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Pierre-Jean Rochette - QAG - Débordements survenus à la suite du match du Paris Saint-Germain

  • il y a 2 jours
  • 4 min de lecture

3 juin 2026


 

Question de Pierre-Jean Rochette :


J'étais hier à l'Assemblée nationale, j'ai écouté toutes les prises de parole sur les violences urbaines et je ne vais pas vous accabler.


Parce que ces mineurs que nous avons dans nos rues, Monsieur le ministre, qui cassent, qui volent, qui pillent, qui brûlent, ils ne sont pas le reflet de votre échec. Ils sont le reflet de notre échec collectif : de 40 ans d'impunité, de 40 ans de laxisme, de 40 ans d'abandon, de 40 ans d'explosion de la cellule familiale et en résumé de 40 ans d'échec sécuritaire. Et je dis « nous » dans mes propos parce que tous les groupes ici présents participent depuis 40 ans au gouvernement. Et il y a bien des violences urbaines depuis toutes ces années.


Alors, Monsieur le ministre, je crois qu'il ne faut pas qu'on fasse comme à l'Assemblée un concours de posture. Les Français nous regardent. Il faut que nous soyons pragmatiques, efficaces et que nous leur apportions des réponses, des solutions, peu importe qu'elles soient de droite ou de gauche, ils veulent de l'efficacité.


Je vous amène trois solutions, monsieur le ministre. La première, c'est celle qui remonte à longtemps, c'est la recette du grand-père, c'est le portefeuille. Ça marche toujours, le portefeuille. Celui qui casse, il paye. Les mineurs qui cassent, les parents doivent payer. Si les parents sont insolvables, on va sur les allocations sociales. Les allocations sociales sont là pour l'éducation. Si les enfants sont dans la rue en train de casser, c'est qu'il y a un problème avec l'éducation.


La deuxième, Monsieur le ministre, c'est le travail d'intérêt général. Mais pas un travail d'intérêt général de touriste, un travail d'intérêt général réel, solide, encadré, avec la justice, les forces de l'ordre. Et les casseurs reviennent sur le lieu des méfaits pour réparer.


Et enfin, la troisième et dernière, Monsieur le ministre : condamner tôt à des peines courtes mais effectives pour un choc d'autorité dissuasif dès la première infraction. Le texte d'ailleurs du député Kervran à l'Assemblée va dans ce sens. Ce sont des lois, Monsieur le ministre, des lois, des textes sur lesquels nous vous accompagnerons. Les Français n'attendent pas qu'on leur explique les problèmes, ils les vivent. Ils veulent juste qu'on les règle. Alors frappons fort et réglons les problèmes des Français.


Merci.


Réponse du ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez :


Merci d'abord de rappeler, et c'est important dans ce contexte, qu'on ne doit pas être jugé qu'à la robustesse d'un dispositif policier, sinon ça veut dire qu'on ne regarde pas plus loin que le bout de son nez.


Il y a effectivement d'autres causes qui expliquent que des jeunes, un tiers de mineurs seulement, vous avez quand même deux tiers de majeurs, jeunes majeurs qui parfois travaillent, ils sont complètement intégrés, qui décident d'aller casser, caillasser. Ça doit nous interroger.


Moi c'est normal que je rende des comptes sur le dispositif policier, je le fais bien volontiers et je trouve avec beaucoup de courage parce que je suis à la tête de fonctionnaires de police qui eux-mêmes sont très courageux, ça donne de la force. Fonctionnaires de police et militaires de la gendarmerie qui vont au contact et qui sont là pour être les gardiens de notre République, finalement, quand on voit ce qui s'est passé, quand on voit le niveau de violence urbaine que nous avons eu à subir.


Et merci donc de le rappeler. Et merci des solutions que vous proposez, qui finalement sont des solutions de bon sens, mais qui vont dans le sens de ce que je dis, effectivement. La solution, elle ne repose pas que sur les épaules du Ministère de l'Intérieur. Il y a aussi une question de responsabilisation de ceux qui commettent ces méfaits, bien évidemment.


Sur le principe « tu casses, tu payes », le Premier ministre nous a demandé d'y travailler très sérieusement. Il y a le projet RIPOST qui va revenir à l'Assemblée. Ici-même, moi, dans cet hémicycle, j'ai accepté qu'on instaure ce principe pour les rave parties sur un amendement d'origine sénatoriale, exactement, de votre groupe. Et je suis bien évidemment prêt à l'accepter à l'Assemblée nationale.


Et vous avez raison, il y a les travaux d'intérêt général aussi également qui doivent sans doute être mieux utilisés, être sans doute un peu plus longs, être plus imposés, ils ne le sont pas toujours. Et puis bien évidemment, il y a la question de la sanction qui doit venir le plus vite possible, le plus tôt possible pour être la plus dissuasive possible et c'est bien en ce sens que le garde des Sceaux travaille.


Voilà ce que je peux vous dire Monsieur le Sénateur, en vous remerciant encore une fois d'avoir aussi élevé le débat sur des sujets qui ne peuvent pas concerner que les dispositifs policiers. Si on se demande s'il faut impacter, utiliser l'armement intermédiaire, savoir si on a bien fait la bonne nasse, la bonne doctrine de maintien de l'ordre, ce n’est pas du maintien de l'ordre, c'est de la guérilla urbaine. On a tout faux.


Il faut certes s'occuper de ça, mais il faut aussi s'élever, être un peu plus stratégique comme vous avez su le faire très intelligemment.

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