Jean-Pierre DECOOL : Question sur la situation des pĂȘcheurs Ă la suite du Brexit
- Les Indépendants
- 29 janv. 2020
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DerniĂšre mise Ă jour : 11 avr. 2022
29 janvier 2020
Question d'actualité au Gouvernement
Monsieur le Président,
Madame la Ministre,
Mes chers CollĂšgues,
30 % de la pĂȘche française, 50 % des captures bretonnes et 3 poissons sur 4 levĂ©s par les pĂȘcheries des Hauts-de-France proviennent des eaux britanniques.
Ces chiffres sont connus et inquiĂštent, Madame la Ministre, Ă deux jours du Brexit.
La rencontre de la semaine derniĂšre entre le PrĂ©sident de la RĂ©gion Bretagne et le Commissaire en charge de ces sujets, en est une preuve, tout comme les alertes des pĂȘcheurs de toute la façade maritime de Dunkerque Ă Brest.
La pĂȘche reprĂ©sente moins de 0,1 % du PIB du Royaume-Uni. Pourtant, le contrĂŽle des eaux de pĂȘche et leurs ouvertures furent lâun des points de crispation des discussions outre-manche avant le rĂ©fĂ©rendum.
Le poids politique est donc sans commune mesure. Boris Johnson lâa bien compris et la pĂȘche sera un axe phare des nĂ©gociations houleuses du Brexit.
Les interrogations sont nombreuses, dans le Nord comme ailleurs. Elles portent sur lâaccĂšs aux eaux britanniques aprĂšs dĂ©cembre 2020 bien sĂ»r !
Mais elles se posent aussi sur la concurrence induite par la possible rĂ©orientation des flux de pĂȘcheurs europĂ©ens vers notre espace maritime.
Les Ătats-membres vont, prochainement, donner mandat Ă la Commission EuropĂ©enne pour nĂ©gocier la relation future avec le Royaume-Uni. Pouvez-vous, Madame la Ministre nous assurer que la filiĂšre pĂȘche ne se retrouvera pas emprisonnĂ©e dans un statut de variable dâajustement face Ă un accord Ă©conomique plus complet ?
Pouvez-vous Ă©galement nous Ă©clairer sur les mesures relatives au secteur pĂȘche que la France et lâUnion europĂ©enne ont prĂ©vues pour faire face Ă une Ă©ventuelle absence dâaccord, finalement, toujours dâactualitĂ© ?
Amélie DE MONCHALIN - Secrétaire d'Etat chargée des affaires européennes
Les Britanniques quitteront l'Union europĂ©enne dans deux jours. Les pĂȘcheurs auront accĂšs aux eaux britanniques jusqu'au 31 dĂ©cembre 2020. Nous devons prĂ©parer l'avenir pour garantir Ă toute la filiĂšre, de Dunkerque Ă Brest, la possibilitĂ© de continuer son activitĂ©. Nous y veillons avec Jean-Yves Le Drian et Didier Guillaume. (« Il est oĂč ? » Ă droite ; on fait chorus sur plusieurs travĂ©es du groupe SOCR) Nous ne tolĂ©rerons pas de dĂ©cision unilatĂ©rale sur la pĂȘche. C'est un enjeu central, une ligne rouge absolue.
Nous devons prĂ©server l'accĂšs aux eaux britanniques pour nos pĂȘcheurs, nous assurer d'une clĂ© de rĂ©partition des quotas, pour protĂ©ger la ressource, obtenir des modalitĂ©s pluriannuelles de gestion des stocks et des conditions de concurrence Ă©quitables, ce qui vaut aussi pour l'agriculture ; il faut que les produits importĂ©s respectent nos normes. L'ouverture commerciale dĂ©pendra de cette convergence des normes.
Nous avons onze mois, mais nous ne signerons pas un mauvais accord sous la pression du calendrier. Nous voulons Ă©quilibre et loyautĂ©. Faisons en sorte que l'unitĂ© des Vingt-sept soit absolue. Je serai la semaine prochaine Ă Port-en-Bessin avec Sibeth Ndiaye pour en dĂ©battre avec les pĂȘcheurs car c'est avec eux que nous devons construire notre stratĂ©gie. (Applaudissements sur les travĂ©es du groupe Les IndĂ©pendants)