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Vincent Louault - Protection et souveraineté agricoles

  • il y a 8 heures
  • 4 min de lecture

29 juin 2026


Projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles - Dossier législatif




Monsieur le Président,

Mesdames les ministres, celles qui restent.

Madame la Présidente de la Commission des affaires économiques,

Messieurs les rapporteurs,


Nous sommes le 29 juin. Les moissons ont commencé partout. Parfois presque finies avec 15 jours d'avance. Les maïs fleurissent déjà avec eux aussi 15 jours d'avance. Les canicules récentes vont nous faire perdre à peu près 20% de notre récolte avec des prix moroses anormalement bas de l'ordre de 30%. En même temps, nos charges ont explosé de 100%. Alors sachez bien, comprenez bien tous que nous les agriculteurs, nous sommes les premiers à avoir compris et à avoir à subir le changement climatique et que nous sommes habitués depuis la nuit des temps, à nous adapter en permanence, pour assurer une production suffisante, pour nourrir nos populations, tout en devant répondre aux normes qui nous étouffent.


La crise agricole, on en parle depuis bien longtemps. En trois ans, nous avons déjà examiné six textes agricoles, tous d'urgence, bien entendu. Alors aujourd'hui, j'ai peur, une fois de plus, de l'arrivée d'un énième rendez-vous manqué. Les agriculteurs ne croient plus en nous, les politiques. Ils sont en colère et totalement désespérés. Certains veulent arrêter. Nous les avons abandonnés avec la PAC, le MACF, les accords et les normes. Mais quand nous n'aurons plus d'agriculteurs, plus de production et qu'une guerre, même économique, nous coupera les vivres, comment allons-nous faire pour nourrir les Français ? Je ne peux me résoudre à de telles perspectives.


Aussi, même confrontés au manque de courage du gouvernement qui n'assume pas, nous continuerons, ici au Sénat, à défendre inlassablement une vision, une stratégie pour notre agriculture. Même sous la pression des décroissants de votre Ministère, Madame Barbut, nous continuerons. Vous auriez pu accepter que l'Europe soit le continent le plus écologique, mais sans aucune surtransposition en France. Vous auriez pu garantir de la production et du revenu pour nos zones intermédiaires, avec une meilleure gestion et un meilleur accès à l'eau. Vous auriez pu avoir le courage d'assumer la vérité contre les polémiques pseudo-scientifiques. Vous auriez pu avoir de l'ambition pour notre agriculture. Vous auriez dû être notre boussole, Madame Barbut.


Mais vous avez fait le choix du dogme, vous avez fait le choix de la démagogie, vous avez fait le choix de la décroissance. Votre Ministère depuis bien trop longtemps a instrumentalisé des peurs irrationnelles et infondées. Votre Ministère depuis bien trop longtemps a dévoyé l'esprit du principe de précaution du législateur. Votre Ministère, Madame Barbut, a bien compris que par les normes, en commençant par l'agriculture, mais aussi sur l'ensemble des secteurs économiques, de l'industrie en passant par le logement, (les normes) portent atteinte à la France et aux Français. Vous refusez aujourd'hui la climatisation comme vous nous refusez l'accès à l'eau. Vous oubliez si facilement la pollution de nos cours d'eau par les stations d'épuration hors d'âge et surtout par des médicaments que nous consommons.


Alors aujourd'hui, nous n'allons pas parler de ce que vous auriez dû faire. Nous allons vous donner les solutions. Aujourd'hui, je m'adresse solennellement à vous, mes chers Collègues sénateurs, mais aussi à mes collègues députés qui ont pu participer à l'élaboration de ce texte. Il est temps de sortir des surtranspositions, même si cela fait beaucoup polémique. Il est temps de garantir un accès à l'eau avec réalisme, avec des modes de gestion pragmatiques et non pas idéologiques, voire dogmatiques, vous l'avez dit, et je vous en remercie Madame la ministre. Il est temps de sortir de la sanctuarisation de 25, 30, 40% du territoire français, de la sanctuarisation via les zones humides, via les zones de captage, ou encore demain avec les zones Natura 2000. Il est grand temps enfin d'être efficace dans nos politiques et dans notre politique. Il est grand temps de redonner un avenir et des moyens de production à notre agriculture.


L'agriculture est le plus vieux métier du monde et c'est un métier dont nous ne pouvons pas nous passer, qui ne sera jamais effacé par l'IA et qu'il faut impérativement sauver pour notre sécurité, pour notre indépendance, pour notre souveraineté. Nous l'avons tellement dit, nous l'avons déjà dit, tellement démontré ici au Sénat, nous continuerons inexorablement à laisser mourir notre agriculture. Et comme des idiots, à importer de plus en plus l'ensemble de notre alimentation.


Ce texte est un moment de vérité. Les pressions sont fortes, on le sent. Tous les moyens sont utilisés pour discréditer la parole des agriculteurs parlementaires et nous faire passer pour des gentils méchants et des vrais méchants. Le gouvernement commence déjà à négocier son budget et passe des accords pour nous empêcher cette ambition nécessaire. L'agriculture sert de monnaie d'échange dans des débats politiciens.


Alors je le répète solennellement, réveillons-nous avant qu'il ne soit trop tard. Arrêtons d'avoir peur. Et votons enfin la rectification d'une trajectoire devenue folle. Pour le groupe Les Indépendants, nous serons au rendez-vous avec vous Madame la ministre et en soutien bien sûr de nos rapporteurs du Sénat.


Je vous remercie.

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