Pierre-Jean Verzelen - QAG - Installation du rassemblement évangélique « vie et lumière » dans l’Aisne
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1er juillet 2026
Question de Pierre-Jean Verzelen :
Monsieur le Président,
Monsieur le ministre,
J'associe à la question mon collègue Antoine Lefèvre.
En 2009 et 2012, nous avons accueilli dans l'Aisne, sur l'ancienne base militaire Laon-Couvron, le rassemblement évangélique des gens du voyage, qui réunit plus de 20 000 personnes, 6 000 caravanes sur à peu près 200 hectares. Chez nous, tout le monde s'en souvient, et pas pour de bonnes raisons.
Et nous avons reçu hier un mail, nous invitant à une réunion en préfecture, les élus locaux, les parlementaires, sur l'organisation d'un nouveau rassemblement cet été sur le même lieu. Sauf que là, ça s'appelle une réquisition.
Puisque les choses ont changé depuis, le site n'appartient plus à l'État, il a été racheté par les collectivités locales, puis cédé à un investisseur privé, un projet économique est en cours, des permis sont en instruction, l'enquête publique doit démarrer après l'été et doit s'y installer la plus grande ferme photovoltaïque des Hauts-de-France.
Si à l'époque ce choix a été fait par les élus locaux, c'est avant tout pour ne plus jamais accueillir ce type de rassemblement. Et l'État nous l’a promis à plusieurs reprises. L'État s'est engagé auprès de nous, et c'est pour ça que j'ai cité mon collègue Antoine. On était dans des réunions sur le thème : collectivités locales, rachetez le site, plus jamais il n'y aura de rassemblement.
Alors Monsieur le ministre, que vaut la parole de l'État ? Quelle est votre conception de la propriété privée ? Êtes-vous certain d'être dans votre droit ? Puisque s'il y a des référés de suspension qui sont déposés, ils le seront, je ne vois pas à quel titre un juge les refuserait.
Je vous remercie.
Réponse du ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez :
Merci beaucoup Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les sénateurs,
Monsieur le Sénateur,
D'abord, peut-être rappeler un peu pour la représentation nationale, l'historique, depuis 1988, vous avez tous les étés le rassemblement Vie et Lumière, qui d'ailleurs maintenant, il y a deux rassemblements, il y en a un au printemps, le premier se déroule sur le terrain dont l'association est propriétaire, Vie et Lumière, à Nevoy, dans le département du Loiret. Et puis, il y a ensuite cette volonté de l'État, avec l'association, de trouver un site pérenne qui soit soit acheté, soit loué par l'association. En attendant, effectivement, chaque été, nous allons sur des solutions provisoires.
Monsieur le Sénateur, il n'y a aucune décision qui est prise. Il y a des concertations qui sont en cours, des discussions. Nous examinons avec le cabinet du Premier ministre un certain nombre d'options pour trouver une solution pour cet été.
Il y a évidemment plusieurs pistes, je vous le redis, et la réunion à laquelle vous êtes conviés n'en est qu'au stade de l'instruction. À ce stade, il ne s'agit nullement d'une réquisition, ça n'est qu'une invitation à une séance de discussion pour que nous puissions, pour que le cabinet du Premier ministre puisse arbitrer en fonction des différentes options.
Je veux quand même redire que chaque fois qu'il y a ces grands rassemblements qui peuvent réunir, vous avez dit, 20 000 personnes, ça peut être aussi 10 000, parfois même 30 000 personnes, qui supposent un terrain d'une certaine capacité, ces rassemblements se passent parfois de manière tout à fait acceptable. Il y a une convention qui est passée entre l'organisateur, les élus locaux, l'État, et donc ils sont en tout cas systématiquement encadrés par les forces de l'ordre et nous mobilisons un gros dispositif de sécurité, sécurité publique, sécurité sanitaire, sécurité civile autour du rassemblement.
Mais je peux vous rassurer, il y a une chose qui est certaine, la décision n'est pas prise et nous continuerons à discuter en grande concertation avec les élus locaux dont vous faites partie bien évidemment monsieur le Sénateur et j'y associe votre collègue qui s'est associé à votre question.
Réplique de Pierre-Jean Verzelen :
Monsieur le ministre, très rapidement,
Installer des gens sur un terrain qui appartient à un propriétaire privé qui a un projet économique, qu'on le veuille ou non, ça s'appelle une réquisition.
Et de par le passif de ce dossier, de ce site, de cette ancienne base militaire, de la parole de l'État qui avait été donnée, au-delà même des nuisances que ce rassemblement créerait, ce serait vraiment vécu localement par les gens comme une trahison.




