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Marc Laménie - Débat relatif à la programmation pluriannuelle de l'énergie

  • il y a 12 minutes
  • 4 min de lecture

23 février 2026



Merci Monsieur le Président,

Monsieur le ministre,

Madame la Présidente de Commission,

Messieurs les Présidents de Commissions également,

Mes chers collègues,


Nous y sommes enfin. Après trois années d'attente, la PPE 3 est publiée. Au Sénat, nous n'aurons pas ménagé nos efforts. Les débats sur cette programmation énergétique fondamentale pour l'avenir de notre pays auront été nombreux. Nous pouvons donc nous réjouir d'avoir enfin cette PPE. Elle était attendue et indispensable.


Indispensable pour acter la suspension de la fermeture de 14 réacteurs nucléaires, relancer la production nucléaire et surtout pour offrir une visibilité aux investisseurs, aux entreprises, aux porteurs de projets et donc à l'ensemble de nos territoires. Elle était indispensable pour clarifier notre trajectoire énergétique avec un mix équilibré entre énergie renouvelable et nucléaire.


Ayant siégé dans le département des Ardennes en qualité de président pendant une dizaine d'années, la CLI, la commission locale d'information de la centrale nucléaire de Chooz, et toujours membre de cette commission, CLI transfrontalière avec nos voisins et amis belges. Je mesure, et je partage avec l'ensemble des collègues ici présents, ô combien nos centrales structurent nos territoires. La centrale nucléaire de Chooz c'est environ 900 emplois directs, plus autant d'emplois indirects. Leur pérennité nécessite des investissements importants et une vision à très long terme.


Nous avons des objectifs clairs de réduction des émissions de gaz à effet de serre à atteindre une neutralité carbone à horizon 2050 en ligne de mire et une sortie progressive des énergies fossiles à anticiper. Mais une telle feuille de route ne peut être réalisée sans stabilité, sans cohérence et sans direction claire. Les installations, qu'elles soient nucléaires ou d'énergie renouvelable, se planifient sur des dizaines d'années. Nous devons anticiper les besoins futurs et les investissements à mettre en œuvre pour dimensionner les réseaux en conséquence. Toutes les filières ont besoin de cette visibilité.


Notre Groupe a eu, Monsieur le ministre, l'occasion de rappeler à de nombreuses reprises notre attachement au nucléaire français. Nous avons en effet la chance que près de 95% de l'électricité produite sur notre territoire soit décarbonée. Peu de pays peuvent en dire autant. Nous demeurons toutefois encore dépendants des combustibles fossiles. Nous devons pour cela électrifier davantage notre économie et nos usages. L'électricité doit avoir une place plus importante dans notre consommation énergétique globale.


Cependant, l'électricité se stockant encore assez mal, il est nécessaire de maintenir à chaque instant un équilibre entre la consommation et la production d'électricité, notamment lors des périodes de pointe de consommation ou de production. C'est pourquoi nous soutenons depuis le début un développement mesuré entre nucléaire et énergie renouvelable, car l'avenir n'est pas l'un ou l'autre, mais les deux ensemble dans des proportions équilibrées. Produire trop d'électricité, si la demande n'est pas là, fragilise le marché. Or la demande aujourd'hui n'augmente pas au même rythme que les capacités installées.


Ne mettons pas en péril l'équilibre de notre système, ne promettons pas des rémunérations illusoires et ne mettons pas en difficulté les investisseurs. Faire une programmation de la production sans programmer la consommation serait une erreur. Les voitures électriques participent de cette consommation comme le développement progressif du stockage. Mais ce sont surtout nos entreprises et nos industries qui feront la différence. Ce sont elles qui tireront la consommation d'électricité vers le haut. Nous devons les accompagner dans l'électrification de leur consommation et les aider à investir.


Nous sommes face à un enjeu à la fois industriel et énergétique. L'exercice n'est toutefois pas aisé dans une période où les finances ne sont pas au beau fixe. Et les 13 milliards sur la compensation des charges de services publics de l'énergie ainsi que la diminution des crédits de France 2030 votés par certains n'aideront pas. Alors certes, nous accueillons assez positivement la prise de conscience sur la nécessité d'un meilleur équilibre entre énergie renouvelable et nucléaire.


L'accent mis sur des filières ENR les plus pertinentes comme l'éolien en mer et le choix d'un rythme plus mesuré sur l'éolien solaire et le photovoltaïque. Le nouvel objectif de la PPE concernant l'énergie solaire photovoltaïque est légèrement revu à la baisse avec un nouvel objectif désormais fixé à 48 GW en puissance installée d'ici 2030 et non plus de 54 GW. Il en est de même pour l'éolien terrestre, avec un nouvel objectif fixé à 31 GW de puissance installée pour 2030, et non plus 33 GW.


Assez positivement, disais-je, car si la direction est meilleure, les ajustements demeurent dérisoires. Nous avons donc été entendus sur le besoin, mais pas écoutés sur le montant des baisses nécessaires. Encore une fois, nous ne remettons pas en cause la place des énergies renouvelables. Elles doivent impérativement faire partie du mix énergétique. Mais leur développement doit être économiquement soutenable. Il ne doit pas déstabiliser le marché et peser davantage sur nos finances publiques. Et il doit permettre aux investisseurs qui se lancent d'y trouver un équilibre.


Il faut avancer dans des proportions équivalentes entre consommation et production. Un modèle énergétique sans modèle économique viable ne pourra pas tenir dans la durée. Avec la publication de cette PPE3, une étape a été franchie. Désormais, nous devrons rester particulièrement vigilants sur les appels d'offres à venir. Ne pressons pas le pas là où l'équilibre est encore fragile.


De nombreux sujets nous attendent, développer une filière française de panneaux photovoltaïques, renforcer une industrie consommatrice d'électricité et adapter nos réseaux à ces nouveaux usages ainsi qu'au changement climatique. Cela prendra du temps, cela nécessite un cap et c'est pourquoi ce décret devait impérativement sortir. Si nous restons malgré tout, un peu sur notre fin, concernant les objectifs, nous attendons maintenant avec impatience les conclusions et les recommandations des missions en cours. Celle visant à repenser le soutien public aux énergies renouvelables et au stockage d'électricité et celle sur les freins à l'électrification des industries. Nous en avons besoin pour prévoir la suite.


En espérant, monsieur le ministre, que les prix permettront la viabilité économique de notre modèle et que nous parviendrons à récupérer une trajectoire cohérente.


Je vous remercie.

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