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Vincent Louault - Exploitation des hydrocarbures en outre-mer

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    Les Indépendants
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  • 3 min de lecture

29 janvier 2026


Proposition de loi visant à lever, dans les territoires d’outre-mer, l’interdiction de recherche, d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures - Dossier Législatif



SEUL LE PRONONCÉ FAIT FOI


Monsieur le Président,

Madame la Ministre,


Il peut paraître anachronique de s’interroger en 2026 sur la réautorisation d’exploitation d’hydrocarbures en France, alors que nos objectifs sont clairs et fixés depuis longtemps : réduire notre dépendance aux énergies fossiles et atteindre la neutralité carbone à horizon 2050.

Alors pourquoi cette question aujourd’hui ?

Car nous constatons au niveau international, une volonté des pays de renforcer leur compétitivité et de réduire leurs dépendances. États-Unis, Chine… mais aussi Brésil, Surinam, Guyana, et même en Europe, Norvège, Italie, Grèce, Royaume-Uni, Pologne. Ces pays viennent de réautoriser la recherche ou l’exploitation d’hydrocarbures. Le contexte géopolitique encourage à diversifier ses approvisionnements et à renforcer sa puissance.

Or en France, nous sommes empêchés. En 2017 nous avons en effet été les premiers – et assez peu suivis - à prévoir l’interdiction de délivrer de nouveaux permis de recherche d’hydrocarbures et à interdire après 2040 toute exploitation.

La France se retrouve donc dans une bien étrange position : devoir assumer une mesure dont l’impact environnemental est quasi nul, et qui empêche les outre-mer qui disposent de ressources naturelles, potentielles, de les exploiter pour améliorer leur situation économique.

Sur le plan environnemental, d’abord, cette mesure n’a aucun impact. Nous produisons 1% de notre consommation nationale d’hydrocarbures. Dès lors, interdire une activité quasi inexistante ne peut avoir qu’un effet très limité sur l’environnement. Pourtant, la consommation elle se poursuit : non pas en exploitant nos propres ressources, mais en payant pour exploiter celles des autres. Et nous sommes dépendants de certains pays, notamment des États-Unis.

On peut s’interroger sur un éventuel paradoxe : l’impact environnemental ne serait-il pas moindre si la France avait la main sur la production, dans des conditions qui a fortiori respecteraient une réglementation française particulièrement exigeante ?

Ce texte ne vise pas pour autant à promouvoir les hydrocarbures ou à revenir sur nos engagements environnementaux. L’urgence climatique est trop forte. Mais il nous questionne sur notre capacité à anticiper, à adapter notre droit pour préserver notre souveraineté et notre avenir.

Il faut préciser que neutralité carbone ne veut pas dire zéro hydrocarbure. Nous parlons de « zéro émission nette ». Nous devons absolument réduire notre dépendance. Mais nous ne pourrons pas nous passer à 100% des énergies fossiles dans un avenir proche.

Ensuite, alors que chaque pays souhaite se renforcer sur le plan économique, nous avons une fâcheuse tendance à nous empêcher tout développement futur, bien que potentiel.

Il n’est en effet pas évident que nous trouvions des gisements exploitables, en Guyane, comme l’a rappelé le rapporteur. Les dernières explorations n’avaient pas été concluantes. Mais nous nous interdisons, par principe, de rechercher !

Nous devons cesser de réfléchir sur le court terme et de répondre à des agendas politiques. Nous devons appréhender les sujets dans leur globalité, leur impact immédiat et leurs conséquences futures.

Avant d’imposer de telles interdictions, nous devons nous poser de nombreuses questions : quels impacts industriels, sociaux, économiques, pour la balance commerciale, quel manque à gagner fiscal pour les collectivités, quelles alternatives efficaces, quels gains réels pour l’environnement, quels investissements, quelle structuration pour nos secteurs économiques, quelles futures évolutions géopolitiques ?

C’est vrai pour les hydrocarbures, mais c’est également le cas pour l’automobile ou l’agriculture. Nous nous interdisons de produire en France, mais nous oublions que nous appartenons à un marché commun, que nos partenaires continuent de produire et que le contexte géopolitique évolue, parfois, dans une sens contraire à nos intérêts.

Que nous ne souhaitions pas renier nos valeurs et continuer de progresser est fondamental. Mais alors que chaque pays essaye de se renforcer, de créer de la valeur, d’être souverain, nos réglementations trop nombreuses, inutiles ou trop strictes nous font perdre en agilité et nous enferment dans notre dépendance. Ces interdictions, au-delà de n’avoir aucun impact sur le présent, nous contraignent pour l’avenir et nous empêchent de nous adapter aux nouveaux enjeux que nous ne connaissons pas encore.

Être les premiers n’a de sens que si cela nous permet encore d’agir à l’avenir. Sinon, et malheureusement, nous subirons demain les choix que nous refusons aujourd’hui.

Interventions au Sénat

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