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Pierre-Jean Verzelen - Les réponses de l'UE face au retour des impérialismes

  • il y a 2 jours
  • 4 min de lecture

25 février 2026


Débat sur le thème : "Les réponses de l'Union européenne face au retour des impérialismes"



SEUL LE PRONONCÉ FAIT FOI


Madame la Présidente,

Monsieur le ministre,

Mes chers collègues,

Je remercie le groupe RDSE d’avoir proposé ce débat sur les réponses de l’Union européenne face au retour des impérialismes. Cela raisonne de manière particulière au lendemain du quatrième anniversaire de l’agression de l’Ukraine par la Russie.

Imaginez celle ou celui qui a hiberné depuis 30 ans, enfin globalement depuis la fin des années 90, à l’époque, c’était le droit international, c’était une ONU respectée qui jouait encore son rôle, c’étaient les Etats-Unis, leader incontesté du monde démocratique qui se préoccupaient encore de ses alliés, c’était le moment de la sortie du livre faisant référence à l’époque, celui du politologue Francis Fukuyama « la fin de l’histoire » qui décrivait un monde sans guerre.

Et aujourd’hui, cette personne se réveille dans un monde ou la puissance, le rapport de force et la brutalité ont finalement repris le dessus.

On sort d’une période, d’une parenthèse, qui a démarré en 1945 après la seconde guerre mondiale et qui s’est terminée à la fin des années 90, on peut dater plus exactement ce changement à partir du 11 septembre 2001. Depuis, nous constatons le retour des impérialismes, des hommes d’influence, de dirigeants qui ont soif de pouvoir absolu et qui considèrent que la fin justifie les moyens.

L’exemple le plus parlant, c’est la Russie de Poutine mais il y a aussi la Chine de Xi Jinping et puis, plus récemment, les Etats-Unis de Trump, même si son pouvoir s’exprime et devra s’exprimer dans un cadre démocratique. Nous pourrions citer d’autres dirigeants qui sont à la tête de plus petits états. Les uns et les autres partagent un point commun : une forme de mépris pour l’Europe.

Face à ces dirigeants, l’Europe apparaît comme le dernier endroit encore régi par la loi, la rationalité, les compromis et la démocratie. Elle apparaît donc naturellement en décalage avec une partie du monde. Et, nous devons reconnaître que dans l’esprit de beaucoup, ce mot décalage devient synonyme de faiblesse.

L’Europe incarne le droit alors que les impérialistes incarnent le rapport de force. Nous avons l’impression de regarder les autres monter sur un ring de boxe pendant qu’on garde les gants sous le bras.

L’Europe apparaît comme le dernier ilot de représentation de l’ancien monde, comme les derniers Mohicans, ou, peut-être, espérons le, comme les précurseurs d’un modèle européen prospère qui se dupliquera chez nos voisins…

Depuis quelques mois, un doute s’est emparé des dirigeants, des décideurs économiques, des peuples, comme si depuis 30 ans, l’Europe n’avait commis que des erreurs stratégiques : en matière de défense européenne, d’industrie, de numérique et particulièrement des réseaux sociaux, de stratégies économiques et énergétiques… comme une forme d’impuissance de l’Union européenne.

D’ailleurs, on observe une nouvelle classe de dirigeants politiques émerger en Europe qui se font élire sur un discours de défiance envers l’Union européenne. Cela n’empêche pas qu’ils respectent les règles du jeu, qu’ils puissent se mettre autour de la table, et qu’ils trouvent une audience chez les électeurs.

Alors à quoi sert l’Europe ? L’Europe était un formidable moteur de paix, la construction d’un marché commun avec une libre circulation des biens, des personnes, des marchandises et des capitaux, mais aujourd’hui, QUID du projet européen de demain ?

L’Europe a un problème consubstantiel à sa construction, nous sommes une agglomération d’Etats, nous n’avons pas cette culture fédérale…

Le doute porte aussi sur l’efficacité de l’action de l’Europe et des mesures qu’elle porte, et on en revient au sujet des contraintes : Les Etats membres sont contraints par les lois, les normes qui vivent trop bien sur notre continent et bien trop peu chez les autres. Et puis, il y a encore un problème d’organisation qui fait écho à la célèbre boutade de Henry Kissinger, Secrétaire d’État américain dans les années 1970

et que l’on peut encore poser : « l’Europe, quel numéro de téléphone ? »

Depuis la guerre en Ukraine et l’arrivée de Donald Trump, nous devons reconnaître qu’il y a eu une prise de conscience des dirigeants européens :

- nous ne pouvons plus dépendre des Etats-Unis pour notre sécurité

- nous ne pouvons plus dépendre des importations chinoises pour les produits du quotidien

- nous ne pouvons plus dépendre de la Russie pour s’approvisionner en gaz

Le grand projet de demain pour l’Europe, c’est l’indépendance et l’efficacité de l’action publique.

Et l’indépendance passe nécessairement par la puissance militaire et l’addition des atouts de chaque Etat dans un souci de complémentarité et de mutualisation.

L’indépendance passe également par le volet industriel et économique : je parle des médicaments, je parle de la souveraineté alimentaire, je parle des puces électroniques, je parle de la maitrise des algorithmes sur les réseaux sociaux…

L’Europe doit porter une vision stratégique pour anticiper au mieux les approvisionnements en métaux rares, en gaz, en pétrole, et ce ne sont pas des gros mots…

L’Europe doit investir tout ce qu’elle peut dans l’innovation technologique qui précède toujours les dominations et les victoires économiques.

Enfin, l’Europe doit devenir un interlocuteur géopolitique respecté, elle ne doit pas faire comme elle l’a fait, en décembre dernier, plier devant les taxes douanières de Trump, mais se montrer tel qu’elle l’a fait pour défendre l’intégrité territoriale du Danemark et du Groenland.

Je vous remercie.

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