plus largement.
Le groupe les Indépendants soutient cette proposition de loi très importante pour l’avenir de la Corse.
Je vous remercie.








