Marie-Claude Lermytte - Déclassement et remise de restes humains kali'nas
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18 mai 2026
Proposition de loi relative au déclassement de restes humains kali'nas et à leur remise à la collectivité de Guyane à des fins funéraires - Dossier législatif
SEUL LE PRONONCÉ FAIT FOI
Monsieur le Président,
Madame la Ministre,
Mes chers collègues,
Le texte que nous examinons aujourd’hui touche à quelque chose d’essentiel : la dignité humaine, le respect dû aux morts et la fidélité de la République à ses propres valeurs.
Le groupe Les Indépendants lui apporte donc son plein soutien.
Cette proposition de loi répond à une demande portée avec dignité et constance par l’association Moliko Alet+Po : permettre le retour en Guyane des restes humains kali’nas et arawaks, exhibés en métropole dans les inadmissibles « zoos humains » à la fin du 19ème siècle.
Pendant trop longtemps, ces femmes et ces hommes ont été arrachés à leur terre, puis réduits au rang d’objets de curiosité.
Je veux saluer le travail de nos collègues Max Brisson, rapporteur de ce texte, Catherine Morin-Desailly, Pierre Ouzoulias et Adel Ziane, mobilisés depuis longtemps sur ces enjeux.
Je souhaite également souligner le travail fourni par le député Christophe Marion dans le cadre de son rapport sur la restitution des restes humains présents dans les collections publiques aux peuples autochtones de nos territoires ultramarins.
La loi du 26 décembre 2023 relative à la restitution des restes humains a constitué une avancée majeure. Mais elle ne concerne que les demandes formulées par des États étrangers. Elle ne permet donc pas de traiter la situation des restes humains de défunts français, notamment ultramarins.
La présente proposition de loi est, de fait, plus que nécessaire et la décision du Gouvernement d’engager la procédure accélérée est louable.
Cette proposition de loi avait été déposée durant l’automne 2024. Elle nécessitait plusieurs perfectionnements techniques et juridiques qui ont été apportés en commission par le rapporteur.
Je tiens ainsi à insister sur un point : la nécessaire sortie des collections publiques des moulages des corps des défunts. Ces représentations n’auraient jamais dû être réalisées, tant les conditions dans lesquelles ces personnes furent traitées heurtent notre conscience collective.
Mes chers collègues, en permettant enfin à ces défunts de retrouver leur territoire d’origine, nous ne réparons pas entièrement l’histoire, certes.
Mais nous rendons à des êtres humains ce que la République ne devrait jamais refuser : le repos, la dignité et la mémoire. Car une République fidèle à nos valeurs françaises, c’est aussi cela.
Je vous remercie.




