QAG - Corinne Bourcier - Rappels des laits infantiles
- Les Indépendants
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4 février 2026
Question d'actualité au Gouvernement
Question de Corinne Bourcier :
Madame la ministre,
Depuis la mi-décembre, 11 nourrissons ont été hospitalisés et 2 sont décédés, notamment un à Angers, après la consommation de lait infantile, ayant fait l'objet de rappels en France et dans plus de 60 pays, en raison d'un risque de contamination par la toxine céréulide.
Après que la France a abaissé, vendredi dernier, le seuil de sécurité, deux marques de lait infantile ont à nouveau procédé à des rappels en début de semaine. À ce stade, le lien de causalité n'est pas formellement établi, mais la gravité des faits appelle une vigilance maximale.
Je souhaite avant tout exprimer tout mon soutien aux familles confrontées à l'impensable.
Il apparaît, au regard des éléments dont nous disposons, que les produits concernés ont en commun l'utilisation d'un ingrédient précis : une huile entrant dans la fabrication du lait contaminé par une bactérie produisant cette toxine extrêmement dangereuse.
Or cet ingrédient n'est produit ni en France, ni même dans l'Union européenne, mais importé de Chine, ce qui peut surprendre les consommateurs. Certes, ces marques respectent la réglementation, car l'ingrédient primaire est effectivement fabriqué en France. Certains parents croyaient cependant acheter un produit 100% français.
Par ailleurs, des délais significatifs ont été constatés dans la circulation et la transmission de l'information, alors même que ces produits sont destinés à des nourrissons.
Cette situation soulève deux enjeux principaux : le contrôle sanitaire et la transparence de l'information.
Dans ce contexte, Madame la ministre, ne serait-il pas nécessaire de réinterroger la réglementation européenne sur l'étiquetage afin de mieux informer les consommateurs sur la provenance des composants des produits destinés aux nourrissons ? Quelles garanties l'État peut-il apporter aujourd'hui aux parents concernant la sécurité des laits infantiles commercialisés en France ? Parce qu'en matière d'alimentation infantile, le doute n'est pas acceptable.
Ces parents ont besoin de réponses.
Je vous remercie.
Intervention du Président du Sénat, Gérard Larcher :
Pour vous répondre, la parole est à madame Genevard, ministre de l'Agroalimentaire.
Réponse d'Annie Genevard, Ministre de l'Agriculture, de l'Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire :
Merci Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Sénateurs, Madame la Sénatrice.
Merci pour cette question.
Je voudrais tout d'abord vous dire que la préoccupation majeure qui est la nôtre, celle de ma collègue, ministre de la Santé, et la mienne, est bien sûr la santé des nourrissons. Et cela doit nous guider impérieusement dans toute cette regrettable affaire.
Alors je voudrais vous rappeler simplement, Madame la Sénatrice, qui fait quoi dans cette affaire.
L'obligation de sécurité incombe déjà aux industries qui doivent procéder en permanence à des autocontrôles. Dès lors qu'un autocontrôle est défavorable, il doit y avoir immédiatement un retrait-rappel des produits incriminés. C'est ce qui a été fait le 10 décembre, dès lors que l'entreprise Nestlé a identifié un produit qui était dangereux.
Le rôle de l'État, c'est de s'assurer que toutes les entreprises font diligence dans les retraits-rappels, dans les contrôles, et de vérifier que les produits sont effectivement retirés de la vente des magasins, des pharmacies, etc.
Je voulais également vous informer que la France, en avance de phase sur l'EFSA, c'est-à-dire l'autorité européenne, a abaissé le seuil de tolérance de cette huile arachidonique qui a donné cette toxine tout à fait dangereuse. Et donc là on a fait jouer à plein le principe de précaution en la matière.
Je rappelle que nous sommes face à une alerte sanitaire internationale. Nous sommes donc en lien continu avec la Commission européenne et les autres États pour s'assurer que toutes les règles sont homogènes et strictement respectées, car il en va en effet de la santé des nourrissons, les plus fragiles d'entre nous.
Je voudrais dire aussi, Madame la Sénatrice, qu'aujourd'hui, et vous avez bien fait, vous avez eu l'honnêteté de le rappeler, il n'y a pas de lien de causalité entre la mort de ces malheureux petits et la consommation de lait infantile et que les 11 enfants qui ont été hospitalisés sont tous aujourd'hui rentrés chez eux auprès de leurs parents et n'attestent pas de désordres particuliers.
Ça c'est le principal.
Je vous remercie.








