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Jean-Pierre Grand - QAG - Travail des boulangers le 1er mai

  • 15 avr.
  • 3 min de lecture

15 avril 2026




Question de Jean-Pierre Grand :

 

Monsieur le Premier ministre,

 

Personne ne comprend que l'on interdise encore de nos jours aux boulangers et à leurs salariés qui le souhaitent de travailler le 1er mai.

 

Comme personne ne comprend que l'on interdise aux fleuristes de vendre du muguet le 1er mai.

 

Beaucoup de boulangeries familiales connaissent des difficultés économiques. Les empêcher de travailler, si elles le souhaitent, relève d'une idéologie opposée à la liberté de travail. En faisant de l'obstruction sur ce texte les plus radicaux à gauche de l'hémicycle de l'Assemblée nationale, ont fait ce qu'ils savent faire de mieux : bloquer le fonctionnement normal du Parlement.

 

Comment, au nom de principes surannés, ne correspondant plus au temps que nous vivons, peut-on en arriver à empêcher les artisans de travailler et par conséquent à priver leurs salariés, à commencer par leurs apprentis, d'une rémunération complémentaire ?

 

Monsieur le Premier ministre, les boulangers sont liés à l'histoire de la France.

 

Qui n'a pas entendu ses aïeux leur conter les temps de guerre et les douloureux rationnements du pain ?

 

Plus récemment, tout le monde se souvient les longs mois pendant lesquels les boulangeries ouvertes nous faisaient oublier les multiples commerces fermés.

 

Les boulangers étaient alors reconnus par l'État comme une profession essentielle à la Nation. Ils le sont toujours 365 jours par an. Dans mon département de l'Hérault, 70% des boulangeries travaillent en couple. Ils travaillent jour et nuit et ne comptent pas leurs heures. Les boulangers et leur personnel méritent notre respect.

 

Monsieur le Premier ministre, au-delà de toutes les considérations politiques ou syndicales, simplement au nom du bon sens, je vous demande de donner pour instruction à vos services d'éviter le contrôle des boulangers le 1er mai prochain. Peut-être pourront-ils d'eux-mêmes s'imposer de respecter ce jour férié.

 

 

Réponse du ministre du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou :

 

Monsieur le Président du Sénat,

Mesdames et Messieurs les sénateurs,

Monsieur le Sénateur Jean-Pierre Grand,

 

J'aimerais profiter de votre question pour m'inscrire dans les propos du Premier ministre en rappelant mon attachement au dialogue social et rendre hommage au Président Larcher, moi aussi, à qui nous devons la grande loi de 2007 pour la modernisation du dialogue social et l'article L1 du Code du Travail.

 

Cette loi, je le rappelle, prévoit que tout projet de loi portant réforme structurelle du droit du travail doit faire l'objet d'une négociation préalable avec les partenaires sociaux.

 

C'est dans le respect de cette philosophie, nourrie par mon expérience à la SNCF, que j'ancre mon action au sein du gouvernement, toujours au service des travailleurs et des employeurs, dans le respect des partenaires sociaux.

 

Les inquiétudes exprimées à l'approche du 1er mai sont légitimes, tout comme les demandes, notamment des boulangers, des artisans boulangers et des fleuristes, pour sécuriser leur situation, notamment vis-à-vis de leurs salariés qui souhaitent pouvoir travailler le 1er mai.

 

Vous posez le sujet des organes de contrôle.

 

Je tiens aussi à rappeler que l'Inspection du Travail est un corps de contrôle indépendant, dont le statut est garanti par la Convention 81 de l'Organisation Internationale du Travail, signée par la France, et reconnu par le Conseil d'État et le Conseil constitutionnel en application de l'état de droit.

 

Il me paraît important de respecter cette indépendance qui vise à protéger le droit du travail dans notre pays tous les jours de l'année et dans l'ensemble des activités.

 

Notre objectif est donc d'apporter une réponse durable et solide à la problématique posée. Ce n'est ni une capitulation ni un renoncement. On ne change pas d'ambition, on change de méthode. Le dialogue social permet dans notre pays d'obtenir des réformes durables, acceptées de tous, solides dans le temps.

 

C'est ce que nous avons obtenu des partenaires sociaux avec l'avenant sur l'assurance chômage qui a été voté ici au Sénat le 1er avril et qui sera examiné demain à l'Assemblée nationale.

 

Je travaille en ce moment très activement pour trouver des solutions solides avec les partenaires sociaux, les organisations professionnelles concernées pour garantir la sécurité et la sérénité des boulangers, des artisans boulangers et des fleuristes dès le 1er mai 2026.

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