QAG - Marie-Pierre Bessin-Guérin - Difficultés rencontrées par l'enseignement en zone rurale
- Les Indépendants
- il y a 19 heures
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7 janvier 2026
Question d'actualité au Gouvernement
Question de Marie-Pierre Bessin-Guérin :
Ma question s'adresse au ministre de l'Éducation nationale, j'y ai associé ma collègue Marie-Claude Lermytte.
La loi Vial de 2024 prévoit que l'État finance les AESH pendant la pause méridienne. Pourtant, de nombreux maires nous alertent sur le non-renouvellement des conventions pour la rentrée 2025.
Les textes s'accumulent sans lisibilité et sans cohérence, et les collectivités doivent supporter des coûts par manque de clarté.
La loi de 2024 affirme que les AESH sont rémunérés par l'État durant le temps scolaire et la pause méridienne. Mais une note de service de 2024 et un décret de 2025 complexifient et entravent l'interprétation et l'application.
Il faut appliquer la loi sans délai, permettre des modalités souples sur le terrain, lever les blocages qui nuisent à la scolarité et au budget, obtenir des instructions claires et des garanties de prise en charge des dépenses, et s'engager pour faire avancer ce dossier. Les élus attendent des réponses claires.
Par ailleurs, beaucoup de Français estiment que les territoires ruraux sont délaissés. Les inégalités scolaires y sont marquées, trois fois moins de chances d'obtenir les dispositifs de l'éducation prioritaire, neuf des dix départements les plus faibles en lecture seraient ruraux, et l'orientation et l'accès à l'enseignement long restent plus difficiles pour les jeunes issus du monde rural, souvent par manque d'ambition de la part des enfants et de leur entourage.
Dans ce deuxième contexte, je vous pose trois questions.
Reconnaissez-vous que les critères actuels de l'éducation prioritaire excluent structurellement les élèves ruraux en difficulté ? Envisagez-vous de revoir d'urgence ces critères pour les baser sur les besoins réels et les performances scolaires et non sur des zonages obsolètes ? Quelles mesures concrètes comptez-vous prendre pour briser ce plafond de verre et permettre à chaque enfant, où qu'il habite, d'envisager un parcours équitable et un avenir en cohérence avec le monde, en perpétuelle transformation ?
Je vous remercie.
Intervention du Président du Sénat, Gérard Larcher :
Pour vous répondre, la parole est au ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray.
Réponse du ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray :
Merci Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Sénateurs,
Madame la Sénatrice Bessin-Guérin.
Alors trois questions dans votre question, donc trois réponses successives mais du coup assez brèves.
Premièrement sur la loi dite la loi Vial dont je salue encore l'auteur sur les AESH sur la pause méridienne. Nous ne sommes objectivement, techniquement, pas encore à la maille. Vous avez raison.
J'ai donné des instructions personnellement au recteur avant les vacances de Noël et je vais les redonner la semaine prochaine pour que les conventions soient renouvelées. Au-delà de ça vous savez qu'il y a des problèmes de vivier. On a du mal à trouver les AESH correspondants et de prise en charge, mais très clairement on est en train d'oeuvrer et j'oeuvre personnellement dans ce sens.
Deux éléments sur la ruralité, dont vous dites que certains la considéraient comme délaissée par l'éducation nationale. Pour le coup c'est quelque chose par rapport auquel je m'inscris en faux.
30% des écoles de France sont en ruralité pour 18% des élèves. Vous avez en moyenne 19,5 élèves par classe dans le rural éloigné pour 21 élèves en moyenne et 23 dans les zones urbaines hors éducation prioritaire. Donc l'effort, il existe.
La réalité, c'est que l'école au rural marche plutôt bien en termes de résultats. Elle a des bons résultats au sens scolaire du terme. Mais en revanche, on a un enjeu sur l'orientation.
C'est-à-dire que nos jeunes ruraux n'ont pas le même empan d'ambition. "Ambition", étymologiquement, ça veut dire regarder autour. Ils ne regardent pas suffisamment autour, ils ne sont pas mis en situation d'avoir une ambition suffisamment développée par rapport à leurs camarades urbains.
Et donc, il y a très clairement un travail à faire et un plan d'orientation a été spécifique sur l'orientation des gens dans le milieu rural, y compris en termes d'accès aux stages en troisième et en seconde, pour diversifier leurs ambitions et on est en train d'y travailler en ce moment.
Troisième élément, et pardon d'être aussi rapide, sur l'éducation prioritaire, effectivement il faut savoir ce qu'elle traite. L'éducation prioritaire traite la concentration, la grande pauvreté.
Autrement dit, quand vous avez 60% d'élèves qui sont en situation de pauvreté dans un établissement, vous basculez grosso modo à l'éducation prioritaire. 75% des élèves pauvres ne sont pas en éducation prioritaire.
Donc ça fait qu'effectivement aujourd'hui, on n'est pas suffisamment présents dans le monde rural, on est en train de réviser les critères, mais la carte, elle, ne pourra pas être révisée avant les présidentielles, pour des raisons que j'ai déjà indiquées.
Merci.








