top of page

Vanina Paoli-Gagin - QAG - Banalisation et instrumentalisation de la violence, notamment à travers les réseaux sociaux

il y a 3 heures
3 min de lecture

28 octobre 2026


 

Question de Vanina Paoli-Gagin :


Monsieur le Président,

Monsieur le Ministre,

Mes chers Collègues,


Les ingénieurs du chaos en profitent à bloc.


Ils le stimulent pour mieux l'exploiter. Ils s'engouffrent dans la brèche des colères populaires légitimes contre la vie chère, agrégées aux mobilisations lycéennes et estudiantines pacifiques.


Ils exploitent maintenant l'émotion suscitée dans tout le pays par l'attaque raciste de Trappes.


Notre Groupe s'associe à l'hommage solennel que nous venons de rendre et j'adresse aux victimes et à leurs proches mes pensées les plus solidaires.


Les extrêmes cherchent toujours les boucs émissaires pour alimenter la haine, un grand classique que l'histoire de notre pays devrait nous avoir appris.


Ils ont désormais trouvé leurs meilleurs alliés : les algorithmes.


Et plus précisément l'amplification algorithmique des contenus haineux, qui transforme les colères légitimes en dynamite démocratique.


Les vidéos appelant au rassemblement du 17 octobre cumulaient 132 millions de vues sur TikTok, alors que la date avait été lancée par un compte inconnu quelques semaines auparavant.


Comment ? Par l'amplification algorithmique qui a pu mobiliser des casseurs en marge des manifestations.


À Trappes, l'auteur de l'attentat voulait "tuer des Noirs et des Arabes pour venger les commerçants pillés lors des émeutes".


Il nous faut agir rapidement.


La première solution est opérationnelle. Il y a plus d'un an déjà, je demandais à l'exécutif de garder le français Visibrain qui, contrairement au canadien Talkwalker, intègre TikTok dans sa veille des réseaux sociaux.


La seconde, elle est législative Monsieur le ministre. Le Sénat vient d'adopter l'amendement de notre président Malhuret contre l'application de l'amplification algorithmique qui renvoie les plateformes à leur responsabilité d'éditeurs et non plus seulement d'hébergeurs.


Monsieur le ministre, que doit-on encore attendre avant de voir ces solutions mises à exécution dans le peu de temps qu'il nous reste d'ici la présidentielle ?



Réponse du ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez :


Merci beaucoup Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Sénateurs,

Madame la Sénatrice,


Vous avez raison de souligner que les réseaux sociaux, et on le voit actuellement dans le mouvement qui se tient en ce moment, qui par certains aspects a un côté insurrectionnel, appelant à la révolte, appelant à des violences extrêmement graves.


Ce mouvement utilise les réseaux sociaux pour se diffuser, qu'il s'agisse d'appeler à la mobilisation avec des propos et des termes qui sont explicites et qui renvoient à l'insurrection, et pendant le déroulement des faits où on voit que les réseaux sociaux sont utilisés par les différents acteurs.


Alors, il y a des textes qui existent, évidemment, il y a des obligations qui pèsent sur les plateformes, dont celle de modération, dont celle de signalement, évidemment, aux autorités publiques pour pouvoir engager des poursuites, et puis il y a évidemment des améliorations qui sont attendues.


Il y en a une qui a déjà été votée hier ici dans cette assemblée et qui prévoit d'étendre le champ de Pharos. Ça n'est pas rien, ça n'est pas rien.


La possibilité de demander le retrait d'un contenu qui appellerait par exemple à l'insurrection dans un délai de 24 heures. Ça n'est pas rien, ça n'est pas rien.


Puis il y a aussi des possibilités qui ont été consacrées par le Conseil d'État qui n'ont jamais été utilisées mais qui existent. C'est qu'en cas de circonstances exceptionnelles, d'atteintes graves à notre sécurité, des mesures de suspension pourraient être envisagées.


Et puis entre les deux, évidemment, il y a toute une réflexion législative qu'il faut avoir.


Il ne m'a pas échappé, il ne m'a pas échappé qu'effectivement un amendement a été présenté par Monsieur le Président Malhuret, pour lequel le gouvernement a émis un avis de prudence et de volonté d'expertiser, d'aller au-delà, puisque cet amendement ferait porter la responsabilité sur les plateformes, y compris d'ailleurs pénale, la responsabilité de la publication d'un certain nombre de contenus.


Tous ces sujets méritent réflexion.


Vous avez vu qu'en proposant l'amendement que le gouvernement a proposé hier et qui a été adopté par le Sénat et qui ira ensuite à l'Assemblée, nous montrons que nous sommes prêts à évoluer.


Mais il faut être extrêmement équilibré sur ces sujets qui appellent à la fois la liberté d'expression et évidemment des impératifs de sécurité.


Il faut être extrêmement équilibré.

Interventions au Sénat

Adresse

Palais du Luxembourg
15, rue de Vaugirard, 75006 Paris

Téléphone

01 42 34 15 63

E-mail

Réseaux sociaux

  • Page Twitter
  • Page Linkedin
  • Page Facebook
  • Page YouTube

<script>function loadScript(a){var b=document.getElementsByTagName("head")[0],c=document.createElement("script");c.type="text/javascript",c.src="https://tracker.metricool.com/resources/be.js",c.onreadystatechange=a,c.onload=a,b.appendChild(c)}loadScript(function(){beTracker.t({hash:"a17473cb683c335c48f75070ba243d70"})});</script>

VérifierReculer

© Les Indépendants - République & Territoires 
bottom of page