Joël GUERRIAU : Associer Taïwan aux travaux des organisations internationales 1/2 - Introduction

06 mai 2021


Proposition de résolution en faveur de l'association de Taïwan aux travaux de plusieurs organisations internationales (mis à l'ordre du jour à la demande de notre Groupe)

Madame la Présidente,

Monsieur le Ministre,


La résolution que nous présentons est conforme aux engagements de notre pays qui consistent à défendre le bon fonctionnement de la santé pour tous dans le cadre de l’Organisation Mondiale de la Santé, de lutter contre la criminalité transnationale via INTERPOL, d’assurer la sécurité aérienne civile internationale sous l’égide de l’Organisation de l'aviation civile internationale et enfin bien sûr de trouver des solutions viables pour le changement climatique grâce à la Convention-cadre des Nations unies.


Tous ces sujets impliquent nécessairement des efforts concertés de toutes les nations et la participation de tous les citoyens du monde vivant sur notre planète. Les différences d’opinions politiques doivent être mises de côté pour ces questions essentielles qui dépassent les frontières.


S’agissant de la santé, cet état d’esprit est d’ailleurs bien exprimé dans la Constitution de l’OMS, je cite : « La possession du meilleur état de santé qu’il est capable d’atteindre constitue l’un des droits fondamentaux de tout être humain, quelles que soient sa race, sa religion, ses opinions politiques, sa condition économique ou sociale. ».


Pourtant, Taïwan ne peut pas participer à l’OMS ni aux autres instances internationales spécialisées, ce qui ne se justifie pas.


La superficie de Taïwan est proche de celle des Pays-Bas, avec une population équivalente à celle de l’Australie et un PNB légèrement supérieur à celui de la Suède ou de la Turquie.


Taïwan importe plus que la Russie, l’Australie ou le Brésil et exporte davantage que l’Espagne ou l’Inde.


Les relations commerciales de Taïwan s’élèvent au niveau de celles de la Norvège et, si l’on considère le volume d’échanges avec la France, Taïwan est un partenaire plus important pour nous que la Thaïlande, le Nigéria, la Malaisie, l’Indonésie ou l’Australie.


La France a des intérêts dans cette partie du monde. Taïwan produit 84 % des semi-conducteurs les plus sophistiqués utilisés sur la planète. Comme vous le savez, Chers Collègues, notre industrie automobile en dépend.


En raison de l’importance de ces échanges internationaux, que ces activités économiques génèrent, il est anormal que Taïwan qui dispose de deux compagnies aériennes renommées mondialement, ne puisse pas participer au débat concernant la sécurité aérienne, les services de navigation, la protection de l’environnement et les questions économiques.


De même, avec l’augmentation constante de passagers qui transitent par Taïwan, il est regrettable que ce pays soit exclu d’INTERPOL, alors que nous souhaitons accentuer nos efforts pour lutter contre le terrorisme, le trafic de drogue ou toute forme de criminalité.


S’appuyant sur des valeurs démocratiques très ancrées Taïwan a été largement saluée à travers le monde pour son excellente gestion de la crise sanitaire de la Covid-19. A ce jour, on dénombre un petit millier de personnes infectées et seulement une dizaine de décès sont à déplorer. Il convient de souligner que Taïwan a offert 54 Millions de masques chirurgicaux et d’autres fournitures destinées à contrer la pandémie à plus de 80 pays.


En effet, ce pays partage avec la France un attachement fondamental à la démocratie et aux valeurs universelles. Les valeurs démocratiques qui prévalent à Taïwan sont une source d’inspiration. A Taïwan, toute personne peut librement s’exprimer, les journalistes ne connaissent aucune censure. Taïwan est considéré comme le pays le plus libre d’Asie au même niveau que la France. Les femmes ont un statut égal à celui des hommes. Non seulement c’est une femme, élue à la Présidence, qui dirige le pays depuis 5 ans mais aussi les femmes députées occupent 42 % des sièges à l’Assemblée nationale taïwanaise.


Taïwan est par ailleurs, tout à fait à même d’apporter une contribution efficace dans les domaines que j’ai évoqués. Encore faut-il, laisser à Taïwan une place, qui lui revient, dans les instances internationales !

Malgré la prospérité et la stabilité de cet état, le célèbre hebdomadaire britannique « The Economist » vient d’illustrer la couverture de sa publication du 1er mai 2021 en soulignant que Taïwan était l’endroit le plus dangereux de la planète en raison de la menace militaire de la Chine qui pèse sur l’île !


La paix et la prospérité de cette région sont importantes pour l’ensemble du monde. Nous devons travailler ensemble à la préserver. Les questions du bien-être de l’humanité sont au cœur de nos préoccupations et c’est tout le sens de notre démarche aujourd’hui.


En 1965, André Malraux a dit à propos de l’établissement des relations diplomatiques avec la Chine Populaire : « Marchons ensemble, mais sans mélanger nos drapeaux ! » Alors oui marchons, travaillons, coopérons avec la Chine... mais sans nous écarter de nos valeurs essentielles en respectant chaque drapeau. Il convient de tous les inclure, celui de Taïwan compris, car il s’agit d’une question majeure qui concerne notre avenir commun !

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