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Marie-Claude Lermytte - Nationalisation d'ArcelorMittal France

  • il y a 2 jours
  • 3 min de lecture

25 février 2026


Proposition de loi visant à la nationalisation d'ArcelorMittal France afin de préserver la souveraineté industrielle de la France - Dossier législatif



SEUL LE PRONONCÉ FAIT FOI


Monsieur le Président,

Monsieur le Ministre,

Mes chers collègues,

Il y a moins de quatre mois, à la demande du groupe communiste, le Sénat a examiné une proposition de loi visant à la nationalisation des actifs stratégiques d'ArcelorMittal situés sur le territoire national.

Par 235 voix contre 107, nous avons rejeté ce texte le 30 octobre dernier.

La situation économique et sociale d’ArcelorMittal est préoccupante et nécessite une action publique. Si notre hémicycle s’est déjà prononcé contre une nationalisation, c’est qu’il considère que cette solution est un outil d’action publique d’un autre âge.

Alors, quel est l’objectif du groupe communiste en reproposant, quatre mois plus tard, de nationaliser ArcelorMittal ?

Partout où la collectivisation des moyens de production que vous proposez a été mise en œuvre, elle a été un échec économique entraînant pauvreté, famine et, évidemment, des millions de morts.

Entre 1950 et 1989, les États-Unis et l’URSS se sont menés une guerre de l’acier que les entreprises d'État soviétiques n’ont jamais gagnée.

Les entreprises américaines et européennes ont produit davantage de tonnes d’acier par ouvrier et par unité de capital et ont, en plus, distribué des dividendes à leurs investisseurs.

Pendant ce temps-là, l’URSS n’a gagné qu’une seule bataille, celle de la pollution émise par tonne d’acier produite.

La crise mondiale de l’acier que nous traversons en 2026 est exactement la même que celle que nous avons connue dans les années 1980 : une surproduction mondiale qui entraîne une chute du cours de l’acier.

En 2026, cette surproduction vient de la Chine, pays lui aussi communiste, qui produit en grande quantité de l’acier parce qu’il produit un acier infiniment plus pollué que le nôtre.

En 1982, déjà, les communistes avaient fait pression sur François Mitterrand pour qu’il nationalise l’aciériste français Usinor-Sacilor.

Cet épisode de 13 ans n’a été qu’une ruine pour l’État, sans pour autant empêcher la casse sociale qu’avaient connue tous les aciéristes mondiaux.

En 20 ans, 100 milliards de francs de subventions publiques ont été engloutis, dont 80 milliards pour un accompagnement social en décalage avec les besoins qu’avait l’économie de l’époque.

Alors, vous nous reproposez aujourd’hui de nationaliser ArcelorMittal. Et pour quoi faire ? Si l’on croit l’estimation du think tank des Insoumis, l’Institut de la Boétie, le coût de la nationalisation serait de 4,4 milliards d’euros.

Ce qui nous oppose aux communistes, c'est que nous ne pensons pas que gaspiller 4,4 milliards d'euros pour s'emparer d'une entreprise qui ne le veut pas soit une solution.

Cette nationalisation pèserait lourdement sur nos finances publiques et nous détournerait de nos priorités budgétaires que sont la santé, l’éducation ou encore la défense.

Nous estimons que l'avenir de l'acier français passera par un verdissement de sa production. Ce verdissement devra être accompagné de mesures de protection européennes et par un investissement important, notamment venant de l'État.

Quitte à investir des milliards dans la sidérurgie, nous préférons que l'État co-investisse avec ArcelorMittal pour décarboner tous ses sites en France et produire l’acier du futur dont notre industrie a besoin.

C'est exactement le chemin que l'État et ArcelorMittal commencent à prendre avec la décision de construire sur le site de Dunkerque son plus gros four électrique en Europe, avec un investissement de 1,3 milliard d'euros. Il sera financé à hauteur de 50 % par le mécanisme de certificats d’économie d’énergie dirigé par l'État. Voilà un bon usage des deniers publics.

L'avenir de la sidérurgie française, et a fortiori des hauts fourneaux de Dunkerque, passera par des solutions d'avenir, pas par des solutions idéologiques.

Nous sommes évidemment favorables à un État stratège, mais la nationalisation ne garantit pas une meilleure performance industrielle. Bien au contraire, la gestion publique est bien souvent beaucoup moins agile que le privé.

Elle créerait une illusion de protection qui ne s’attaquerait pas aux vraies causes des difficultés rencontrées par ArcelorMittal.

Les sénateurs du Groupe Les Indépendants voteront contre cette proposition de loi de nationalisation.

Interventions au Sénat

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