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Claude MALHURET : QAG - Guerre en Ukraine et soutien de la France

24 janvier 2023


Question d'actualité au Gouvernement


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Madame la PremiĂšre ministre,


Chaque jour en Ukraine des femmes et des enfants meurent dans les dĂ©combres de leurs immeubles pulvĂ©risĂ©s. Chaque jour des soldats tombent parce que manquent les armes pour rĂ©sister Ă  Wagner et Ă  ses vagues d’assaut de traĂźne-misĂšre envoyĂ©s au massacre.


A Ramstein il y a quelques jours les europĂ©ens Ă©chouaient Ă  s’accorder sur la livraison de chars lourds. Immense dĂ©ception qui a cĂ©dĂ© la place aujourd’hui mĂȘme Ă  un immense soulagement : l’accord des allemands, pressĂ©s par l’Europe de l’est et du nord, pour livrer les LĂ©opards 2.


La France est dĂ©sormais devant ses responsabilitĂ©s. AprĂšs l’Angleterre, la Pologne, les pays baltes et maintenant l’Allemagne, va-t-elle fournir les armements capables de changer l’issue de la guerre : les chars et une dĂ©fense sol-air efficace ?


Le PrĂ©sident de la RĂ©publique expliquait que ces armements ne doivent pas ĂȘtre escalatoires. La dĂ©cision allemande dissipe cet argument peu pertinent.


On ne peut dire aux ukrainiens qu’on les soutiendra jusqu’à la victoire finale et en mĂȘme temps qu’on ne veut pas d’escalade, parce que par dĂ©finition la victoire nĂ©cessite une escalade. Depuis un an nous laissons Ă  Poutine le monopole de l’escalade. C’est lui qui fixe les lignes rouges et nous qui craignons de les franchir, alors qu’à chaque franchissement ses menaces ne sont suivies d’aucun effet parce que la Russie est dĂ©jĂ  au maximum de ses possibilitĂ©s. Quant au chantage Ă  l’arme atomique, il est balayĂ© depuis qu’à Samarcande, Xi et Modi ont interdit Ă  un Poutine pĂ©trifiĂ© de s’en servir. Il ne peut plus ĂȘtre l’excuse de nos indĂ©cisions.

Au bout d’un an de guerre nous savons que si le coĂ»t du soutien Ă  l’Ukraine est Ă©levĂ©, le coĂ»t de ne pas chasser la Russie le serait bien plus. Le but de Poutine n’est pas la seule destruction de l’Ukraine, mais la fin de l’ordre europĂ©en dĂ©mocratique. Il ne s’agit plus d’aider l’Ukraine Ă  se dĂ©fendre, mais Ă  gagner.


Madame la PremiĂšre ministre, au-delĂ  des efforts dĂ©jĂ  accomplis, le gouvernement français compte-t-il se joindre Ă  nos alliĂ©s et livrer l’armement lourd indispensable ? Et quand compte-t-il le faire ? Chaque jour de retard est un jour de deuil en Ukraine.


RĂ©ponse de Mme Elisabeth BORNE - PremiĂšre ministre


Merci Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les SĂ©nateurs,

Monsieur le Président Claude MALHURET,


Cela fait dĂ©sormais onze mois que la Russie a lancĂ© une offensive injustifiable, inacceptable et brutale sur le territoire ukrainien. Onze mois de bombardements, de morts et de drames insupportables pour le peuple ukrainien. Onze mois que l’Ukraine rĂ©siste de maniĂšre hĂ©roĂŻque. Onze mois que la France lui apporte un soutien sans faille.

Et comme l’a rĂ©pĂ©tĂ© le PrĂ©sident de la RĂ©publique il y a quelques jours, nous serons au rendez-vous pour aider l’Ukraine jusqu’à la victoire.


Depuis bientĂŽt un an, l’Ukraine peut compter sur l’aide militaire internationale. Aux cĂŽtĂ©s de nos partenaires, la France en prend une part importante. Nous en sommes un des principaux contributeurs par la livraison d’équipements, de munition et la formation de centaines de soldats ukrainiens. Les matĂ©riels que nous livrons font la diffĂ©rence sur le terrain ; les Ukrainiens le soulignent eux-mĂȘmes rĂ©guliĂšrement. Je pense aux canons caesar, aux systĂšmes de lance-roquettes unitaires, au systĂšme de dĂ©fense anti-aĂ©rienne Crotale livrĂ© en fin d’annĂ©e.


Nous entendons les demandes du PrĂ©sident et du Gouvernement Ukrainien. Rien n’est exclu et nous sommes mobilisĂ©s pour les soutenir dans la durĂ©e. Nous voulons une action coordonnĂ©e avec nos partenaires internationaux et qui rĂ©ponde au mieux aux besoins de l’Ukraine pour assurer sa dĂ©fense.


Pour notre aide militaire, nous voulons respecter trois principes :

- Le premier, comme l’a indiquĂ© le PrĂ©sident de la RĂ©publique, c’est que notre aide ne doit pas provoquer d’escalade ; personne n’y aurait Ă  gagner et surtout pas l’Ukraine ;

- Le second c’est que notre aide doit ĂȘtre utile et efficace rapidement. Cela implique notamment que les forces ukrainiennes soient en mesure d’ĂȘtre formĂ©es pour utiliser les Ă©quipements et qu’elles puissent en assurer le maintien en condition opĂ©rationnelle ;

- Enfin, nous ne devons pas et nous ne voulons pas affaiblir significativement nos propres capacités de défense, en particulier les plus critiques.


Je salue la dĂ©cision de l’Allemagne au sujet des chars lourds. Elle permettra de renforcer les capacitĂ©s ukrainiennes en matiĂšre de combat blindĂ©. Nous avons Ă©tĂ© particuliĂšrement rĂ©actifs aux demandes de l’Ukraine en la matiĂšre. DĂ©but Janvier, le PrĂ©sident de la RĂ©publique avait initiĂ© une dynamique en annonçant la livraison de chars lĂ©gers AMX-10 RC. La dĂ©cision allemande renforce et amplifie le soutien engagĂ©.


S’agissant des chars Leclerc, nous poursuivons l’analyse avec le Ministre des ArmĂ©es. La question de l’aide Ă  l’Ukraine ne se limite pas Ă  tel ou tel Ă©quipement. Chaque pays dispose de domaines d’excellence comme la dĂ©fense aĂ©rienne et l’artillerie pour la France. Il est important de bien nous coordonner.


Enfin, j’ajoute que nous avons crĂ©Ă© un fonds spĂ©cial de soutien de 200 millions d’euros pour permettre Ă  l’Ukraine d’acheter le matĂ©riel dont elle a le plus besoin, directement auprĂšs de nos industriels.


Nous sommes également actifs au niveau européen, en prenant toute notre part à la Facilité Européenne pour la Paix (FEP).


Monsieur le PrĂ©sident MALHURET, vous le savez, j’avais eu l’occasion de le rappeler lors du dĂ©bat qui s’était tenu le 26 Octobre ici mĂȘme ; notre soutien Ă  l’Ukraine dĂ©passe le seul cadre militaire. C’est aussi un soutien humanitaire, diplomatique, un soutien grĂące aux sanctions sans prĂ©cĂ©dent de l’Union europĂ©enne contre la Russie et un soutien bien sĂ»r Ă  la reconstruction du pays.


Nous agissons en lien constant avec nos partenaires europĂ©ens et nos alliĂ©s, nous agissons avec dĂ©termination et constance. Nous serons aux cĂŽtĂ©s de l’Ukraine jusqu’au bout, je peux vous l’assurer.


Je vous remercie.


📌 Dans la presse


Public SĂ©nat

Le PrĂ©sident Claude Malhuret a ensuite Ă©tĂ© interrogĂ© au micro d'Alexandre Poussard dans l'Ă©mission "Questions d'actualitĂ© au Gouvernement". Revoir l'interview en cliquant ici âŹ‡ïž


LCI

Le PrĂ©sident Claude Malhuret est intervenu dans l'Ă©mission "Brunet et Compagnie" sur LCI le mercredi 25 janvier, prĂ©sentĂ©e par Eric Brunet et Julie Hammett, aux cĂŽtĂ©s de plusieurs Ă©ditorialistes, pour le dĂ©cryptage de la situation en Ukraine. Revoir l'Ă©mission en cliquant ici âŹ‡ïž


RTL

Le PrĂ©sident Claude Malhuret Ă©tait l'invitĂ© d'Amandine BĂ©got le jeudi 26 janvier Ă  7h40 oĂč il a rappelĂ© la nĂ©cessitĂ© pour la France de soutenir l'Ukraine jusqu'Ă  la victoire dans cette guerre de Poutine. Revoir l'Ă©mission en cliquant ici âŹ‡ïž


Europe 1

Le PrĂ©sident Claude Malhuret Ă©tait l'invitĂ© de RaphaĂ«l DelvolvĂ© dans Europe Soir le jeudi 26 janvier Ă  19h20. Revoir l'Ă©mission en cliquant ici âŹ‡ïž



BFM TV

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La Montagne

Lire l'article en cliquant ici âŹ‡ïž


Interventions au Sénat

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